Outre le travail des grands maîtres comme Fellini, Pasolini et Leone, le cinéma italien des années 70 et 80 semble s'être spécialisé dans le pastiche peu coûteux des films américains et britanniques. Science-fiction, fantastique, horreur et action, tous les Alien, Mad Max, French Connection et autres classiques de ces deux décennies furent copiés sans vergogne par des cinéastes et producteurs aux talents variables.
Pour le film "The Last Hunter" du réalisateur Antonio Margheriti (qui nous avait donné quelques années auparavant Cannibal Apocalypse) on s'est inspiré grandement de The Deer Hunter de Michael Cimino et d'Apocalypse Nowde Francis Ford Coppola. Le capitaine avec la mission top secrète en territoire Viêt-Cong, les cages dans la rivière avec les rats, la Vietnamienne avec la bombe dissimulée dans les langes de son bébé, le sergent fou qui vénère la guerre et le napalm, l'avant-poste chaotique où tout le monde est "sous influence" et n'a aucune idée de ce qui se passe, etc. Bref, un amalgame à petit budget des meilleurs moments des deux films hollywoodiens à gros budget qui venaient de sortir quelque temps auparavant. Comble de l'absence de gêne totale de la part du producteur, le film devait même s'appeler "Deer Hunter 2", et ce, bien qu'il n'y ait aucun lien avec l'original, mais le studio américain s'y opposa de sorte que le film sortit sous le nom de "Last Hunter".
L'histoire est assez directe. Un capitaine désabusé en permission à Saigon reçoit comme mission la destruction d'un émetteur radio Viêt-Cong transmettant en anglais aux G.I., de la propagande anti-américaine démoralisante. Aidé d'un petit groupe de soldats prêts à tout, et accompagné d'une jolie photoreporter, il se lance donc à corps perdu dans sa mission, sans toutefois perdre son sang froid une seule fois! Après maintes péripéties et d'innombrables scènes d'explosion, de torture et de mitraillage, il atteindra son but, mais là une petite surprise l'y attend!
En ce qui concerne l'image, comme le but du tournage était de faire une copie peu coûteuse des gros films américains, on a commencé par économiser sur l'éclairage. Donc, une lumière de base sans grands frous-frous ni originalité qui nous donne une image efficace, mais laide. Des séquences de nuit soit trop sombres soit éclairées comme en plein jour, des intérieurs sans contraste, des extérieurs sans nuances, bref un travail de direction photo bâclée. Par contre, pour les effets spéciaux on a mis le paquet ... de dynamite! Rien de bien subtil, mais des pétards en masse. Même les sampans explosent comme des camions-citernes! Sinon, la copie utilisée pour le transfert DVD est assez belle. Peu de poussières, de déchirures, ou de bris. Une bonne bande maîtresse. Pour l'audio, le film étant refait en post-production, les voix semblent artificielles. Et de toute façon comme les comédiens étaient à peu près tous italiens, on ne saura jamais comment sonnaient leurs voix originales! Les figurants jouant les rôles de Viêt-Congs parlent même philippin et non vietnamien! Ils n'ont d'ailleurs pas l'air de Vietnamiens, ce qui est normal puisque le film fut tourné aux Philippines dans les mêmes lieux qu'Apocalypse Now! L'audio général est tout de même de qualité correcte, avec toutefois un petit manque d'aigus dans le mixage final.
Pour les suppléments, une courte, mais fascinante entrevue avec Eduardo Margheriti, le fils du réalisateur. L'interviewé agissait même comme réalisateur de deuxième équipe et figurant occasionnel dans les films de son père. Il est intéressant d'entendre ses histoires de tournage et ses explications quant à la mode du plagiat de l'époque.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |