Happythankyoumoreplease
Anchor Bay Entertainment

Réalisateur: Josh Radnor
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 98 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 013132272092

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
22 juin 2011

Il faut célébrer l'oeuvre qui nous est offerte ici puisque pour un premier long-métrage qui ne manque pas de charmes ni d'audaces, on ne veut pas non plus trop nous en faire gober, préférant laisser le film séduire simplement, mais sûrement. Au fond, un peu à l'image de son intrigant titre qui, à l'instar de ce qu'on pourrait croire, nous amène certainement à en vouloir plus, même si on se sent déjà assez bien servis.

Jouant la carte de l'indie rom-com qui a d'ailleurs séduit le public de Sundance, il faut admettre que cette oeuvre qui a quelque chose de très personnel (première oeuvre oblige), déjoue plusieurs des conventions qu'il semblait suivre pour offrir un produit beaucoup plus intéressant. Ce n'est donc pas le film habituel d'amitiés inusitées, de romance ou même choral même si tous les éléments de ces derniers se croisent ici et là.

On y suit donc un Sam Wexler qui ne sait pas trop où il en est dans sa vie, tentant de faire rejoindre tous les bouts entre sa carrière difficile d'écrivain, ses nombreuses amitiés, ses amours infructueux, etc. Tout semble prendre une autre direction quand son chemin croise un jeune garçon qu'il prend sous sa tutelle croyant qu'il a été abandonné.

Profitant d'une fluidité alléchante où tout s'enchaîne dans la plus grande sérénité, on laisse aller la succession de situations, de scènes cocasses tantôt fort divertissantes et d'autres fois plus touchantes. Par le biais de plusieurs sous-histoires qui s'entremêlent, on se laisse définitivement dériver ici et là pour se surprendre lorsque les nombreux moments d'intérêts se pointent. Puisque justement, si l'on pouvait croire au départ que les moments les plus réussis figurent lorsque notre protagoniste est de la partie (le fait que Josh Radnor soit le véritable chef d'orchestre de l'ensemble y est certainement pour quelque chose), on réalise bien rapidement que cela va plus loin, que chaque histoire cumule ses moments lucides, brillants, lumineux, ingénieux. Le scénario est d'ailleurs des plus judicieux et même souvent surprenant dans ses propositions, en plus de livrer de beaux personnages.

Il faut dire que la distribution est de haut calibre et outre le jeune Michael Algieri qui brille considérablement dans cet attachant rôle de petit garçon pris malgré lui dans ce gros foutoir, on ne peut écarter la performance tour de force offerte par une méconnaissable Malin Akerman, en plus du judicieux couple tout en nuances qu'interprètent Zoe Kazan et Pablo Schreiber et la présence fort sucrée de Kate Mara qui a tout ce qu'il faut pour tenir tête au protagoniste. Pour ce dernier, surprenamment, Josh Radnor parvient sans mal à livrer un rôle qui sans toutefois trop se détacher de lui-même, n'a pas peur d'aller ailleurs que de ressasser les territoires battus du fameux Ted de la série qu'on pourrait aisément dire culte How I Met Your Mother.

On reprochera peut-être de rester un peu trop en surface par moment, mais d'un film qu'on veut léger sans nécessairement trop l'être, "Happythankyoumoreplease" sera assurément réussi, en plus de ne jamais être trop égocentrique ce qui s'avère souvent une faille dans ce genre d'oeuvre.

Pour le reste, New York brille à l'écran grâce à l'excellente direction photo de Seamus Tierney qui fait ressortir avec justesse tous les aspects colorés possibles, des personnages aux endroits. Bleu, jaune, mauve, rouge, le film est une bombe d'énergie, de couleurs et d'émotions qui veulent divertir en toute intelligence. Il faut particulièrement porter une attention à la justesse des éclairages qui parviennent à tout moment à rappeler le côté incontestablement chaleureux du long-métrage. Jours, nuits, intérieurs, extérieurs, la teinte souvent orangée quoique plus bleuâtre par d'autres, réjoui aisément le regard. L'étincelle est par ailleurs doublée de la trame sonore qui bénéficie des excellentes compositions de Jaymay qui donne une personnalité propre au film, en plus d'être pimenté de nombreux morceaux indie spécialement choisis et choyés par le cinéaste. De plus, aucun mot ne se perd alors qu'on entend toujours à merveille les délicieux, voire même savoureux dialogues qui savent toujours avoir la justesse nécessaire dépendant de ce qu'elles doivent évoquer. Sinon, film qu'on veut new-yorkais de coeur, on peut toujours aisément entendre les bruits de la ville qui se confondent en arrière-plans, entre bruits des passants, des taxis, des métros et autres.

Pour la présentation, la pochette beige teintée de multiples couleurs fait ressentir un positif attrayant, surtout grâce aux photos tout sourire des nombreux personnages du film. Le dessin au bas qui représente une ville où se fondent dans le décor de nombreux crayons intriguent également. Il y a aussi une pochette en carton qui, tout en reprenant exactement l'imprimé d'origine, offre un soin conscient dans la présentation du film qui cherche définitivement à nous charmer dans tous ses recoins.

Pour les bonus, s'il n'y a rien de transcendant, c'est certainement aussi agréable que le film en lui-même. Il y a plusieurs scènes supprimées qui totalisent un bon huit minutes, démontrant souvent un approfondissement intéressant, mais pas toujours nécessaire, des personnages, ainsi qu'un petit segment se concentrant sur la compositrice et chanteuse Jaymay qui a travaillé sur le film. Le gros morceau réside toutefois en la piste de commentaire où Josh Radnor et le producteur commentent le film. Si l'on n'en apprend pas tant, la complicité des deux et leur affection évidente face à l'oeuvre qu'ils ont livrés est rapidement contagieuse et on passe certainement un bon moment en leur compagnie à les entendre raconter anecdotes, appréciations et autres. Il y a également la bande-annonce du film qui, tout en volant plusieurs des meilleures répliques, est certainement des plus représentative.

Enfin, sans rien réinventer, sans trop ambitionner, Josh Radnor livre un film fort agréable d'une sincérité désarmante où réflexions intelligentes trouvent leur place dans une attachante comédie romantique qui va certainement au-delà. Représentatif d'une génération qui se cherche, le film fait rire et touche à maintes reprises, garantissant un visionnement des plus réussis. Fortement recommandé, aisément un des meilleurs films indie de l'année, un véritable baume pour le coeur.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8