Dans les années soixante-dix, une prostituée haut de gamme du nom de Xaviera Hollander écrivit une autobiographie torride de sa vie et devint fameuse et riche (encore plus). L'histoire de cette femme hollandaise émigrée à New York qui devint prostituée par plaisir puis la tenancière de bordel (Madame) la plus populaire de la ville captiva tous les mâles américains d'une certaine génération. C'est pourquoi des producteurs décidèrent d'adapter cette histoire pour le cinéma avec Lynn Redgrave dans le rôle de Xaviera. Le film connut un certain succès puisqu'on décida d'en faire non pas une, mais deux suites. Malheureusement pour nous, mais heureusement pour elle, Mme Redgrave refusa de jouer dans les suites et le rôle principal fut donc tenu par deux actrices différentes, dont une ex-bond girl (Martine Beswick).
Le film original, "The Happy Hooker" est de loin le plus potable des trois. Fidèle au livre de Miss Hollander, il raconte en un long flash-back en direct du poste de police où elle et ses filles attendent leur avocat après une descente dans leur bordel la vie de Xaviera. L'arrivée de Madame, son mariage raté, son emploi au consulat hollandais, ses débuts comme fille de joie, puis son ascension au sommet jusqu'à devenir LA Madame de New York. Bien que l'histoire soit assez intéressante, le scénario lui-même est peu original et plutôt mal réalisé. Il est truffé de banalités, d'un manque total d'idées nouvelles et de dialogues plats. Seul le jeu de Lynn Redgrave est une coche au dessus et reste le seul élément intéressant du film.
Pour le deuxième film, "The Happy Hooker Goes to Washington", on a décidé d'y aller plus dans la comédie que dans le drame. Malheureusement, les gags sont nuls et la réalisation est pathétique. Le rôle principal revient à Joey Heatherton, une inconnue sans grand talent (qui coucha peut-être avec le producteur pour avoir la job!) qui se débat avec un scénario melting-pot de film d'espionnage, de thriller politique, de très soft porn, et d'humour de bas étage.
L'histoire fictive raconte les déboires de Miss Hollander lors d'une commission d'enquête sénatoriale sur la prostitution en particulier et sur le déclin des mœurs en Amérique en général. Après moult flash-back où on se retrouve dans les "soirées" spéciales organisées par Madame et où on nous exhibe quelques seins et quelques fesses dans des contextes pseudo-érotiques, on suit Mlle Hollander en mission bidon au Moyen-Orient pour la CIA. Elle doit utiliser ses charmes pour plaire à un Scheik tyrannique et le rendre plus humain avec son peuple qui le hait, car les Américains craignent un soulèvement populaire pouvant mener à la révolution communiste! Mais sur place, Xaviera découvre quelques petits secrets sur les sénateurs puritains menant la commission d'enquête...
Le troisième film s'intitule "The Happy Hooker Goes Hollywood" et raconte l'histoire de Xaviera lorsqu'elle devint populaire suite à la publication de son autobiographie. Plusieurs producteurs hollywoodiens s'arrachent les droits pour mettre le bouquin à l'écran. Xaviera se rendra à Hollywood pour essayer de choisir le bon et se fera manger toute crue (sans jeu de mots s.v.p.!) pour finalement trouver un petit producteur indépendant qui l'aidera à mettre le projet sur pied. Elle devra bien sûr utiliser tous ses charmes et l'aide de ses filles pour mener son projet à terme...
Pour le dernier film de la trilogie, on a opté plus pour l'approche Emmanuelle. C'est-à-dire un côté plus sérieux aux scènes osées avec plus de nudité que dans les deux premiers, quelques blagues pour alléger le tout. Le résultat est nul et ne vaut même pas la peine d'être visionné si ce n'est pour voir Adam West (le Batman de la série télé originale) danser comme un pied ou faire semblant de baiser avec une ex-Bond girl.
Au niveau audiovisuel, les trois films sont de qualité passable avec les couleurs ternes de la pellicule de l'époque et les tons foncés qui auraient pu être un peu débouchés. On ne peut aussi approuver de l'utilisation abusive de filtres de diffusion lors des séquences "érotiques", pour les rendre plus romantiques. En plus, la direction photo est banale pour les trois films.
Les copies utilisées pour le transfert sont assez belles, mais auraient eu besoin d'un petit travail de restauration. Pour le son, rien à dire. Une bande originale de qualité et un transfert impeccable en font un charme pour les oreilles. Si seulement le contenu avait été à la hauteur! Il n'y a pas de supplément.
| Film | 6/4/4 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |