Calvaire
Palm Pictures / DEP Distribution

Réalisateur: Fabrice Du Welz
Année: 2004
Classification:
Durée: 88 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
29 octobre 2006

La Belgique ne se limite pas seulement aux œuvres des frères Dardenne. Il y a de multiples réalisateurs qui cherchent à s'échapper de l'ombre en offrant des films qui sortent des chemins battus. En voulant concurrencer des marchés saturés comme les États-Unis et la France sur le domaine des produits horrifiques, le "Calvaire" de Fabrice du Welz se devait d'être intrigant. Et il l'est. Un peu trop, d'ailleurs.

Pendant la période des Fêtes, Marc (Laurent Lucas, toujours parfait) décroche un contrat pour aller chanter dans une ville. Sur son chemin, sa voiture tombe en panne. Il est rapidement aidé par un homme solitaire qui l'installe dans sa maison. La réparation de l'engin ne devrait pas tarder, mais soudainement, la raison s'affaisse et le cauchemar débute pour notre héros qui ne comprend plus rien à rien...

Comme la majorité des films de Michael Haneke ou de Bruno Dumont, les impressions de départ envers "Calvaire" peuvent être faussées. La première partie instaure un climat de tension, un suspense terrifiant dominé par des acteurs plus vrais que nature. La seconde surprend et dérange énormément. Les êtres humains ne sont pas si sains, des cris de porcs glacent le sang et la terreur est vive. Plus traumatisant qu'horrifiant, ce long-métrage s'apparente énormément à l'univers de Deliverance. Un bois peu recommandable, des hommes seuls pendant trop longtemps et aucune limite à la perversité. La psychologie des personnages jongle avec le dédoublement de personnalité et les emprunts à Psycho sont évidents. Le manque d'amour est effarant et il détruit l'organisme de l'intérieur. La folie imperturbable arrivera tôt ou tard et elle risque de bien convenir aux fans de David Lynch ou aux amateurs de zombies. L'originalité est à son comble... et il faudra multiplier les visionnements pour réellement adhérer à la vision inconfortable, brute et sans morale de Fabrice du Welz.

La texture des images est fine et précise. Les reflets sont nombreux et la couleur amène une atmosphère lugubre, un ton particulier et inusité. La qualité des contrastes est excellente et la clarté extérieure ne se mélange pas aux zones plus noires. Les décors sombres se veulent réalistes et les très beaux paysages ruraux englobent rapidement le protagoniste. Les qualités audio sont plus subtiles, moins évidentes. L'utilisation des haut-parleurs situés sur les côtés est discrète, il n'y a rien qui fait sursauter de son siège. La musique se fait extrêmement rare. Une chanson macabre et inquiétante se fait entendre dans une scène clé et décisive. La qualité des voix est exemplaire et les sous-titres anglophones blancs demeurent très voyants.

Les différentes teintes de rouge de la pochette sont très jolies et ces ombres errantes annoncent favorablement le calvaire que vivra le personnage principal. Le menu principal du DVD offre un montage effrayant de scènes et une musique cacophonique des plus lugubres. Émotions assurées. Les icônes sont claires, il est très difficile de se perdre. Les suppléments comportent un plat principal très nutritif. Un documentaire de 27 minutes propose une séquence de tournage en temps réel. Le reste du temps, c'est le réalisateur qui parle de ses influences (Un soir, un train, Roman Polanski), de sa distribution, des décors épurés et de certaines scènes utilisées pour épargner de l'argent. C'est peu... mais c'est tellement mieux que les apéritifs en guise d'amuse-gueule. Une section propose des liens électroniques. Il y a des publicités de différents films de la compagnie Palm Pictures (le 13 Tzameti s'annonce mémorable) et une bande-annonce originale assez réussie qui introduit les différents éléments sans trop dévoiler de surprises.

Le périple de "Calvaire" pour se rendre au Québec a été long et tortueux. Il a été présenté au Festival du Nouveau Cinéma en 2004, il n'y a jamais eu de sortie officielle en salle et le DVD est arrivé au courant de 2006. Si l'expérience ne convient pas à tout le monde et que les suppléments sont pauvres, il faut admettre l'audace et l'originalité de Fabrice du Welz. Les cochons ne seront plus jamais regardés de la même façon.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments4
Vidéo8
Audio7