Guilty Hearts
Phase 4 Films

Réalisateurs: George Augusto, Savina Dellicour, Phil Dornfeld, Ravi Kumar, Benjamin Ross
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 625828594601

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
6 juin 2011

Phase 4 revient à la charge avec un autre collectif de nombreux courts-métrages comme c'était le cas de Love and Distrust. Malheureusement, le manque d'informations nuit au produit qu'on tente de faire passer pour tout sauf ce qu'il est vraiment.

On retrouve donc ici sept courts-métrages mettant en vedette des acteurs et des actrices fort bien connus du grand écran qui tour à tour tiennent la vedette des titres suivants: "Please" (Gerard Butler), "Torte Bluma" (Stellan Skarsgaard), "Notting Hill Anxiety Festival" (Julie Delpy), "Ready" (Imelda Staunton), "Spelling Bee" (Anna Faris et Charlis Sheen), "Outskirts" (Eva Mendes) et "The Ingrate" (Kathy Bates). Malheureusement, si l'on a tenté de lier ces derniers par le biais du thème de la culpabilité, il ne s'agit pas ici d'un projet thématique comme c'était le cas de Paris, je t'aime ou de sa suite moins réussi New York, I Love You ou même du succulent Tokyo!, le résultat est donc certainement inégal (comme la plupart des recueils de court-métrage) et manque cruellement de moments qui méritent véritablement notre attention.

Si l'on navigue ici et là à travers de nombreux genres ce qui donne un peu de relief à l'ensemble, on retrouve surtout des personnages en quête d'eux-mêmes alors qu'ils ont pour beaucoup déjà atteint le fond du gouffre. On le réalise rapidement dans le premier segment où Gerard Butler incarne un homme qui n'a plus rien à perdre. Dommage que l'exécution fort manichéenne manque de subtilité et que le tout peine à véritablement toucher. Le deuxième récit, bien que semblant intéressant, s'avère trop confus pour palpiter. Heureusement, le centre vaut plus le détour d'abord avec le troisième court-métrage qui bénéficie de la présence de Julie Delpy et de quelques flashs plus ou moins brillants. Par la suite, le quatrième est digne et direct avec Imelda Staunton qui en impose toujours autant. Cependant, celui qui détonne le plus, est certainement le cinquième, le plus humoristique de tous, dont la présence, quoiqu'un peu inexplicable, se savoure certainement par son absurdité. Ensuite, l'intérêt retombe avec un "Outskirts" joli, mais dont on ne comprend pas trop la signification et un "The Ingrate" qui n'épate pas vraiment à aucun niveau que ce soit.

Mentionnons également que le montage final manque un peu de soins puisqu'il a coupé tous les courts-métrages pour les faire jouer consécutivement (mis à part deux divisions: "the road to redemption begins with guilt" et "the path to guilt begins with innocence" qui ressemblent plus à une mauvaise promo religieuse..) et laisser tous les génériques se suivre à la toute fin. Cela brise l'identité de certains, surtout "Spelling Bee" qui bénéficiait d'une minime scène supplémentaire à sa toute fin.

Comme ce sont tous des petits films différents, la qualité audio et vidéo diffère, surtout que la plupart doivent être des courts-métrages à petit budget qu'on a tenté d'arranger en qualité pour les adapter au format qu'on a sélectionné pour la mise en marché DVD... Par exemple, si le visuel est souvent fade ou que la cinématographie doit compter sur des éclairages plus ou moins réussis, on retient le visuel du deuxième, troisième et sixième segment, plus maîtrisé. Le premier est trop lumineux d'où un contraste boiteux et le septième manque carrément son coup alors que même le son fait défaut, surtout lorsque les tonalités valent plusieurs crans au-dessus. Le son est également par moment décalé lors du cinquième segment.

Pour la présentation, le distributeur a fait un beau travail puisque la pochette attire immédiatement le regard par ce très beau plan lumineux sur une ville quelconque et cette sensuelle femme vue de dos. Par contre, cela n'a aucun lien direct avec le recueil à défaut d'enligner au haut de la pochette les noms et les photos de plusieurs des artistes en vedette. On regrette par contre que le résumé ou toutes les informations, si l'on ne regarde pas comme il faut, n'indique aucunement qu'il s'agit de plusieurs courts-métrages, mais essaie bien de faire croire que c'est un film choral. Il y a également quelques coquilles comme la durée qui est effectivement de 93 minutes si on ne compte que la durée des courts-métrages, mais qui est de 108 minutes avec le générique d'introduction et ceux véritables qu'on a raboutés à la fin, et quelques fautes comme Krystoff Pizykucki au lieu de Przykucki.

Pour les suppléments, rien mis à part une bande-annonce du collectif qui est tout autant inégale que le produit final, ne mettant l'emphase que sur deux-trois des sept histoires et semblant également faire la promotion d'un "véritable" film.

Au final, à moins d'être un grand fan d'un ou l'autre des acteurs, même si on aime voir des courts-métrages qui pourraient bien être réalisés par les grands réalisateurs de demain, surtout que ceux-ci sont habituellement difficiles d'accès ou à trouver, on regrette le manque d'intérêt à déceler dans un tel regroupement. De plus, dur de dire pourquoi cela ne sort que maintenant alors que tous ces courts-métrages datent des premières années de 2000 et que le collectif en soi a été assemblé en 2006.


Cotes

Film4
Présentation5
Suppléments-
Vidéo4
Audio4