"Gunga Din" est un nom qui m'a chicoté l'esprit depuis que je l'avais entendu dans la série Soap (alors qu'un des personnages avait perdu la mémoire et se prenait pour "Gunga Din"), mais pas assez pour que je fasse des recherches sur celui-ci. Voilà que Warner annonce la sortie d'un film titré de ce nom, mettant en plus de cela mon acteur favori: Cary Grant.
Inspiré d'un poème de Rudyard Kipling (auteur de Jungle Book) et signé par le réalisateur George Stevens, ce film est loin d'être un véhicule pour Grant alors qu'il n'y partage que le tiers d'un trio d'aventuriers / sergents britanniques composé de Tommy Ballantine (Douglas Fairbanks Jr.), Mac Chesney (Victor McLaglen) et d'Archibald Cutter (évidemment Cary Grant), tous postés dans une colonie en Inde dont l'action se situe au 19e siècle. Ballantine est à quelques jours du terme de son service et de son mariage avec Emaline Stebbins (Joan Fontaine), mais les plans de Cutter de partir encore une fois à la recherche d'un trésor perdu vient tout foutre en l'air. Chesney quant à lui ne s'inquiète que pour son éléphant préféré. Et où est Gunga Din dans tout cela, me direz-vous? Et bien, c'est le Bhisti (porteur d'eau) du régiment dont le but dans la vie est de devenir un soldat à part entière pour y jouer du clairon et plaire à ses supérieurs britanniques. Seul Cutter lui porte vraiment attention, mais seulement pour rire un peu en lui laissant tout de même un peu d'honneur.
Notre trio de sergents est envoyé vers un poste avancé dont le régiment n'a pas de nouvelle. Ils apprennent rendus sur place que ce poste a été attaqué par la secte fanatique des Thugs, des étrangleurs qui tuent à la gloire de la déesse Kali, qui sont encore sur les lieux! Plusieurs aventures et mésaventures plus tard, les Britanniques sont sur le point d'être attaqués par Thugs, mais seront sauvés à la dernière minute par Gunga Din et un clairon.
Sam Jaffe est tout simplement exceptionnel dans le rôle de Gunga Din, un rôle qui nous reste dans la tête tellement il est unique dans ce film sérieux entrecoupé de moments de comédie. Cary Grant a beau faire son comique habituel, mais il ne ressort pas du tout dans ce film, pas plus que ses célèbres compagnons d'aventures. Joan Fontaine, la seule femme dans tout le film, ne resplendit pas plus que les autres. Peut-être que le scénario y est pour quelque chose, car je me suis beaucoup tourné les pouces durant la présentation, difficile à croire que ce film fut un grand succès à son époque, quoiqu'à le voir et le revoir (pour les besoins de cette revue), j'ai commencé à bien l'apprécier. De l'autre côté de la médaille, le paysage indien, tourné à Lone Pine en Californie, est si bien fait qu'il est facile de le confondre au vrai. J'ai vu quelques documentaires touristiques sur les Indes et c'est à s'y méprendre. Le tournage à l'extérieur d'un studio n'était pas des plus populaire à cette époque à cause des budgets limités, mais réussit à faire voyager outre-mer le spectateur sans quitter lui-même le pays est tout un défi que s'était donné le réalisateur.
Le transfert vidéo de "Gunga Din" est très acceptable avec seulement quelques grafignes ici et là. Une granularité avec des lignes verticales un petit peu plus foncées est visible tout le long du film comme si la bande utilisée avec un peu d'usure, mais rien de gênant au visionnement. Notez que pour cette édition DVD, nous avons la version originale en noir et blanc de 1939 au complet avant qu'elle soit charcutée à 96 minutes en 1954 pour permettre un programme double au cinéma. Une version colorée par ordinateur existe, mais ne se retrouve pas ici. La piste sonore monophonique, qui inclut la musique originale composée par Alfred Newman, est bien audible, sans distorsion. Le menu est un petit montage des dessins de la pochette du DVD.
Comme suppléments, nous retrouvons pour débuter une piste de commentaires de l'historien Rudy Behlmer qui nous donne bien des détails sur l'histoire elle-même et sa situation temporelle ainsi la production du film y compris les problèmes du tournage, de la post production et de la composition de la musique. Comme d'habitude, Behlmer est bien intéressant. Cela est suivi d'un court, mais intéressant documentaire du nom de "On Location with "Gunga Din", lançant d'abord des fleurs au réalisateur et expliquant ensuite les modifications faites au scénario qui était initialement écrit pour être tourné en studio ainsi que quelques anecdotes de production. Le contenu supplémentaire est complété par deux bandes-annonces du film (1939 et 1957) ainsi que du dessin animé Looney Tunes "Film Fan" mettant en vedette Porky Pig qui avait probablement été projeté originalement avec le film étant donné sa date de production. Ce DVD fait partie d'un quatuor de titres sortis en l'honneur de George Stevens, les autres titres étant I Remember Mama (avec Irene Dunne et Philip Dorn) , D-Day to Berlin et George Stevens: A Filmmaker's Journey, mais seuls I Remember Mama avec une introduction de George Stevens et "Gunga Din" contiennent des suppléments.
"Gunga Din" a sûrement été la source d'inspiration de bien des films de son temps et probablement de notre temps aussi, entre autres la scène du pont de corde me rappelait facilement quelque chose de très semblable dans une scène d'Indiana Jones and the Temple of Doom!
| Film | 6 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 7 |