The Sand Pebbles
Cinema Classics Collection
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Robert Wise
Année: 1966
Classification: 14A
Durée: 183/196 minutes
Ratio: 2.35:1 / 2.20:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD40), Espagnol (DDST), Français (DDST)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 36
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
8 juillet 2007

Après un peu plus de six ans d'attente, "The Sand Pebbles", l'un des plus grands films de guerre de tous les temps est enfin disponible sur DVD dans sa version longue sous l'étiquette de la 20th Century-Fox, "Cinema Classics Collection".

Le réalisateur Robert Wise qui vient de terminer la comédie musicale The Sound of Music, projette de faire un film à partir du célèbre roman de Richard McKenna paru en 1962, The Sand Pebbles. L'histoire d'un bateau américain patrouillant sur la rivière Yang-Tsé en 1926. Le choix initial pour jouer le personnage de Jake Holman sera Paul Newman qui, après avoir lu le scénario, laisse tomber le projet. C'est alors que Robert Wise rend visite à Steve McQueen pour lui proposer ce rôle fait sur mesure pour lui. Jake Holman, marin et chef mécanicien à bord du San Pablo, c'est un solitaire et rebelle à la discipline militaire. Steve voit une sorte d'alter ego avec le marin Holman et accepte de jouer dans cette superproduction.

Le tournage débute en novembre 1965 dans les régions de Formose et de Hong Kong. Robert Wise qui a un budget illimité, espère que le tournage prendra six ou sept semaines tout au plus. S'il avait su que la production durerait sept mois, il aurait sûrement abandonné le projet dès le départ. Après quelques semaines de tournage, plusieurs membres de l'équipe technique tombent malades. Il faut dès lors les remplacer par des gens du pays. Mais voilà, Wise qui ne parle aucun mot de chinois doit faire appel à des interprètes qui ne communiquent pas toujours ses directives à la lettre, ce qui occasionne des retards considérables. La chaleur, l'humidité et la pluie commencent à peser lourd sur les acteurs. La tension monte d'un cran entre les acteurs Steve McQueen et Richard Crenna, lorsque ce dernier lui reproche de marmonner et de mal articuler ses répliques.

Steve McQueen commence à en avoir ras le bol de toute cette merde et menace sérieusement de quitter la production. Mais fort heureusement, son ami Richard Attenborough qui avait joué avec lui dans The Great Escape, le ramène à la raison et sauve ni plus ni moins le film. Lorsque le dernier coup de manivelle est donné, McQueen n'est pas malheureux de quitter le plateau et de retourner enfin aux États-Unis. Pour lui, ce fut l'une des expériences les plus difficiles de sa vie. Le 20 décembre 1966, à la première du film, les spectateurs sont stupéfaits de voir l'interprétation remarquable de Steve McQueen.

Aussitôt, le nom de Steve McQueen figure parmi les candidats à la course aux Oscars pour le titre du meilleur acteur de l'année. Steve McQueen fait face à des adversaires de taille: Alan Arkin pour The Russians are Coming, The Russians are Coming, Richard Burton pour Who's Afraid of Virginia Woolf?, Michael Caine pour Alfie et Paul Scofield pour A Man for all Seasons. C'est d'ailleurs ce dernier qui remportera la prestigieuse statuette pour son interprétation inoubliable de Sir Thomas More dans le film de Fred Zinnemann.

Nonobstant les piètres résultats aux Oscars (huit nominations: Meilleur acteur principal - Meilleur acteur de soutien - Meilleure direction artistique - Meilleure direction photographique - Meilleur montage - Meilleure bande sonore originale - Meilleur montage sonore - Meilleur film), Robert Wise est fier de son film et de l'interprétation de Steve. D'ailleurs, il dira que le rôle de Jake Holman aurait pu être écrit par Steve McQueen lui-même et qu'il avait réellement joué comme s'il l'avait vécu. Malgré cette galère que fut "The Sand Pebbles", ce film aura permis de démontrer aux gens de l'industrie que Steve McQueen était du calibre des grands du cinéma.

Ce film qui condamne toute intervention colonialiste ou impérialiste est jugé trop ambigu. Plusieurs observateurs et critiques de cinéma voient cette production comme étant le premier film de l'histoire à traiter indirectement de la guerre du Vietnam. Il reçoit des commentaires peu favorables de la droite américaine qui accuse le réalisateur Robert Wise de vouloir critiquer la présence militaire des États-Unis au Vietnam et ainsi de prendre la défense des communistes. Néanmoins, "The Sand Pebbles" demeure un film grandiose et fabuleux où Robert Wise fait à peine un clin d'œil voilé sur l'intervention américaine au Vietnam. Si cette production fut mal accueillie autant par les partisans que les opposants de cette guerre qui déchira l'Amérique en 1966, le film est aujourd'hui perçu par la critique, comme l'un des plus grands films de son époque.

Il est rare que je m'attarde sur la bande musicale d'un film, mais je dois vous avouer bien humblement que le maestro Jerry Goldsmith a écrit ici une extraordinaire musique qui soutient à la perfection les images qui défilent sous nos yeux. Goldsmith a créé un climat asiatique/exotique évident pour la trame musicale et n'a pas hésité à illustrer chaque partie du film et des ses différents aspects: des amours contrariés par la guerre, les souffrances des conflits, les combats et les moments tendus pour l'équipage du San Pablo, etc. Autant de moments qui permettent à Goldsmith d'apporter un grand relief à sa musique en évitant habilement la monotonie du discours musical grâce aux différentes atmosphères liées à sa partition. Évidemment, il y a d'abord le thème principal, illustrant la romance entre Jake (Steve McQueen) et Shirley (Candice Bergen), un amour impossible, mais pourtant réel et que se déclareront les deux individus lors de la scène du mariage secret entre Frenchy et Maily. Ce thème principal possède une certaine tendresse, une douceur qui contraste avec l'ensemble agité et souvent très sombre de la partition de ce long-métrage.

À noter que le montage de la musique dans le film se veut très efficace et est typique des mises en musique des films des années 60. On trouve souvent de longs passages sans musique et lorsqu'arrive une séquence agitée qui vient casser le rythme de la scène précédente, la musique apparaît subitement et offre un effet beaucoup plus efficace et dynamique aux oreilles de l'auditeur/spectateur, un aspect caractéristique de la plupart des montages des pistes sonores dans les films hollywoodiens de ces années-là et particulièrement dans les grosses productions. C'est le cas pour la fuite hors du bar, la mort de Po-Han ou bien la mort de l'étudiant chinois que tue Jake lors de l'attaque du barrage. Bref, la musique du film "The Sand Pebbles" est la preuve incontestable et incontestée du talent d'un Jerry Goldsmith encore jeune à l'époque, mais qui savait déjà très bien mettre en musique n'importe quel film pour en tirer le meilleur de lui-même.

Le premier disque de "The Sand Pebbles - Cinema Classics Collection" contient la version cinématographique de 183 minutes L'image ne montre aucun problème de compression. La définition est très bonne et présente un niveau supérieur de détails. L'image est nette et lumineuse. Le contraste y est excellent ce qui est particulièrement important puisque la majorité des scènes sont tournées en pleine nuit. Les couleurs sont naturelles, saturées et stables. Nous n'observons aucune variation dans les teintes et les noirs sont profonds. Nous avons droit à de très beaux effets stéréophoniques arrière et la scène sonore avant est très aérée. Lors des scènes de combats par exemple, l'ambiophonie est très réussie. Les dialogues sont naturels et toujours intelligibles. Comme supplément, vous avez les commentaires audio du cinéaste Robert Wise et des acteurs Candice Bergen, Mako et Richard Crenna. La musique est également commentée par Nick Redman, Jon Burlingame et Lem Dobbs.

Sur le second disque, le long-métrage présente un nouveau transfert numérique à partir d'un nouvel interpositif de la version "road show" du film. L'image présente une définition correcte, mais la couleur n'est pas aussi riche que sur l'autre disque, je dirais même qu'elle est un peu fanée. Une introduction de Robert Wise et de Richard Zanuck précède cette version longue d'une durée de 196 minutes permet enfin de voir "The Sand Pebbles" dans son intégralité sur la face A du disque, malheureusement offert qu'en anglais.

Sur la face B de ce second DVD, vous y retrouverez un grand nombre de documentaires très fascinants tels, "The Making of The Sand Pebbles" où nous découvrons l'arrière-scène de cette œuvre monumentale; "Steve McQueen Remembered", où les artisans du film parlent du talent incroyable de Steve McQueen; "Robert Wise In Command" est un hommage de ce cinéaste aux commandes de cette superproduction et "China 1926", un reportage instructif sur la Chine durant cette période. "A Ship Called San Pablo" et "The Secret of the San Pablo" nous permettent de constater tout le travail arrière effectué au cours de cette aventure fabuleuse que fut "The Sand Pebbles" et de la construction du bateau. Nous y retrouvons également une chronique audio intitulée "Changsha Bund and the Streets of Taipei", une galerie de photographies, des textes tirés de la célèbre revue humoristique "Mad" et la bande-annonce originale du film venant compléter les nombreux suppléments sur la face B.

À l'intérieur du boîtier, se trouve une enveloppe Lobby Cards - quatre petites affiches en couleur du film - un dépliant où nous pouvons lire des anecdotes et la liste des scènes sur chaque disque et finalement un livret de 36 pages sur papier glacé qui offre un bon résumé du film.

La réalisation exceptionnelle de Robert Wise associé à l'incroyable performance des principaux comédiens et des nombreux suppléments suffisent largement à justifier l'achat de ce DVD qui ne vous laissera nullement indifférent.


Cotes

Film10
Présentation10
Suppléments10
Vidéo10
Audio10