Après presque dix années d'existence, l'industrie du DVD est maintenant bien établie dans les foyers, tant au Québec que partout à travers le monde. Alors que, pas plus tard qu'au passage de l'an 2000, les propriétaires de lecteurs DVD étaient considérés comme un peu étrange de revisiter des films sortis depuis belle lurette ou encore de choisir un titre parmi les quelques-uns disponibles au club vidéo, aujourd'hui un grand nombre de foyers québécois ont maintenant accès à cette technologie qui est accessible pour une poignée de dollars. Cette démocratisation de la technologie a permis au média DVD de s'installer comme nouveau standard pour la diffusion de films dans le contexte de cinéma-maison.
Afin de "célébrer" les dix ans de l'industrie, les différents studios et créateurs ont décidé de nous offrir une nouvelle guerre de format typique du désormais célèbre débat du Beta contre VHS. Voilà ainsi qu'en mai 2006, Toshiba et ses collaborateurs (dont Microsoft et Universal Studios) ont lancé le format HD-DVD afin d'offrir des films en haute résolution visuelle avec également une qualité auditive accrue. Pendant ce temps, Sony et ses partenaires ont mis de l'avant le format Blu-Ray, qui vient tout dernièrement de paraître. Alors qu'une grande guerre des formats s'installe, les consommateurs seront partagés entre ces deux formats. Afin de patienter jusqu'à ce qu'un format l'emporte ou jusqu'à la venue d'un nouveau format standard, les fanatiques de haute technologie (qu'on qualifie souvent en anglais de "early adopters") vont se rallier d'un côté ou de l'autre, ou encore des deux, afin de pouvoir profiter des films en haute définition. Retournons ainsi presque dix ans en arrière avec une liste très courte de titres disponibles, un format qui débute avec des lecteurs encore plutôt instables et des présentations visuelles et sonores qui peuvent encore s'améliorer compte tenu de ce que le format permet.
Parmi la liste de titres disponibles depuis le lancement du format HD-DVD, se retrouve "Serenity", le film de science-fiction se voulant une prolongation de la maintenant défunte série Firefly. Voici donc un choix tout de même intéressant de premier titre pour accompagner l'acquisition du lecteur, étant donné qu'il s'agit d'un film récent avec beaucoup d'effets spéciaux et une piste sonore dynamique.
Le film réalisé par le très productif Joss Whedon, plutôt connu du côté télévisuel avec des séries telles que Buffy The Vampire Slayer et Angel, raconte l'histoire de l'équipage du vaisseau spatial Serenity dans leur toute nouvelle fonction: protéger la jeune River Tam (Summer Glau) des griffes de l'Alliance et de leur mystérieux assassin (Chiwetel Ejiofor). Le pilote Mal (Nathan Fillion) et son équipe devront parcourir plusieurs contrées de l'univers afin de découvrir les racines de l'intérêt de l'Alliance envers la jeune River. Le film est ainsi une épopée spatiale assez classique tournant autour du thème tout aussi peu original de la colonisation par l'homme d'autres planètes. Dans la lignée de plusieurs autres titres du genre, Serenity nous présente une civilisation humaine en plein développement spatial avec bien sûr les nouveaux défis s'y rattachant. Le thème est tout de même bien campé et l'univers de Whedon intéressant.
Malheureusement, il est difficile pour un film basé sur une série de véritablement prendre son envol sans auparavant introduire les non-initiés aux personnages et à la mythologie de la série. "Serenity" débute donc avec environ une demi-heure d'introduction, ce qui enlève beaucoup à la possibilité de livrer une histoire étoffée dans l'heure et demie restante. Le résultat est une trame narrative quelque peu bâclée qui prend du temps à s'envoler et qui se termine beaucoup trop abruptement alors qu'on commence à s'intéresser à l'histoire et à s'attacher aux personnages. La présence d'effets spéciaux tout de même intéressants compte tenu du budget limité du film (un bien mince quarante millions de dollars, presque le tiers de Star Wars Episode III) vient tout de même ajouter à l'intérêt du spectateur. Si le film réussit à quelque part, c'est surtout en donnant le goût aux non-initiés de visionner la série Firefly, dont je vous invite à consulter la critique.
Voici maintenant le temps d'établir pour la toute première fois de ce site une critique technique pour les titres HD-DVD. Compte tenu que le format est tout récent, il sera assez difficile de pouvoir comparer la présentation visuelle et sonore à ce que le format pourra nous offrir dans le futur. Notons toutefois que le film a été comparé à quelques autres titres HD-DVD qui seront critiqués au courant des semaines à venir.
Du côté visuel, le film est présenté dans son format d'origine 2.35:1, bien évidemment optimisé pour les téléviseurs panoramiques, il en va de soi pour le nouveau format. La qualité visuelle est somme toute très impressionnante. Plusieurs scènes extérieures nous présentent de belle façon ce que le format peut offrir, et ce, dès les premiers instants du film. Outre quelques brefs moments où une quantité importante de grain est présente à l'écran, l'essentiel du film nous est présenté dans une qualité qui laisse loin derrière la version DVD déjà disponible. Les couleurs sont brillantes, les noirs très prononcés et le niveau de détail est vraiment impressionnant. La quantité d'information présente dans certains plans tient du fantastique à côté de ce que nous sommes habitués de voir en DVD. Une bien belle façon d'exploiter à plein les nouveaux téléviseurs haute définition. Notons que cette critique est basée sur une présentation sur un écran LCD affichant l'image en format 720p, laissant encore de la place à une meilleure qualité pour les téléviseurs natifs au format 1080i.
Du point de vue sonore, le film est accompagné de pistes Dolby Digital Plus 5.1 en anglais, français et espagnol. Il est à noter que pour profiter de la qualité maximale de la piste, il faut utiliser les sorties analogiques du lecteur. Les sorties numériques traditionnelles du Toshiba HD-A1 diminuent la piste au format DTS. La bande passante accrue du nouveau format (presque le triple de ce qu'offrait le Dolby Digital traditionnel) permet une richesse sonore inégalée jusqu'à maintenant. Certaines scènes du film utilisent de façon intensive cette nouvelle capacité en alliant une musique complète et plusieurs effets spéciaux, et ce, dans un grand registre sonore. À plusieurs moments, on a véritablement l'impression de redécouvrir le cinéma-maison en s'esclaffant devant certains effets. Souvenez-vous comment vous avez adoré visionner, par exemple, The Matrix lors de sa sortie au format DVD, et bien cette joie de découvrir de nouvelles possibilités est de retour avec le HD-DVD. Une bien belle surprise d'ailleurs, alors que la majorité des nouveautés techniques semblaient être axées vers le côté visuel.
Un des autres grands avantages du format est sans aucun doute la possibilité d'afficher les menus de façon simultanée au film. Les titres de Universal semblent tous utiliser pour l'instant le même style de menus, quelque peu transparent et présenté à la gauche de l'image. Il est très intéressant de pouvoir accéder à la sélection des scènes, aux options sonores et au choix des suppléments tout en laissant le film à l'arrière. La navigation est de cette façon également accélérée sans la plutôt ennuyante attente entre les écrans des DVD traditionnels.
Du côté des suppléments, on retrouve heureusement et malheureusement les mêmes extras que sur l'édition régulière. Heureusement parce que les scènes inédites, les bloopers, les quatre courts documentaires et la piste de commentaires de Joss Whedon offerts sont intéressants et amènent une quantité d'information suffisante sur le film. Malheureusement parce qu'aucun supplément ne prend avantage des nouvelles capacités techniques du format (présentation image sur image pendant le film d'un supplément, affichage dynamique d'informations de façon très graphique, présentation de suppléments utilisant la connexion Internet, etc.) et que chacun est présenté en résolution DVD normale. Notons toutefois que les courts documentaires sont les suivants: "Joss Whedon Introduction", une présentation du film par le réalisateur, "Future History - The Story of Earth That Was", qui traite de la création de la série, "Re-Lighting the Firefly" qui nous présente les événements qui ont permis au film de naître malgré le peu de succès de la série et finalement "What's in a Firefly" qui traite plutôt des véhicules du film et des effets qui leur sont reliés. La piste de commentaires est quant à elle très intéressante, dans la lignée de ce que Joss Whedon est en mesure de nous offrir. Le créateur est très attaché à ses œuvres et il en parle toujours avec beaucoup d'intérêt.
Au bout du compte, "Serenity" est un film intéressant qui se démarque par contre peu du lot, mais qui intéressera sans doute plusieurs personnes à découvrir la série. Cette édition HD-DVD montre bien tout le potentiel que le format possède, bien qu'il est toutefois décevant de ne pas avoir pu se mettre sous la dent des suppléments actualisés aux nouvelles capacités.
Il ne reste maintenant qu'à espérer que d'autres séries maintenant disparues se voient offrir le traitement du grand écran... "Roswell: The Movie"... on peut bien rêver!
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |