Hidalgo
Widescreen Edition
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: Joe Johnston
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 136 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon François Langevin
7 août 2004

Quand vos passions sont le cinéma et les effets spéciaux, que le design final des personnages de "Yoda" et "Boba Fett" sont de vous, que vous êtes le directeur artistique "d'Industrial Light & Magic" et responsable des effets spéciaux de Raiders of the Lost Ark, Return of the Jedi et The Empire Strikes Back, il y a des chances que l'on vous offre de diriger un film à effets spéciaux. C'est exactement ce qui arriva à Joe Johnston qui se vit confier la réalisation du film Honey, I Shrunk the Kids des studios Disney en 1989. Il récidiva quelques années plus tard avec The Rocketeer, puis Jumanji. Tout dernièrement, il s'est vu confier la direction du film "Hidalgo", un des premiers blockbusters de l'été 2004 et où les effets spéciaux occupent, encore une fois, une place de choix.

Ce film raconte l'histoire de Frank T. Hopkins (Viggo Mortensen), cavalier mulâtre qui, suite au massacre d'une tribu indienne par l'armée américaine, cherche l'oubli dans le refuge de l'alcool. Il est devenu une des attractions du cirque de "Bill Cody's Wild West" où lui et son fidèle cheval mustang espagnol prénommé Hidalgo y présentent un numéro hippique. Quand la réputation de meilleur cheval de course d'endurance au monde de notre poulain vient aux oreilles du scheik Riyadh (Omar Sharif), ce dernier offre au cavalier une chance réelle de prouver que sa monture est vraiment la meilleure qui soit en lui proposant de participer à une course de 3000 milles à travers l'immensité désertique d'Arabie mieux connue comme l'océan de feu et dont la récompense offerte au gagnant peut ouvrir les portes de la richesse.

Ce film est d'un esthétisme à couper le souffle, mais son scénario a le souffle court. Cette course de 3000 milles nous donne plus l'impression d'en être une de 300. Pendant la chevauchée, on assiste à un putsch bédouin, ce qui vient littéralement casser le rythme du film. De plus, certains dialogues sentent le réchauffé et la banalité du sujet nous laisse indifférents. C'est bien dommage qu'on ait greffé des petites histoires anodines autour de cette grande course dans le but d'en étoffer le scénario. Au lieu de faire du cow-boy et de sa monture l'épicentre du film, c'est la course elle-même qui aurait dû recevoir cet honneur. On aurait pu développer les personnages des autres concurrents (ils sont 300 au départ) et nous donner ainsi les aspirations et les motivations qui les poussent à risquer leur vie dans cette folle aventure. Ce qui aurait pu devenir un film de signature en est un de recettes où l'éloge de la fuite et celle de la rédemption sont les moteurs qui permettent le dépassement de soi et des autres.

L'image a été transférée via les nouveaux standards THX. Il me semble cependant que le débit binaire de ce transfert n'est pas très élevé, car l'image m'apparaît un peu pâle et elle est granuleuse de temps à autre. Des effets de tramage sont également apparents de temps à autre. Par contre, on a droit à des couleurs riches et bien saturées rendant certains panoramiques simplement hallucinants. Sans compromettre la splendide cinématographie signée Shelly Johnson, ce transfert se veut dans la norme, mais avec l'utilisation des nouvelles normes du milieu, on aurait pu espérer mieux. L'aspect sonore est de très bonne qualité. On a droit à des trames de langue anglaise, française et espagnole. De plus, une trame DTS vient compléter le tout. L'ambiophonie est très grande et l'utilisation des canaux arrière est fréquente que ce soit par des bruits de train, coups de feu, tempête de sable et sabots de chevaux. Cette tempête de son nous trempe vraiment dans l'ambiance de cette chevauchée. Petit bémol, cette trame aurait pu avoir des basses plus creuses pour y donner un zeste plus explosif. Les dialogues et les voix sont parfaitement audibles sauf à de très rares occasions où Viggo Mortensen parle à voix basse et nous baragouine la recette du café version cow-boy. La splendide trame musicale composée par James Newton Howard s'harmonise parfaitement au désert et à cette chevauchée. Son mixage à la trame sonore est parfait. À noter que le sous-titrage m'apparaît incomplet. Je m'explique; il arrive fréquemment que les bédouins se parlent entre eux. La plupart du temps, des sous-titres adéquats nous permettent de comprendre les propos échangés alors que par moments, on a droit à des sous-titres indiquant que les gens s'expriment dans un dialecte autochtone.

Le menu principal de ce film est statique et nous présente un Viggo Mortensen poussiéreux. Les sous-menus nous montrent un Viggo Mortensen tentant d'échapper à une tempête de sable. Une doucereuse musique évoquant le film nous accompagne dans nos sélections. La navigation entre les différentes options y est triviale. Belle réussite que ce menu! Côté suppléments, on a pu y mettre les extras que l'on pouvait, car il ne devait pas rester grand place sur ce DVD quand on prend compte de la durée du film de 136 minutes (ce qui peut expliquer le faible débit binaire lors du transfert) et du nombre de trames sonores disponibles. Le boni principal s'intitule "Sand & Celluloid" qui nous présente les coulisses du film. On fait un survol sur sa réalisation et sur la véracité de l'histoire d'Hidalgo. Quelques bandes-annonces viennent compléter ce segment. Un supplément DVD-ROM s'y trouve également et s'intitule "America's First Horse". D'une durée approximative de 20 minutes, on y explique l'origine des mustangs espagnols. Des tests audio et vidéo peuvent également être perpétrés contre votre cinéma maison en accédant à des tests d'optimisation THX via le sous-menu "Set-Up". Un encart de quelques pages présente les chapitres du DVD ainsi qu'un résumé des deux suppléments principaux. Ah oui, pour les chasseurs d'œufs de Pâques, sachez que vous pouvez entendre le témoignage d'autochtones sur la légende d'Hidalgo si vous réussissez, bien sûr, à le dénicher.

"Hidalgo" est un bon film qui aurait pu être un grand film. En cherchant à plaire à tous, il s'est égaré dans les dédales du compromis et du cliché. Tributaire des majors Hollywoodiens, on a droit à du cinéma de recette où les ingrédients principaux du blockbuster s'y retrouvent que ce soit les effets spéciaux, l'action où bien un scénario aseptisé, linéaire et prévisible. Le film aurait pu s'inspirer du très beau Bite the Bullet, lequel décrit une folle chevauchée à travers l'ouest américain et qui permet à l'auditeur de s'imprégner de cette course et de la vivre. Au lieu de ça, on utilise un décor exotique pour y présenter une version longue distance de Seabiscuit avec un cavalier qui étrangement, a le même mal de vivre que Tom Cruise dans Last Samourai. Il en demeure pas moins qu'"Hidalgo" vaut la peine d'être visionné, ne serait-ce que pour ses images de cartes postales ou pour sa mielleuse musique, mais aussitôt le dénouement de la course connu, ce film sera relégué aux oubliettes.

L'effort fait par Buena Vista pour ce DVD est à souligner, mais un peu à l'image du film, cette édition est un compromis entre une édition simple où une plus étoffée de 2 DVD. J'ai la vague impression que la compression des transferts vidéo et audio a été légèrement amputée pour faire la place aux quelques timides suppléments.


Cotes

Film6
Menu8
Suppléments3
Vidéo8
Audio8