Le Paradis sur Terre
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Deepa Mehta
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 106 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Punjani/Anglais (DD51, D20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159038681

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
23 mars 2009

Deepa Mehta est une réalisatrice engagée. Pratiquement tous ses films traitent de situations déplorables qui se déroulent en Inde ou au Canada. "Le paradis sur terre" continue cette démarche dénonciatrice en se voulant moins tape-à-l'oeil que son précédent Water.

Chand (Preita Zinta) vient de quitter l'Inde pour le Canada afin d'aller épouser Rocky (Vansh Bhardwaj), un homme qu'elle n'a jamais vu. Ce changement de lieu et de territoire ne sera pas toujours aisé. Le climat est glacial, son nouvel emploi ne se veut pas particulièrement attrayant et sa famille d'adoption est loin d'être toujours gentille. Surtout son nouveau mari n'hésite pas à la frapper pour des riens. Entre rester et s'émanciper, le choix est loin d'être évident.

Ce film multiplie des thèmes forts et importants tels l'honneur et la famille, la soumission et la liberté, les traditions et la modernité. Ce qu'il décrit fait fortement réagir et sa charge est pratiquement impossible à éviter. Le long-métrage offre surtout la chance à Preita Zina de briller avec son visage angélique et son corps qui ne peut se dérober aux coups. Elle est la pierre angulaire du récit, cette petite lueur d'espoir dans un univers sombre et terne. Elle est accompagnée d'une excellente distribution secondaire, dont un terrifiant Vansh Bhardwaj qui ne se ferra pas beaucoup d'amis.

Le projet est cependant misérabiliste. Les pleurs sont de la partie, tout comme les situations lourdes qui s'avèrent suffocantes. Les personnages sont également dichotomiques, avec ces gens très méchants et cette héroïne plus que parfaite. Rajoutez à cela une mise en scène qui ne casse rien et vous obtenez une production qui veut changer le monde et qui n'y va pas toujours de façons très subtiles. En contrepartie, le douloureux réalisme est accompagné d'une échappatoire en rêve et en légende. Cette évasion est la bienvenue, et ce, même si cela signifie une émergence de symboles et de métaphores appuyés.

Les images précises sont accompagnées de couleurs distrayantes, de contrastes intéressants, mais un peu sombres, et d'un grain parfois trop présent. Quelques séquences s'affichent dans un très élégant noir et blanc, un procédé qui existe afin de clairement différencier les états d'esprits des personnages. La musique est parsemée de chants indiens, de rythmes vibrants et d'airs plus lancinants évoquant le suspense. Les pistes sonores aiment bien prendre d'assaut les enceintes situées sur les côtés (par des bruits d'applaudissements, de klaxons, de télévision, d'eau, etc.) tout en s'assurant que les dialogues soient toujours clairs. Au besoin, il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais.

La jolie pochette représente le visage hypnotique de Preita Zinta, des fleurs reposantes... et une terrible menace qui prend l'aspect d'un serpent. Le menu principal du DVD utilise à nouveau ces fleurs, qui tournent cette fois sur leur axe au son d'une mystérieuse mélodie indienne. Mis à part l'honnête bande-annonce originale, les suppléments prennent l'allure d'un trio. Il y a 40 minutes de répétitions où huit personnes apprennent et répètent leur rôle. Ce segment qui traîne un peu en longueur permet d'en savoir plus sur les comédiens dans leur élément naturel. Il y a ensuite un documentaire de 16 minutes sur le tournage. Les acteurs discutent de la cinéaste et de sa personnalité, alors que le rôle de la musique et des thèmes sont abordés par la bande. Le bonus le plus intéressant demeure toutefois la piste de commentaires narrés par Deepa Mehta. Ses propos, très descriptifs, n'épargnent aucun détail, et ce, même si son accent est à trancher au couteau.

Moins spectaculaire, mais sans doute plus riche que son précédent Water, "Le paradis sur terre" préfère en donner plus que moins. Ce qu'il décrit mérite le changement et l'actrice principale est merveilleuse, sauf qu'à force de la faire souffrir, le film devient rapidement lourd et il est à un doigt à verser dans le pathos. Lorsque le vibrant message prend le pas sur la subtilité.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo6
Audio7