Depuis les tragiques événements du 11 septembre, les Américains ont déclaré la guerre contre le terrorisme et différents actes sont souvent rapportés dans les médias, ou encore par le biais de films ou de séries télévisées. On nous parle des atrocités commises, on nous montre des images choquantes, mais rares sont les moments où on explore l'autre côté de la médaille.
"The War Within" se veut être un de ces films qui explore l'autre côté de la médaille : le film raconte l'histoire d'Hassan (Ayad Akhtar), un Pakistanais étudiant en ingénierie. Il mène une vie relativement normale jusqu'au jour où il se fait kidnapper par des agents américains, puis emprisonné et torturé, car on le suspecte de participer à des activités terroristes de pair avec son frère. Durant son passage en prison, il se liera d'amitié avec Khalid (Charles Daniel Sandoval), le chef d'un regroupement musulman qui se chargera de l'endoctriner dans son groupe extrémiste. Trois ans plus tard, Hassan est relâché, mais ressent encore les séquelles psychologiques et physiques des sévices qu'il a subis; influencé par Khalid, il se rend alors aux États-Unis dans le but de faire exploser une bombe dans la Gare Centrale de New York City. Il sera hébergé par un de ses amis d'enfance, Sayeed (Firdous Bamji), qui demeure au New Jersey avec sa famille. Hassan développera des liens profonds avec sa famille d'adoption, mais il est tourmenté par le plan qu'il désire mettre à exécution et qui emportera des centaines, voire des milliers de vies.
Le film ne se destine guère à aborder les enjeux impliqués autour de l'exécution d'un acte terroriste : il se veut plutôt le portrait du conflit psychologique qu'expérimente un homme qui s'apprête à commettre un acte qui va affecter sa vie ainsi que celle de nombreuses autres personnes. Cet homme n'est pas un malade mental, ni un extrémiste dans l'âme : c'est une personne qui a vécu une vie normale jusqu'à un certain point, et continue de vivre l'amour, l'amitié, la joie, la peine. C'est ainsi qu'il deviendra le mentor d'Ali (Varun Sriram), le fils de Sayeed, et lui enseignera les rudiments de l'Islam ainsi que l'histoire de ses racines d'une façon quelque peu radicale, ce qui ne plaît pas vraiment aux parents. Il tombera également en amour avec Duri (Nandana Sen), la sœur de Sayeed. Mais malgré les liens qui l'attachent à cette famille, il est arrivé en Amérique dans le but de se venger et le titre du film montre bien qu'il est ici question d'un combat intérieur et non d'un combat contre le terrorisme ou contre un pays.
J'ai eu une agréable surprise en voyant la qualité des suppléments sur cette édition : en plus de nombreuses scènes retranchées, nous avons droit à une piste de commentaires avec Joseph Castelo (coscénariste et réalisateur) ainsi qu'Ayad Akhtar (coscénariste et acteur). Les scènes retranchées sont très complètes et intéressantes à écouter suite au visionnement du film, on nous offre notamment une scène d'ouverture alternative, qui dure un peu moins de 8 minutes. Les autres scènes montrent des moments tout aussi poignants, où différentes situations surviennent dans le périple d'Hassan. Je me serais toutefois attendue à voir des commentaires pour expliquer chacune des scènes, mais malheureusement, ce n'est guère le cas. On se rattrape dans la piste de commentaires toutefois, alors que les deux intervenants, très dynamiques, nous en apprennent beaucoup sur le film. Puisqu'ils ont tous deux occupé un double rôle dans le film (dont celui de scénariste), on voit que le thème les intéresse et qu'ils se sont donnés à fond sur le sujet. On apprend notamment que le film a été tourné entièrement à New York même si certaines scènes se passent supposément en Europe : de plus, ils ont dû faire de nombreuses recherches sur les différents groupes terroristes, notamment sur Al-Qaeda. Même s'ils perdent parfois le fil du film et que les commentaires ne s'accordent pas toujours aux images, c'est intéressant à écouter. La bande-annonce du film est également présente.
Toutefois, du côté technique on ne parle pas ici d'une production bénéficiant de budget faramineux : l'image en souffre quelque peu et le transfert qu'on nous offre est assez moyen. Le film est très sombre et malgré un gros contraste avec les sous-titres, on note une présence de grains. D'ailleurs, du côté des sous-titres, certains bouts de dialogues ne sont pas toujours traduits et le son est très bas, rendant la compréhension plus difficile, à moins d'augmenter considérablement le volume. Pour le reste, la piste Dolby répond bien à la tâche, car il ne s'agit pas d'un film qui sollicite énormément d'effets spéciaux, tant au niveau visuel qu'auditif.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |