Hobo With a Shotgun
Alliance / Rhombus

Réalisateur: Jason Eisener
Année: 2011
Classification: R
Durée: 87 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 2 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935400196

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 juillet 2011

Qui a dit que le cinéma du Canada anglais ne pouvait pas offrir des films violents, sans classe et sans morale? "Hobo With a Shotgun" prouve le contraire en mettant l'hémoglobine et la cruauté sur un piédestal. Oui, ça va faire mal!

Il faut faire attention lorsqu'on habite dans les grands centres urbains. La police est corrompue, les truands font la loi, des gens perdent la tête (au propre comme au figuré) et les filles n'ont parfois aucun autre choix que de faire le trottoir. Devant toute ces violence généralisée, un sans-abri (Rutger Hauer) décide de prendre les armes et d'éliminer la vermine, une balle à la fois.

Bande-annonce conçue pour le projet Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, "Hobo With a Shotgun" obtient son propre film par l'entremise du réalisateur Jason Eisener. Le long-métrage qui respecte complètement ce genre de production de série B fauchée et malsaine paye un hommage sincère et vigoureux aux essais de vengeance des années 1970. La vision apocalyptique est prédominante, le mauvais goût coule à flot et ce sont les plus forts qui en sortiront gagnants. Cet exercice musclé à mi-chemin entre Sin City et Machete ne gagnera pas un prix pour sa subtilité. Sauf que l'effort s'avère particulièrement drôle et mouvementé. Même si le récit demeure répétitif et un peu poussif, il n'est pas rare de rire aux larmes devant ce déluge de balles et de corps éclatés où le méchant de Blade Runner, Rutger Hauer, en prend pour son rhume. En prime, le spectateur a même droit à des discours édifiants sur la tolérance envers les sans-abri, ce qui en fait une œuvre tout à fait d'actualité pour le public montréalais.

L'image stylisée est un plaisir de tous les instants pour la rétine. Le grain volontaire fait bon ménage avec les couleurs saturées, des contrastes riches et des teintes détaillées qui font rapidement oublier la présence de blocage. Les pistes sonores sont plutôt actives, surtout celle anglophone en Dolby Digital 5.1 qui utilise les enceintes afin d'y faire exploser des bruits de balles, d'explosions, de corps qui se déchirent et de gens qui crient. Le doublage francophone assuré au Québec est de bonne qualité et les voix s'entendent convenablement.

Un soin particulier a été apporté à la présentation. La pochette en carton ressemble à celle des vieux Stars Wars, elle s'ouvre pour donner une image en relief plutôt kitch et le boîtier comprend quelques cartes postales. Le menu principal du DVD offre un spectaculaire montage de scènes sur une musique psychotronique. Le premier disque comporte de nombreuses séquences attrapées ici et là lors du tournage (elles totalisent plus de 105 minutes et il n'y a rien de véritablement intéressant) et une pertinente piste de commentaires du réalisateur, du scénariste John Davies, du producteur Rob Cotterill et du créateur de la bande-annonce originale David Brunt. Les quatre hommes savent s'amuser aux bons moments tout en redevant le moindrement sérieux lorsque c'est important et leurs échanges méritent le détour. On retrouve sur le second disque un documentaire exhaustif de 45 minutes qui ressasse la naissance du projet à sa mise à jour, trois séquences inédites plus ou moins convaincantes, une nouvelle fin beaucoup plus inquiétante, neuf vidéos assez cocasses du metteur en scène, des tests de caméra qui ne servent à rien, des entrevues en profondeur avec Rutger Hauter et Jason Eisener, une courte présentation de ces deux mêmes individus qui se retrouvent dans un lit (!), la jubilatoire bande-annonce qui se retrouvait dans Grindhouse, une seconde fausse bande-annonce sur un délire du nom de "Van Gore (!!) et plusieurs publicités diffusées sur les chaînes américaines et canadiennes.

"Hobo With a Shotgun" est définitivement un plaisir coupable. Ce n'est pas à proprement parlé un bon titre, mais un condensé de désirs inavoués qui peut enfin ressortir en toute légitimité. À conserver hors de la portée des enfants et des mamans, sauf que puisque la période de Fantasia va bientôt débuter, pourquoi ne pas en profiter?


Cotes

Film6
Présentation8
Suppléments8
Vidéo8
Audio8