Hellboy II: The Golden Army
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Guillermo del Toro
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 120 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DVS), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 novembre 2008

Extension plus comique et plus explosive du premier volet, "Hellboy II: The Golden Army" mélange les préoccupations poétiques de son auteur à une sauce spectaculaire purement estivale. Rien pour révolutionner les films de super-héros comme The Dark Knight, mais beaucoup plus de plaisir que chez Hancock ou The Incredible Hulk.

Hellboy (Ron Perlman), sa flamme Liz (Selma Blair) et leur comparse aquatique Abe (Doug Jones) reprennent du service. Ils doivent cette fois se frotter à des jumeaux vieux comme le monde dont le Prince Nuada (Luke Goss) qui aimerait bien mettre la main sur une couronne afin de faire revivre une armée dorée invincible. Une nouvelle confrontation épique se tiendra et le gagnant pourra choisir de sauvegarder ou de détruire la planète.

Entre deux projets plus personnels, le cinéaste Guillermo del Toro aime bien réaliser une superproduction qui se différencie nettement des autres projets hollywoodiens. Sorte de suite qui n'a presque rien à voir avec l'original, "Hellboy II: The Golden Army" arrive à une époque où les affrontements entre les bons et les méchants font rage. Sans rien bouleverser, le créateur du très bon L'échine du diable offre un scénario reprenant des concepts éprouvés: la sauvegarde de l'humanité et des gentils démons qui ne se sentent pas toujours appréciés de l'espèce humaine.

Contrairement à Spider-Man ou à X-Men, l'humour est une des dirigeantes du récit. Sans ces touches comiques, l'effort ne serait pas aussi réussi. Hellboy mitraille ses jeux de mots et ses répliques sarcastiques à un rythme d'enfer. Habitué de la dérision, Ron Perlman s'en sort sans broncher. Son duo avec Abe atteint des sommets lors d'une improbable séance de beuverie et d'un chant à l'unisson! Face à eux, la jolie Selma Blair ne fait pas toujours le poids et son personnage s'éclipse graduellement. C'est l'inquiétant Luke Goss qui prend beaucoup de place grâce à son flamboyant jeu physique.

L'action est bien entendu au rendez-vous. Elle est présente par les attaques d'insectes malins et les séances de destruction, mais également par des duels à l'épée. Un peu à la façon d'un Hero, les corps se frôlent en mettant la gravité à l'épreuve. Des scènes spectaculaires qui se veulent cependant répétitives. À mi-chemin, l'alternance entre le rire et les séquences musclées finissent par être mécaniques, et la prémisse plus ou moins inspirée n'arrive pas à insuffler de la nouvelle eau au moulin.

Le style particulier de del Toro amène cependant de la personnalité et de l'authenticité à l'effort final. Son obsession pour les bibittes de tout genre est connue et il laisse son imagination le guider. Quelques fois, le résultat ressemble à une variation de son sublime Le labyrinthe de Pan et ce n'est pas plus mal. Très souvent, il surprend en offrant des surprises poétiques et philosophiques. De ce côté, difficile ne pas se rappeler cette formidable fleur qui explose un peu de la façon que l'âme suprême dans le grandiose Princesse Mononoke d'Hayao Miyazaki.

Surtout que les décors gothiques sont toujours à la hauteur. Le monde des hommes est froid, alors que celui des bêtes se veut doré. Ce mélange entre le bleu et l'or met la jolie photographie à l'épreuve, tout comme les milliers de détails au sein des images généralement fastes. Les contrastes sont également primordiaux avec ce règne de la pénombre qui se veut habituellement homogène. Ce n'est pas sans tache comme dans l'attrayant et mésestimé Speed Racer, mais l'atmosphère déployée s'avère tout à fait adaptée au genre. Les différentes pistes audio sont d'excellente qualité, avec ces multiples haut-parleurs qui regorgent de sons divers (explosions, pluie, vent, grognements d'animaux, hélices, etc.). L'action se multiplie dans le salon et les seules personnes qui pourraient se plaindre sont les voisins dérangés! La musique est propre à l'univers fantaisiste de Danny Elfman qui, contrairement à ses efforts réalisés sur l'incroyable "Standard Operating Procedure", n'arrive pas ici à créer plusieurs tours de magie. Ce n'est pas si grave, tant que les dialogues s'entendent aisément. Et c'est le cas! En plus, il y a de superbes sous-titres blancs qui sont au rendez-vous.

Même s'il existe une édition spéciale de trois disques, cette version d'un seul DVD est loin d'être désagréable. L'image sur le boîtier montre le protagoniste qui semble en rogne contre le monde entier. Après quelques publicités, le menu principal s'ouvre sur un montage expert de scènes et d'entités qui apparaissent et disparaissent dans une jungle laboratoire. Le tout est bercé d'une mélodie très active et énergisante. Il faut souvent séparer les suppléments comme le bon grain de l'ivraie. Il y a tout d'abord sept courts segments montrant le réalisateur et les comédiens sur le plateau de tournage. Rigolo à défaut d'être très explicatif. Par la suite, Guillermo del Toro fait visiter le royaume des Troll en s'attardant aux détails et aux légendes. Plaisir éphémère pour amateur du genre. Le tout continue avec six courtes scènes supprimées assez humoristiques où le metteur en scène raconte pourquoi il a décidé de les laisser de côté. Le périple fait un détour vers cet épilogue animé de cinq minutes présentant les premiers faits d'arme du personnage de Zinco. L'intérêt atteint un sommet avec ces trois pistes de commentaires. La première s'adresse à un public non-voyant. Un narrateur décrit l'action en s'effaçant lorsque les dialogues se font entendre. Une excellente idée! La seconde est narrée par le cinéaste qui n'hésite pas une seconde - de sa voix claire et précise - de présenter l'univers en faisant des comparaisons avec le premier Hellboy qu'il trouve beaucoup moins personnel. Voilà des propos riches et intéressants qui amènent un peu plus de profondeur à l'ensemble. La troisième piste permet aux acteurs Jeffrey Tambour (qui incarne Tom Manning), Luke Goss et Selma Blair de décrire l'ouvrage en s'attardant sur leurs scènes favorites et des anecdotes de tournage. Plus superficiel, mais sans doute plus drôle et serein.

Tout cela fait donc de ce deuxième Hellboy un long-métrage de super-héros un peu supérieur à la moyenne. Sans doute pas aussi tonitruant qu'Iron Man, mais nettement plus stylisé que l'affreux monstre vert. Lorsque le cinéma populaire rime avec qualité.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio9