Il est très certainement l'un des personnages historiques les plus souvent cités de l'Histoire de France: Napoléon Bonaparte. Jusqu'à maintenant, de nombreuses œuvres de fiction avaient raconté la vie de cet homme que rien n'arrêtait. Mais une seule revenait toujours sur le dessus de la liste: Napoléon Bonaparte du réalisateur français Abel Gance, en 1934. D'un avis quasi unanime, c'était la meilleure production pour cette histoire. Mais près de 70 ans plus tard, et près de 50 millions de dollars américains de plus, les avis changent. Le réalisateur québécois Yves Simoneau, aidé par une production réunissant de nombreux pays, dont la France et le Canada, nous propose l'une des plus intéressantes mises en scène de la vie "publique" de Napoléon Bonaparte. C'est cette fresque historique de six heures que Remstar et Alliance Atlantis nous proposent dans ce coffret de quatre disques.
L'œuvre présentée ici débute par la fin. Nous sommes sur l'île Sainte-Hélène, quelque part dans l'Atlantique Sud. Napoléon Bonaparte (Christian Clavier) y est tenu en exil par les Anglais. Nous sommes en 1818. La première impression que nous avons de cet homme est son refus de se laisser soumettre, même par son geôlier. Il fait ce qu'il a envie de faire et ce n'est pas autrui qui lui dictera sa conduite. Alors qu'une jeune fille lui rend visite, il commence un récit et nous partons avec lui dans le passé pour découvrir la partie de sa vie où il est devenu enfin quelqu'un. Nous sommes quelques années après la Révolution française de 1789. Le jeune général Bonaparte se cherche une bataille à diriger. Les temps sont durs, surtout pour les militaires. Un soir, il se retrouve malgré lui au milieu d'une insurrection de partisans en colère. Il propose son aide en assurant qu'il fera ce qu'on lui demandera jusqu'au bout, quels que soient les conséquences et le nombre de vies perdues. Rapidement, son rejet de la peur est évident. Ce militaire possède un courage exemplaire et peut-être jamais vu depuis bien longtemps.
Ce Corse d'origine tombera rapidement sous le charme d'une veuve de militaire, Joséphine de Beauharnais (Isabella Rossellini), déjà mère de deux grands enfants, que Napoléon adopta rapidement, même la différence d'âge avec ces derniers ne lui permettait pas d'être leur père. Il la maria entre deux activités, sans même se rendre à l'église. Son but était d'empêcher tout retour de la royauté en France. Pour cela, il se fait aider d'un homme bien mystérieux, mais très efficace en négociations, Monsieur de Talleyrand (John Malkovich) et rallia à ses côtés le ministre de la police, Fouché (Gérard Depardieu). Même si sa taille n'avait aucune relation avec ses ambitions, Napoléon entreprit avec peu d'hommes et surtout de moyens les batailles de conquêtes de l'Europe les plus gigantesques, à commencer par l'Italie qu'il reprit aux Autrichiens. Puis ce fut les campagnes d'Égypte et de Syrie et la victoire à Marengo. C'est alors que Bonaparte, pourtant contre toute image d'un homme dirigeant un pays de son plein gré, comme un roi, décida de se sacrer empereur. Et même si tout restait à un niveau humain et non avec des élans de grandeur démesurés, l'idée avait quelque chose de fou. Il demanda même au Pape de venir à Paris pour bénir ce sacre, ce qu'il fit. Dès lors, l'Empereur Bonaparte pouvait rivaliser avec ses homologues européens et les affronter sur un pied d'égalité. Ce fut le cas avec la Russie et la Prusse lors de la victoire à Austerlitz. Mais ses détracteurs restaient à l'affût et guettaient la moindre erreur. De plus, il ne possédait pas un nombre d'alliés très important qui épousait sa cause. Il devait constamment démontrer le bien-fondé de ses idées. Mais jusqu'au bout, il affronta l'ennemi avec la même fougue, jusqu'à sa mémorable défaite contre les Anglais à Waterloo. Il mourut donc en exil sur l'Île de Sainte-Hélène en 1821.
La plus grosse production européenne jusqu'à ce jour. Des lieux de tournages prestigieux tels que le Château de Versailles en France et d'autres palais en Europe de l'Est à l'image de la vie de ce militaire hors du commun. Le réalisateur a même filmé directement sur l'île Sainte-Hélène, là où mourut l'empereur. La distribution est aussi tout à l'honneur du récit, adapté du roman à succès de Max Gallo et scénarisé par un maître en la matière, Didier Decoin. Outre le formidable jeu de Christian Clavier, qui nous sert un Napoléon juste, humain et surtout toujours habité de volontés et d'ambitions, nous trouvons un John Malkovich qui nous fait demander si on doit le détester ou l'aimer, à l'image de son personnage ambigu de Talleyrand. Gérard Depardieu ne semble pas par contre donner son plein potentiel avec un personnage un peu étouffé par l'histoire et surtout qui a souvent "le cul entre deux chaises". N'oublions pas Isabella Rossellini qui campe une Joséphine bien malheureuse au cours de sa vie et aussi Anouk Aimée, la mère de Napoléon, qui n'aura d'autre choix que de se laisser mener par son fils.
Les quatre épisodes sont:
Le coffret que nous propose Remstar se compose de quatre disques, un par épisode (d'une durée approximative de 90 minutes chacun). Les disques sont rangés dans autant d'alvéoles en plexiglas qui se déplient en nous permettant d'avoir de beaux montages d'images du film, la plupart en ton sépia, ainsi qu'un court résumé des quatre époques. Le tout se range dans un fourreau de carton. L'image, au format panoramique 1.78:1, est de très bonne qualité et nous permet d'apprécier grandement de superbes costumes et des décors grandioses. La bande sonore en français est très claire et intelligible, mais les effets d'ambiance sont limités par le format sonore Dolby Stéréo, sauf dans les scènes de batailles.
Il est par contre regrettable de constater le manque absolu de suppléments, surtout si on se réfère à l'édition américaine du même produit sortie plus d'un an auparavant, et qui comportait plusieurs documentaires de production et des galeries de photos. C'est d'autant plus surprenant que l'éditeur Remstar avait annoncé des reportages de tournage pour cette édition.
Même ceux qui font une petite grimace sur les films historiques pourraient trouver dans cette version un nouvel intérêt. Il n'est pas rare de vouloir insérer le disque suivant à la fin du précédent. Les effets de caméra et l'utilisation d'objectifs non traditionnels rendent le visionnement particulièrement plaisant. Sans oublier des scènes de batailles époustouflantes, même si les effets numériques y ont été utilisés. Quant aux amateurs, ils ne devraient pas se plaindre avec cette nouvelle version de la vie de Napoléon Bonaparte qui restera certainement longtemps comme un exemple. Tant mieux.
| Film | 10 |
| Menu | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |