To Hell and Back
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Réalisateur: Jesse Hibbs
Année: 1955
Classification: G
Durée: 107 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Daniel Cyr
24 juin 2004

"To Hell and Back" du réalisateur Jesse Hibbs raconte la véritable carrière militaire d'Audie Leon Murphy, le soldat américain le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale. Blessé trois fois au combat, tuant à lui tout seul deux cent quarante Allemands, il recevra trente-trois médailles et décorations, dont la croix de chevalier de la Légion d'honneur et la plus haute décoration de son pays, la médaille d'honneur du Congrès.

S'inspirant de l'autobiographie d'Audie Murphy publiée en 1949, To Hell and Back, le scénariste Gil Doud a su donner beaucoup d'amplitude aux actes de courage et d'héroïsme du jeune soldat Murphy qui n'avait même pas vingt ans à la fin de la guerre.

Le film raconte l'histoire de cet homme remarquable... Né le 20 juin 1924 dans une ferme du Texas, il commence à travailler dans les champs dès l'âge de six ans et devient orphelin à dix-sept ans. Ayant gardé un visage d'enfant et ne mesurant qu'un mètre soixante-cinq, cette petite taille le desservit au début, car, il ne fut accepté ni chez les parachutistes, ni chez les célèbres marines, triste déception pour celui qui n'avait qu'une seule envie... celle d'être un très bon soldat. Et pourtant, il allait devenir un soldat exceptionnel.À force d'obstination, il pourra rallier la troisième division d'infanterie américaine de la cinquième armée, ayant sur son uniforme qu'un simple insigne, un carré à bandes bleue marine et blanches. Il démarra sa campagne en Afrique du Nord. Parti de simple soldat, il gravit les échelons un à un pour finir commandant de compagnie.

Le film reflète très bien toute son épopée héroïque et où Audie Murphy joue son propre rôle. Si vous faites comme moi et lisez par après son livre, vous comprendrez mieux ce que signifie le mot enfer, tant les combats dans les Vosges et autour de Colmar étaient meurtriers. Audie Murphy, fin tacticien, intelligent et volontaire, reconnaît avoir eu de la chance, beaucoup de chance, il écrira: "J'ai joui d'une chance extraordinaire, mais l'extraordinaire lui-même a toujours une fin. Aussi, jusqu'au dernier coup de fusil, suis-je décidé à vivre au jour le jour, sans ne jamais faire de projet pour après la guerre". Tout au long des campagnes d'Italie et de France, il a en effet vu tomber autour de lui ses meilleurs copains. Il a aussi connu les maladies, comme le paludisme, provoquées par les dures conditions de vie de soldat en temps de guerre. La suite des propos de Murphy dans le livre montre toute l'horreur des combats et qui sera admirablement bien traduit dans le scénario de Gil Doud: "Je sens l'odeur de la chair grillée, des os blancs pendent comme des morceaux de glace de ce qui fut naguère un pied humain". Comme vous voyez, même si l'on dit qu'une image vaut mille mots, les mots demeureront toujours plus percutants qu'une image. C'est la raison pour laquelle je voulais vous faire partager certains passages de ce livre afin de donner un peu plus de relief à un film qui ne pourra jamais exprimer avec autant de profondeur la cruauté infâme de la guerre.

Durant sa vie, Audie Murphy se mariera, aura deux garçons, composera des chansons country et sera bien sûr acteur de cinéma. Il joua dans quarante-quatre longs-métrages où il n'excella pas toujours, sauf dans quelques productions où des réalisateurs ont su l'exploiter de la bonne façon et lui donnèrent des rôles à sa mesure tels, The Red Badge of Courage, Night Passage, The Quiet American et The Unforgiven. Il mourra le 28 mai 1971 dans un accident d'avion, en Virginie, à l'âge de quarante-sept ans.

Audie Murphy ne fut jamais un grand acteur proprement dit, d'un physique très enfantin, qu'il garda jusque dans ses derniers films, il souffrit certainement des limites sévères que lui imposèrent son apparence et son image et sera sans contredit une autre des victimes expiatoires du vedettariat. Mais qui était mieux placé que lui pour interpréter son propre rôle? Personne à mon avis n'aurait pu être aussi crédible puisqu'un acteur qui n'a jamais été au combat ne peu rendre avec exactitude l'expression réelle de l'horreur que peut vivre un soldat dans cet enfer. Même Tom Hanks, qui fut pourtant mythique dans Saving Private Ryan, n'aura pas cette authenticité caractérisée par ceux qui l'on véritablement vécu. Nonobstant la faiblesse dans son jeu, la performance d'Audie Murphy est honnête et tient assez bien la route.

Le réalisateur Jesse Hibbs, qui s'est plutôt spécialisé dans le domaine de la télévision par la suite, fit un très bon travail ; il a su parfaitement adapter à l'écran la palpitante histoire de ce fabuleux soldat qui réalisa des exploits hors du commun sur-le-champ de bataille. Je dois signaler sa compétente à rendre les scènes d'action intéressantes... enchéri par les moyens financiers de la Universal, afin de rendre les combats spectaculaires, un total de cinquante mille balles furent utilisées sur le plateau de tournage, ainsi que l'usage de trois cent livres de TNT entre autre chose, afin d'en mettre plein les yeux aux spectateurs.

En conclusion, nous pouvons dire de Hibbs fut un bon artisan, quoique sans surprise. Son style est trop conventionnel et il a un manque d'imagination dans ce long-métrage, tous les événements sont quasi annoncés à l'avance, on peut facilement deviner qui sera le prochain soldat à tomber sous le feu de l'ennemi. Ce drame de guerre biographique méritait un traitement plus habile de la part du réalisateur. Quoi qu'il en soit, son film "To Hell and Back" présenté sous la forme d'un documentaire par moment demeure une œuvre captivante et n'est pas entièrement raté. Il faut également vous mentionner qu'en 1955 "To Hell and Back" fut pour la Universal le plus gros succès de son histoire au box-office et détiendra ce record jusqu'en 1975, où il sera dépassé par le film Jaws.

La définition générale de l'image est de bon niveau, sans toutefois atteindre la qualité de celle des meilleurs transferts. Il y a un petit manque de contraste et un léger voile sur les scènes nocturnes, peu d'artefacts à déplorer. La compression et la définition sont parfaites et même si les couleurs ont parfois tendance à virer discrètement vers le vert ou le rouge, le technicolor demeure intense. Les couleurs sont riches, vibrantes et bien délimitées. Les dégradés sont clairs et bien définis, tandis que des noirs profonds donnent un bon équilibre à l'image.

La seule version sonore proposée est la version originale dont le rendu est parfois un peu bouché et assourdi, mais sans que ça ne pose de gros problèmes d'audition ou de compréhension. Sa dynamique manque un peu d'ampleur, mais s'avère surprenante pour la piste mono d'un film qui a presque un demi-siècle d'âge. Les dialogues demeurent malgré tout nets et intelligibles. Je remercie la Universal d'avoir pensé à nous au Québec avec la possibilité de mettre des sous-titres en français.

En ce qui touche les suppléments, le minimum est assuré par la présence de la bande-annonce du film. En résumé, ce drame de guerre est un classique et il est inutile de vous dire aussi qu'il est extrêmement rare de voir un film biographique avec le véritable intéressé comme vedette.

Vous serez heureux après avoir visionné "To Hell and Back", de vous être retrouvé en enfer et d'y être revenu!


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