Harry & the Hendersons
Special Edition
Universal Studios Home Video / Amblin Entertainment

Réalisateur: William Dear
Année: 1987
Classification: PG
Durée: 111 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
22 avril 2007

La quête de preuves pour rendre crédibles plusieurs légendes de monstres et autres animaux étranges anime régulièrement des centaines de personnes du monde entier. Entre ceux qui parcourent les bords du Loch Ness en Écosse ou ceux qui gravissent les pentes de l'Himalaya, chacun espère un jour trouver LA preuve que le monde entier attend pour enfin savoir la vérité. Mais que feriez-vous si un beau jour cette preuve atterrissait devant votre voiture sans que vous la cherchiez et que vous deviez en prendre soin pour éviter une panique générale?

C'est exactement ce qui arrive à une famille de Seattle, les Henderson. Le père, George (John Lithgow), travaille dans la boutique plein-air de son propre père (M. Emmet Walsh). Nancy (Melinda Dillon), son épouse, est une femme au foyer, qui s'occupe de leurs deux enfants: Sarah (Margaret Langrick), adolescente rebelle et Ernie (Joshua Rudoy), jeune garçon curieux et prometteur. Un dimanche, la petite famille revient d'une fin de semaine de camping et de chasse (George se prend pour un chasseur confirmé, ce qu'il n'est pas) passée dans les forêts du parc du Mont Rainier. Au détour d'un virage de ce chemin de montagne, George heurte quelque chose. L'énorme boule de poils gît sur le bord de la route. Intrigués, ils décident de ramener la dépouille en ville, attachée sur le toit de la voiture. Mais la bête est encore en vie et ce sera le début d'une série de mésaventures tragi-comiques que vont vivre les Henderson avec leur nouveau compagnon géant, poilu, végétarien et un peu nauséabond.

Le défi était de taille. Mettre en image une histoire destinée à un public familial, mais en y incorporant un monstre, qui plus est, qui fait plus peur que sourire. C'est pourtant le pari qu'a réussi William Dear en écrivant et réalisant "Harry and the Hendersons", sorti en 1987. C'est d'ailleurs à l'occasion de ce vingtième anniversaire qu'Universal nous propose enfin une édition DVD convenable pour ce titre, qui a été plutôt oublié dans les années passées (sauf erreur, il n'existerait qu'une seule édition DVD datant de 1998). Dans le film, nous suivons donc les déconvenues de George et des siens qui, une fois la petite frousse passée, découvrent en Harry, le nom qu'ils lui donnent, un être plutôt charmant et attentionné, mais assez maladroit et pataud. De plus, sa taille imposante est difficile à dissimuler. Les Henderson doivent aussi surveiller un certain Jacques Lafleur (David Suchet, un acteur anglais qui passe son temps à interpréter des rôles internationaux, surtout européens, comme ici, un Français - aussi l'acteur derrière la meilleure interprétation du personnage d'Hercule Poirot), un chasseur de monstres qui compte bien enfin mettre la main sur son "sasquatch". Ils parviendront à aider Harry à retrouver son habitat grâce au vieux docteur Wrightwood (Don Ameche), qui a passé sa vie à la recherche du monstre de façon scientifique et qui voit finalement ses efforts récompensés.

Si le film avait été une belle surprise pour moi à sa sortie, j'ai eu l'occasion de le retrouver quelques années plus tard aux studios Universal. Lors d'une présentation sur les effets spéciaux, on faisait venir une personne sur une petite scène et on lui mettait un casque sur la tête. Cette fois-là, c'était une petite fille. Alors qu'elle était isolée par le son du casque, un Harry en chair et en os (enfin presque) arrivait à son insu derrière elle. Elle ne le voyait pas, mais nous oui. Je me rappelle avoir eu peur pour elle, car il était vraiment grand et imposant, comme dans le film. Curieusement, à la découverte de sa présence, l'enfant n'a eu peur qu'un bref instant, et sa peur s'est transformée en réjouissance de voir Harry à côté d'elle. Par la suite, nous avons pu nous aussi nous approcher de la "chose" et constater qu'effectivement, c'était un être gentil qui ne fait pas peur, à condition d'oublier sa taille. Dans la peau du gentil monstre du film, un acteur géant de plus de deux mètres vingt, Kevin Peter Hall. Il est rarement apparu "au naturel" dans ses films, étant la plupart du temps dans des costumes de monstres ou sous du maquillage. Il a été, entre autres, le monstre de Predator et de Predator 2. Au début de 1991, il est victime d'un grave accident de voiture. Lors de son opération, il reçoit du sang contaminé par le VIH et meurt quelques mois plus tard. Il avait 36 ans.

Pour cette édition spéciale, Universal a effectué un magnifique travail sur la qualité visuelle du film. Les images sont très belles, bien définies et quasiment exemptes de défauts. Les couleurs sont bien restituées, quoique légèrement saturées. C'est surtout la précision et la clarté de l'ensemble qui se démarquent. Il faudra par contre se contenter d'une piste sonore anglaise, remixée en Dolby 5.1, avec de beaux effets d'ambiance. Des sous-titres français viennent un peu combler le vide de la langue. Les pages de menus sont statiques et muettes.

Les suppléments sont assez intéressants, sans atteindre des sommets. On a tout d'abord une piste de commentaires par le réalisateur. Ce dernier nous révèle beaucoup d'anecdotes de tournages, parfois surprenantes, ce qui plaira à ceux qui veulent toujours en savoir plus sur le tournage d'un film. Dans le documentaire "Harry... Finding the Missing Link", réalisé pour cette édition DVD, le réalisateur William Dear commence par nous parler de la chasse aux monstres, mais c'est surtout Rick Baker qui nous décortique toute la technique pour rendre vivant et crédible un monstre de près de deux mètres cinquante (l'Oscar du meilleur maquillage lui avait d'ailleurs été attribué en 1988 pour ce film). L'autre documentaire, "Making of Harry and the Hendersons", qui commence d'ailleurs avec les mêmes images que le précédent, est un court film promotionnel (cinq minutes) datant de la sortie du film (et avec le titre multicolore de l'époque). Les acteurs sont questionnés sur les lieux mêmes du tournage. Puis nous pouvons visionner trois scènes supprimées d'une importance moyenne, mais qui permettent surtout de comparer la qualité du film. Et pour terminer, un autre montage promotionnel, encore plus court que le premier, ainsi que la bande-annonce originale. Il faut mentionner que tous les suppléments sont aussi sous-titrés en français et en espagnol.

Avec la fougue bien connue de John Lithgow (3rd Rock from the Sun), surtout à cette époque de la fin des années 80, et à une histoire qui n'arrête pas vraiment une seconde, on s'amuse bien pendant ce film. Rapidement, comme les Henderson, on se prend d'affection avec cette grosse boule de poils, même si je pense, on hésiterait à la ramener à la maison. Selon moi, "Harry and the Hendersons" est un classique des films familiaux qui bénéficie d'une belle distribution et qui possède d'excellents effets spéciaux qui rendent complètement crédible la créature au sourire communicatif. À posséder, à garder et à visionner de temps en temps pour oublier la morosité.


Cotes

Film8
Présentation3
Suppléments6
Vidéo8
Audio8