Saving Private Ryan
D-Day 60th Anniversary Commemorative Edition
DreamWorks

Réalisateur: Steven Spielberg
Année: 1998
Classification: 14A
Durée: 169 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Albert
31 mai 2004

"Saving Private Ryan" est le film qui m'a fait découvrir la Deuxième Guerre mondiale sous un autre jour. Avant son visionnement, tout ce que je savais de la guerre, à l'époque, était les conflits modernes comme la Guerre du Golf en 1990 où tout s'est fait à distance. Bien sûr, j'avais vu des films de guerre à la télévision, mais tout autant sans vrai intérêt. Depuis "Saving Private Ryan", le onzième DVD de ma collection, j'ai découvert une passion pour les films et documentaires de guerre surtout pour leur côté historique et le message que nous ne devons jamais oublier. La plupart des vieux films sur la guerre sont romancés afin de mieux faire passer la pilule et les plus récents (avant celui-ci) étaient tout aussi adoucis, malgré une histoire plus dure. "Saving Private Ryan" a ouvert toute grande la porte aux films de guerre très réalistes (certains mettant un peu l'histoire de côté), des films dans lesquels nous nous sentons participants.

Le film ouvre justement sur la scène du débarquement de Normandie qui est aussi réaliste visuellement et émotionnellement que possible. À peine le film commencé, les soldats s'apprêtent à s'activer pour s'enfoncer derrière la plage. Après quelques 25 minutes de vrai cinéma réalité, une réalité choc que je ne voudrais jamais vivre, nous passons à une histoire un peu moins marquante, mais plus émotionnelle pour les personnages, où un escadron de soldats américains doit sortir le soldat James Ryan (Matt Damon) de derrière les lignes ennemies puisque tous ses frères sont décédés au combat. Le général George C. Marshall ne désire pas annoncer à maman Ryan que tous ces fils sont morts. Les soldats assignés au capitaine John Miller (Tom Hanks) ne sont pas vraiment d'accord avec le haut commandement et ne comprennent pas pourquoi sacrifier tant d'hommes pour en sauver un seul. "Il est mieux d'en valoir la peine" se disent-ils. Le sergent Michael Horvath (Tom Sizemore) suit les ordres et essaie de faire respecter celles du capitaine, le caporal Timothy E. Upham (Jeremy Davies) est un traducteur qui n'est jamais allé au combat (et a très peur de tirer), le soldat Daniel Jackson (Barry Pepper) est un tireur d'élite, le soldat Irwin Wade (Giovanni Ribisi) est un infirmier et les soldats Richard Reiben (Edward Burns), Stanley Mellish (Adam Goldberg) et Adrian Caparzo (Vin Diesel – Hé oui!) ont chacun leur petite histoire et plus ou moins de volonté à suivre les règles lorsque la situation devient difficile. La question reste à savoir comment rester humain dans une guerre sans queue ni tête où l'ennemi n'est pas nécessairement dans le camp adverse, mais dans sa conscience.

Pour commémorer le 60e anniversaire du débarquement, DreamWorks a mis au point un ensemble pour remplacer l'édition "limitée" existante de ce film gagnant de cinq Oscars. En fait, DreamWorks met en marché deux ensembles qui m'allument quelques points d'interrogation. Il y a d'abord le "D-Day 60th Anniversary Commemorative Edition" dont je vous fais présentement la revue présentement qui contient pour la toute première fois sur DVD, à la demande générale des Québécois, une piste sonore en français et des tas de suppléments. Le second ensemble, le coffret The World War II Collection, contient en plus des DVD du film, les DVD Price For Peace et Shooting War: WWII Combat Cameramen qui sont aussi disponibles séparément. Un coffret intéressant si ce n'était de la différence des pistes sonores. En effet, les pistes sonores anglaise ET française ont été remplacées par une piste sonore DTS 5.1 et Dolby Digital 2.0 anglaise. Pourquoi cette différence?

La différence s'arrête là, car les suppléments des deux ensembles sont les mêmes et tous de qualité grâce à Laurent Bouzereau, producteur d'extras par excellence. Tout d'abord, le réalisateur Steven Spielberg nous introduit le film en parlant de sa fascination pour les années 40 et la Seconde Guerre mondiale et nous montrant quelques extraits de ses premiers films amateurs. Dans le documentaire "Looking into the Past", Spielberg nous parle de la recherche qu'il a faite pour le film qui est très différente de ses autres films puisque celui-ci est basé sur la réalité. "Miller and his Platoon" nous parle de la lecture du scénario indépendamment par Tom Hanks et Spielberg et nous présente les différents personnages par des interviews du réalisateur et des acteurs. "Boot Camp" nous parle de l'entraînement que les acteurs ont suivi pour agir tel que leur rôle le prescrit: des gens fatigués et misérables qui veulent juste s'en retourner à la maison. Le capitaine Dale Dye les a menés à bout, leur offrant le meilleur et le plus mauvais moment de leur vie et surtout en leur criant après parce qu'ils faisaient les choses toutes croches. Tous ces documentaires sont relativement courts.

Vient ensuite un documentaire plus long qui montre des séquences sur le plateau de tournage du pont de la fin du film. J'ai trouvé intéressant d'entendre le réalisateur, les acteurs et les artisans discuter de chacun des items dans la scène tournée. Nous avons des interviews de Spielberg et du directeur de la photographie Janusz Kaminski pour compléter les prises pour avoir un certain look newsreel couleur, granuleux et désaturé. Dans la même direction, "Re-creating Omaha Beach" discute de la recréation de la plage du débarquement qui a été filmé en Irlande avec les soldats l'armée irlandaise. Les acteurs avouent qu'ils avaient peur dans l'action même s'ils savaient que ce n'était que du cinéma. Avec toutes les explosions et les corps plein de faux sang, c'était le chaos total de leur point de vue. Nous avons ici des interviews avec les costumiers et les cascadeurs.

Dans le documentaire suivant, John Williams, qui n'avait que douze ans au moment des événements du film, nous parle de l'utilisation de ce qu'il avait dès lors entendu à la radio et lu dans les journaux de l'époque pour créer sa musique. Gary Rydstrom, le designer de la sonorisation, gagnant d'un Oscar, nous décrit son travail, principalement dans les scènes de combat qui ne contiennent pas de musique.

Les suppléments se terminent avec un mot de la fin du réalisateur qui nous avoue que ce film n'est pas aussi important à ses yeux que Schindler's List, dont le sujet, l'holocauste, lui tient à cœur. Ce qu'il a voulu montrer avec "Saving Private Ryan" est que la guerre est l'enfer, mais au-dessus de cela c'était difficile de trouver de la décence dans cet enfer.

La qualité audiovisuelle est tout à fait sublime. Le son Dolby Digital 5.1 de ce film a toujours été une référence pour moi et très peu de films réussissent de même. Je serais bien curieux d'entendre la version DTS pour comparer. Côté vidéo, le tout est croustillant et bien transféré. L'image contient un peu moins d'artéfacts de compression, la technologie de compression s'étant beaucoup améliorée depuis 1999 et l'image semble un peu moins foncée. Autre que cela, on pourrait croire que c'est le même transfert que l'on nous passe. L'édition précédente contenait quelques suppléments sur le disque et cet espace est maintenant occupé par la piste française, ce qui me fait douter d'une compression plus espacée (genre Superbit). Les menus des DVD présentent une animation de panoramas calmes tirés du film... le calme avant la tempête du débarquement.

Nous ne retrouvons pas sur ce DVD le message de Spielberg à propos du "National D-Day Museum" à la Nouvelle-Orléans, le documentaire semi-promotionnel "Into The Breach", les notes de production et les bandes-annonces que nous avons sur l'ancien DVD... alors il est tout de même intéressant de ne pas se débarrasser de la vieille version, tant plus qu'il y a aussi un encart avec d'intéressantes notes de production dans le boîtier.

Le tout est offert dans un coffret qui s'ouvre comme une boîte de munitions avec dans le couvert une impression de la lettre du quartier général suprême des forces alliées et de l'autre côté, des effets personnels d'un soldat. Les photos me rappellent un peu le fond du coffret de Band of Brothers.

"Saving Private Ryan" est un film inoubliable dans la même veine que Schindler's List où nous pouvons voir de nous-mêmes les conséquences de la violence et espérer que les gens vont apprendre et ne plus faire la guerre, car une autre grande guerre de cette envergure, avec la technologie d'aujourd'hui, serait probablement la dernière.


Cotes

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