Des camions allemands sillonnent les routes en direction du Stalag Luft III, un nouveau camp de prisonniers, situé à Sagan à mi-chemin entre Berlin et Breslau. Les Allemands ont regroupé les prisonniers de guerre alliés, récidivistes de l'évasion. C'est le camp d'où l'on ne s'échappe pas… Cependant, dès leur arrivée, les nouveaux venus se lancent dans diverses tentatives, mais ils seront vite repérés par les officiers allemands. Le colonel Ramsey (James Donald), le plus haut en grade chez les prisonniers, est appelé à venir rencontrer le commandant en chef du camp, le colonel Von Luger (Hannes Messemer). Ce dernier explique à Ramsey que ce camp fut spécialement construit afin de déjouer toute tentative d'évasion.
Par la suite, arrive Roger Bartlett (Richard Attenborough), "Grand X" réputé pour être le cerveau d'un grand nombre d'évasion. Bien escorté, il est présenté au commandant Von Luger qui n'apprécie guère la façon de procéder de la Gestapo ou des S.S. Un peu plus tard, Bartlett et Ramsey remettent sur pied l'organisation X. Bartlett n'a qu'un seul leitmotiv, faire évader le plus d'hommes possible et semer la pagaille dans toute l'Allemagne afin d'occuper l'armée allemande hors du front. Il conçoit l'évasion de 250 prisonniers qui prendront le large grâce à trois tunnels qui seront creusés simultanément: Dick, Tom et Harry.
La grande évasion peut maintenant commencer. Un à un, ils sortent vers la liberté. Mais une sentinelle allemande, étonnée par un bruit suspect, surprend un fuyard et met fin à l'hémorragie. Au total, 76 prisonniers réussissent à prendre la fuite. Chacun d'entre eux tente de traverser l'Allemagne selon divers moyens: train, bateau, vélo, camion, avion… Pour sa part, Hilts (Steve McQueen) décide d'installer un fil de fer en travers de la route et prend au piège un soldat allemand sur sa moto. Par la suite, habillé en soldat allemand, au volant de sa puissante BMW, il roule à vive allure vers la frontière Suisse. Il arrive bientôt à un barrage de contrôle, ne comprenant aucun mot d'allemand, il fonce sur l'ennemi et échappe à ses poursuivants. C'est alors qu'une chasse à l'homme incroyable débute à travers l'Allemagne.
Quarante ans après la sortie de ce long-métrage, ce drame de guerre n'a pris aucune ride. Un spectacle exceptionnel, mené de main de maître par le réalisateur John Sturges qui nous a donné plusieurs grands classiques tels Bad Day at Black Rock en 1955, The Old Man and the Sea en 1958, The Magnificent Seven en 1960 pour ne nommer que ceux-là. Il réalise ici un film haut en couleur où il réunit une pléiade d'acteurs chevronnés américains, britanniques et allemands. Il choisit pour ses prisonniers américains trois de ses sept mercenaires, Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn. Il y ajoute le très talentueux James Garner, un acteur qui fut fort populaire au petit écran avec sa série Maverick. Du côté britannique, il choisit les vedettes de l'heure… James Donald, un acteur de talent qui fut formidable dans le film The Vikings en 1958 de Richard Fleischer, puis Richard Attenborough, un brillant comédien qui a toujours su tirer son épingle du jeu et qui remporta d'ailleurs deux Golden Globe au cours de sa carrière comme meilleur acteur de soutien pour The Sand Pebbles en 1967 et Doctor Doolittle en 1968. En tant que réalisateur, Attenborough débutera sa carrière en 1969 avec Oh! What a Lovely War, et il remportera en 1983, l'Oscar pour le meilleur film et la meilleure réalisation pour Gandhi.
Ce film tiré du roman de Paul Brickhill est splendidement adapté par les scénaristes W.R. Burnett et James Clavell, futur écrivain du best seller Shogun. Du rythme, de l'action, des émotions, tous les ingrédients sont là pour donner aux spectateurs un plaisir inoubliable. La musique entraînante d'Elmer Bernstein vient appuyer chaque scène du film dont le spectaculaire saut de la motocyclette par-dessus les barbelés à la toute fin de ce long- métrage qui deviendra l'un des grands moments de l'histoire du cinéma.
La trame sonore d'Elmer Bernstein est rendue avec fidélité, subtilement intégrée à l'environnement sonore pour offrir de magnifiques moments de tension. Chaque héros que nous suivons lors de leur escapade, ont leur propre thème à eux. Les images sont magnifiques, nettes et détaillées, laissant entrevoir plus justement la richesse de la photographie de Daniel L. Fapp. Les scènes de jour sont vives et celles de nuit, tournées à faible luminosité, affichent un superbe équilibre de couleurs sans sacrifier aucun détail.
Dans la section des suppléments, vous avez d'abord la bande-annonce du film d'une très mauvaise qualité avec beaucoup de rainures et des couleurs fades et très délavées, suivie d'un magnifique documentaire intitulé "Return to the Great Escape" plutôt axé sur l'arrière du décor et de la façon dont furent tournées les scènes les plus mémorables de ce long-métrage. Sur une narration de Miguel Ferrer, fils de l'acteur José Ferrer, les protagonistes font le lien entre la véritable histoire et celle du film. Plusieurs racontent des anecdotes fort savoureuses dont, David McCallum, John Sturges, James Coburn, Donald Pleasence, James Garner, John Sturges, Bud Ekins. Bref, ce film demeure un incontournable dans votre vidéothèque.
| Film | 8 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 5 |