Harry and Tonto
20th Century Fox

Réalisateur: Paul Mazursky
Année: 1974
Classification: 14A
Durée: 115 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
9 septembre 2005

C'est l'acteur principal (Art Carney) et le réalisateur (Paul Mazursky) qui m'ont tout d'abord interpellé lors du choix de ce film, que je ne connaissais pas. Le premier, c'est pour beaucoup le sympathique Ed Norton de la série The Honeymooners, que j'ai eu le plaisir de vous critiquer il y a plusieurs mois. Sa dernière apparition dans un film remonte à 1993, dans le film d'action Last Action Hero, où il tient le rôle du projectionniste qui donnera au jeune Danny le fameux ticket magique.

Pour jouer son personnage de Harry Coombes dans "Harry and Tonto", Carney a été un peu vieilli (il n'avait que 55 ans à l'époque du tournage et devait personnifier un brave professeur retraité de 70 ans et veuf). Vivant dans un quartier de New York, où il a élevé ses enfants et gardé à ses côtés sa femme, aujourd'hui décédée, il se voit expulsé de chez lui un beau jour, son immeuble devant faire place nette à un beau stationnement moderne. Mais Harry n'est pas du style à se laisser monter sur les pieds. Accompagné de son fidèle animal de compagnie, un beau chat doré répondant au nom de Tonto, il sort chaque jour pour faire ses courses, promener son chat et aller au parc discuter avec ses congénères de choses et d'autres, même si finalement elles ne sont plus de leur âge.

Ayant appris l'expulsion forcée, un de ses fils, Burt (Phil Bruns), habitant dans la banlieue proche, vient chercher son père et ses effets pour l'emmener chez lui. Il aimerait bien le garder avec lui, mais Harry a d'autres projets en tête. Il veut ainsi aller visiter sa fille Shirley (Ellen Burnstyn) à Chicago. Mais les complications d'embarquement à cause de Tonto vont modifier légèrement la façon de se rendre dans la ville des vents. Il commencera son voyage en bus, mais Tonto sera de nouveau un problème. Il achètera finalement une voiture, même si son permis n'est plus valide, et partira vers Chicago. En route, il fera la rencontre de diverses personnes dont une jeune autostoppeuse, essaiera de retrouver une ancienne flamme de jeunesse, aujourd'hui à moitié folle dans une maison de retraite, permettra à son petit-fils de réaliser des rêves et ira même jusqu'à Las Vegas puis Los Angeles rencontrer son autre fils, Eddie (Larry Hagman), un peu paumé et qu'il essaiera de sortir de l'embarras. Mais la route sera longue de la côte est à la côte ouest et de nombreuses péripéties surviendront, parfois drôles et parfois émouvantes ou éprouvantes. Mais Harry essaiera toujours de voir le bon côté de l'histoire et de ne pas sombrer dans la déprime.

Paul Mazursky, qui a écrit et réalisé ce film, ne déborde jamais de son personnage. Le film porte sur Harry (et sur son chat Tonto) et malgré la présence des autres personnages, comme les enfants d'Harry, on a souvent l'impression que ces derniers sont secondaires. Ce qui est primordial, c'est la façon de faire, de penser et d'intervenir de Harry selon les situations. Et autant dire qu'il s'agit la plupart du temps de messages d'espoirs malgré la tristesse ou la complexité de la situation. Le message principal du film se résume dans le fait qu'il y a toujours une voie, une solution, pour avancer plus loin. Et surtout, qu'il ne sert à rien de s'obstiner sur quelque chose qui doit se terminer là. Après la pluie, il y aura toujours du beau temps, pour reprendre l'éternelle phrase.

Fox nous propose une édition sobre, mais avec un produit de valeur. Malheureusement, l'image est plutôt moyenne. Un peu granuleuse, elle ne bénéficie pas toujours d'une belle qualité. Les couleurs sont souvent fades et les détails se perdent un peu dans les décors sombres. Les pistes sonores sont assez bonnes. La piste stéréo a un peu plus d'ambiances dans les enceintes gauches et droites, mais aucune modification notable pour les dialogues. Les pages de menus sont statiques et muettes. En guise de suppléments, nous avons une piste de commentaires du réalisateur, Paul Mazursky, ainsi que des bandes-annonces originales.

Dans sa piste de commentaires, Paul Mazursky nous raconte, bien entendu, beaucoup d'anecdotes de tournage, comme la docilité des chats qui jouaient Tonto (il y en avait deux) ou encore, plus intéressant, que sa première idée pour le personnage de Harry avait été James Cagney. Mais ce dernier refusa en disant qu'il avait pris sa retraite. Sûrement qu'Art Carney a remercié Cagney de son refus, car ce rôle a valu à l'acteur un Oscar pour sa performance ainsi qu'un Golden Globe la même année (1975). Tous les acteurs n'ont pas ce mérite. Il faut bien avouer que le jeu de Carney est fantastique et surtout extrêmement réaliste et vrai. Pour revenir à Mazursky, on constate dans ses commentaires à quel point il aime ses acteurs. Il en nomme beaucoup par leur nom et donne à chaque fois des détails sur leur vie ou leur origine, même des inconnus de la rue qu'il a accepté d'intégrer. C'est intéressant et surtout plaisant à entendre. On ressent sa passion.

Ce film est quasiment intemporel, redonnant ainsi un espoir à ceux qui s'imaginent que la vie s'arrête à 60 ans. Il faut savoir accepter les aléas de notre existence, les disparitions et les mauvais moments et savoir accueillir les situations qui nous apportent du bonheur ou simplement du plaisir l'espace d'un moment. Certes, plus facile à dire qu'à faire. J'avais un bon pressentiment en choisissant ce film et je ne le regrette pas. Je le reverrais volontiers de temps en temps et je regrette qu'il ne soit pas plus diffusé à la télévision. En trente ans, j'imagine que les opportunités ont dû se présenter. Si, comme moi, vous voulez découvrir un excellent film, pratiquement un "road movie" pour gens d'un certain âge (sans discrimination), vous ne devriez pas être déçu. Par contre, ne vous fiez pas trop à l'image du boîtier du DVD qui pourrait sous-entendre plus de grandes étendues américaines et la mythique route 66 en décor de fond, c'est en fait un passage furtif du film. Mais cela vaut la peine. Assurément.


Cotes

Film8
Présentation1
Suppléments4
Vidéo7
Audio6