Où étiez-vous en 1986? Dito Montiel s'en souviens comme si c'était hier et pour cause, il en a écrit un bouquin, pour en tirer ensuite un scénario et réaliser lui-même le film basé sur sa propre vie... on pourrait croire qu'il est un nouveau Orson Welles, mais il n'en est rien. Sa vanité ne tient qu'à l'apparition multiple de son nom. Pour le reste, sa mise en scène, son écriture, la description du New York de 1986, c'est très près de la réalité, montage et couleurs à l'appui.
Dans le quartier Astoria dans le Queens, Dito (Shia Labeouf, crédible et touchant pour une fois) évolue dans un milieu hyper-violent, tentant de se trouver un but, jusqu'à ce qu'un irlandais l'inspire: sortir de son trou, partir de la maison. Dès lors, Dito se trouve un petit travail. Cependant, les graffitis insistants d'un délinquant portoricain laissent Antonio (Channing Tatum, d'une crédibilité troublante) douteux jusqu'à ce que Dito se fasse agresser à coup de batte de base-ball. Les choses changent: Dito est désormais plus que convaincu que son idée de s'en aller est la bonne, peu importe ce que son père (Chazz Palmintieri) puisse en penser ou subir après coup, sa mère (Dianne Wiest) ou ses amis. Il les abandonnera tous... jusqu'au jour où, 15 ans plus tard, et interprété par un Robert Downey Jr. en forme, il reçoit la nouvelle qui le fasse bouger: son père se meurt.
Doté d'une trame narrative plus que convenue et une histoire clichée au possible (quoique selon le réalisateur, c'est réellement arrivé), ça n'est pas l'attrait principal: les performances le sont. Trempés dans la vulgarité de gestes et paroles, les jeunes acteurs offrent des interprétations fortes et crédibles, à commencer par Shia Labeouf, enfin libéré de ses maudites mimiques affligeantes pour entrer dans un rôle qui donne toute la mesure à son talent. Channing Tatum est confondant de crédibilité dans son rôle du troublé et violent Antonio, véritable bombe à retardement humaine. Robert Downey Junior est également à féliciter pour sa participation qui, malgré une brève apparition, donne une version plus âgée du personnage de Labeouf. Les dialogues, axés sur les incertitudes et insultes que se jettent les adolescents entre eux, donnent lieu à des confusions quant à savoir ce qu'ils ont réellement voulu dire. Cependant, lorsqu'on laisse les images nous raconter, la réalisation sensible et attachante de Montiel nous fait comprendre par les gestes ce que les paroles ne peuvent. Une très belle complicité audiovisuelle. Certes, ça n'est pas le film du siècle, mais ce début à la réalisation, ces acteurs (le film n'a pas coûté 5 millions et regardez cette distribution!!) et le rythme un peu décousu du métrage satisfait pour un premier film à l'esthétique certaine. Une fable sur les risques encourus dans les quartiers chauds qui ne laisse pas indifférents. On attend son prochain avec impatience.
Au banc des suppléments, on nous offre plusieurs choses, dont une piste de commentaires de Montiel et du monteur, très informative et nostalgique. Des scènes coupées et alternes qui n'ajoutent pas grand chose au film, une revuette derrière les coulisses et du matériel jamais vu auparavant ainsi que des bandes-annonces complètent la galette numérique. C'est suffisant comme matière et ça donne beaucoup d'informations sur ce qu'aurait pu devenir Dito. Une partie suppléments qui se veut aussi éducatrice et informative par rapport aux dangers du quartier de New York que le film lui-même... il fallait le faire. De plus, pour les besoins de cette critique, on nous a fait grâce de l'édition limitée "steelbook" au fini lustré et au titre embossé. Superbe.
Le transfert est très bien. On ne dénote qu'un peu de sursaturation sur certains tons de chair, sinon la définition est très bien et les détails sont riches. Pour le son, c'est encore mieux. Le 5.1 plonge dans l'atmosphère du quartier sans peine et permet de bien entendre tous et chacun sans perdre de définition sonore. Les menus sont superbes! La page principale et les sélections de scènes sont animées et musicales et même si les autres sont fixes et muettes, l'ensemble est suffisamment bien faite pour offrir une belle navigation. La page principale donne le ton avec la musique de Kiss "New York Groove", qui entraîne et déménage. Aussi bien le dire, on retourne dans les années 80!
Au final, si vous décidez de vous lancer dans ce film, difficile d'affirmer que vous aimerez, mais vous n'en sortirez pas indifférent, chose certaine. Ce premier effort de Dito Montiel, très personnel, ne l'a pas empêché d'offrir quelque chose dépourvu d'artifices, bien balancé. Comme le dit le personnage de Dito: "j'ai laissé tout le monde derrière, mais eux ne m'ont jamais laissé".
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |