Hercules est certainement un des personnages les plus connus de la mythologie grecque (et romaine). Son aventure la plus célèbre est certainement ses douze travaux; après avoir tué sa famille, dans un élan de folie causé par la déesse Héra, l'oracle de Delphi annonce à Hercules qu'il n'aura la rédemption que lorsqu'il aura complété dix travaux (devenu douze, pour cause de tricherie). En plus de cette histoire célèbre, on retrouve Hercules un peu partout dans la mythologie; il fait entre autres partie des Argonautes qui accompagnent Jason lors de sa quête de la Toison D'Or. Évidemment, le cinéma y est allé de plusieurs versions du héros, une des plus célèbres étant certainement celle de Steve Reeves dans les années 50. Le gouverneur Schwarzenegger a aussi interprété le héros, lors de son tout premier film en 1969 Hercules in New York. Plus récemment, on a vu Disney s'attaquer au mythe, avec une animation en 1997. Mais, pour ceux qui aime l'humour, l'action, les références obscures à la mythologie et, surtout, le ridicule, c'est Kevin Sorbo qui en représente l'ultime incarnation. La critique présente s'attarde à une version moins connue du héros: celle qu'en fait Lou Ferrigno, mieux connu pour son rôle de Hulk.
Le premier film, "Hercules", nous présente tout d'abord les débuts de la vie d'Hercules (Lou Ferrigno), nous expliquant ainsi la raison de son existence, ainsi que les circonstances de sa relation avec les dieux. L'histoire principale l'oppose au roi Minos (William Berger) qui, avec l'aide de sa fille Adriana (Sybil Danning), kidnappe la princesse Cassiopea (Ingrid Anderson), dont Hercules est épris. À l'aide de la sorcière CIrce (Mirella D'Angelo), celui-ci tentera de la libérer en subissant une série d'épreuves fomentées par Minos et des dieux dissidents. Le deuxième film, intitulé fort imaginativement "The Adventures of Hercules", a lieu quelque temps après le premier. Des suites du vol de ses sept éclairs par des dieux rebelles, Zeus (Claudio Cassinelli) réincarne son fils Hercules pour les lui retrouver. De leur côté, les quatre dieux ressuscitent le roi Minos pour opposer une résistance de taille au champion de Zeus.
Bien que certains éléments de la mythologie classique soient présents dans l'histoire, aucun évènement ou chronologie précis n'est respecté. Par exemple, on y voit certains des douze travaux, mais sans que ce soit dans le contexte où ils sont habituellement racontés. Le plus amusant est de voir les bêtes fantastiques que Hercule doit combattre; au lieu que ce soit de vrais monstres, ce sont des engins mécaniques, fabriqués par Adriana. Pour les deux films, les intrigues principales sont fabriquées de toutes pièces, et il est à se demander pourquoi ne pas avoir inventé un nouveau personnage, au lieu de raconter n'importe quoi à propos d'un des plus connus. Mis à part les libertés "mythologiques", les scénarios sont totalement illogiques et invraisemblables. Pourquoi faire revivre le roi Minos, un mortel, pour contrer un demi-dieu, alors que la puissance de quatre dieux aurait été nettement plus productive? Le film est bourré de ces drôles de choix, n'ayant pour but que de servir l'action. En plus de tout ça, les décors, les costumes, le jeu des acteurs, les dialogues et la photographie sont des plus mauvais. Le seul point positif est la beauté des actrices féminines, et on en revient rapidement... Notons finalement qu'encore une fois, seul le personnage Hercules est appelé par son nom latin; tous les autres le sont par leur nom grec (Zeus, Héra, Aphrodite, etc.). C'est généralement le cas, notamment avec toutes les incarnations sur le petit et grand écran; il aurait été bien que, pour une fois, on l'appelle Héraclès...
Les films ont été tournés en Italie, et à part quelques acteurs principaux, tous les comédiens sont Italiens. Ainsi, puisque le film est en anglais, les voix ont toutes été doublées par la suite, sauf quelques-unes. Malheureusement, le mixage des voix a été horriblement mal fait, et le résultat est loin d'être convaincant. On remarque immédiatement les changements et parfois même le mauvais synchronisme. De plus, le fait que le son est étouffé dans son ensemble ne contribue pas à améliorer le tout. Quant aux dialogues, ils sont enregistrés un peu plus faiblement que la musique et les effets, ce qui, par endroits, peut être désagréable. Bref, le résultat final est plutôt mauvais. L'aspect visuel est beaucoup plus impressionnant; il semblerait que MGM ait choisi de compenser les lacunes sonores en s'attardant davantage à cet aspect (où peut-être le matériel source était-il moins endommagé visuellement). Les couleurs sont vives, et l'image est nette. De plus, les tons de noirs sont profonds et bien gradés. Ce niveau de détail a cependant des désavantages; les effets visuels de piètre qualité sont encore plus saillants... Le DVD ne nous propose aucun supplément, pas même une bande-annonce. Les menus sont statiques, sans effets sonores ou musique de fond.
Bien que ces films soient nettement plus intéressants que Sinbad of the Seven Seas, seuls les admirateurs de Lou Ferrigno pourront y trouver leur compte. Quant à l'aspect mythologie, il est complètement perverti, et les libertés prises sont ridicules et irrationnelles.
| Film | 3 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 3 |