The Crazies [Blu-ray]
Alliance Films

Réalisateur: Breck Eisner
Année: 2010
Classification: 18A
Durée: 101 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (PCM51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-25 + DVD-5)
Code barres (CUP): 065935837282

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
18 avril 2011

Un film après l'autre, Hollywood nous démontre que ses dirigeants n'ont plus d'imagination. On voit sans cesse des relectures pointer le bout de leur nez en appréhendant le pire, surtout depuis Halloween II et, bien avant, Godzilla. Même la télévision subit les contrecoups de ces décisions économiques quand on pense à Beverly Hills 90210, Knight Rider et autres sous-produits. De temps à autre, néanmoins, il arrive un petit bijou remettant les pendules à l'heure pour nous souffler qu'il est parfois bon de reprendre une vision originale et la ramener au goût du jour. C'est le cas de "The Crazies", repris du film peu inspiré de George A. Romero, passé depuis lors au statut de film culte (pour une raison qui me dépasse).

Ogden Marsh est une petite communauté sans histoire. Les citoyens y coulent des jours plutôt tranquilles. Lors d'un match de base-ball, le shérif est forcé d'abattre un homme armé menaçant de s'attaquer à n'importe qui. Après les résultats de l'autopsie, on lui révèle que rien ne clochait chez lui, qu'il a simplement détraqué pour une raison inconnue. À la suite de ceci, le shérif décide d'enquêter sur un accident d'avion ayant eu lieu plus tôt, où il découvre la carcasse d'un engin militaire dont le produit se déverse dans la réserve d'eau potable. Bientôt, de plus en plus de gens tombent sous l'emprise du liquide et les quelques survivants devront s'unir s'ils veulent rester en vie et quitter la ville... tout en évitant les détraqués.

Déjà l'original de Romero ne planait pas très haut en terme d'innovation, de suspense ou d'acting. Ici, Breck Eisner reprend les rênes et s'attelle à une relecture réussie dans tous les cas. Malgré un propos quelque peu appuyé et des éléments redondants et prévisibles, l'ensemble demeure cohérent et se distingue parmi les remakes qui ne devraient pas avoir honte de l'être. En effet, la réalisation est alerte et adéquate, l'interprétation conserve une crédibilité intéressante et les effets de maquillages offrent un certain réalisme au phénomène. Commencer le film avec la chanson "We'll Meet Again" du regretté Johnny Cash annonçait l'importance des événements à venir, de la petite communauté insouciante, mais aurait pu être utilisée à bien meilleur effet dans un contexte plus subtil. Il y a bien quelques longueurs et redondances tel que je l'ai mentionné plus haut, notamment l'idée des personnages de retourner dans la ville, la tentative d'échappatoire qui prendra le plus clair du minutage du film et une conclusion qui, si on ne la trouve pas poussive, semblera définitivement redondante dans l'effet. Malgré tout, la survie est un thème récurrent tout au long, et on se permet une certaine critique sociale par le fait même, qui n'est pas dénuée de sens étant donné l'ère de la pandémie dans laquelle nous vivons: il n'y a plus de coupables humains, seuls les virus peuvent être blâmés, parce qu'on ne peut les traîner en justice, et c'est sur cette notion particulière que le film se distingue de son originale. Là où Romero avait choisi un point de vue purement militaire, Eisner choisit de raconter l'histoire des survivants aux prises avec la situation, subissant les décisions d'un système qui peut aisément se passer de quelques villageois. Toutefois, les dialogues sonnent un peu creux et n'amènent pas vraiment de second degré. Ils soutiennent l'action ou ne sont qu'un reflet de ce qui se passe. Le réalisateur aurait pu aller plus loin et supprimer la majorité des paroles, offrant ainsi une décision libre-arbitre au spectateur de choisir sa propre critique, sa propre morale de l'histoire. Malgré ces quelques défauts, la relecture jette un œil critique envers l'importance de bien jongler avec les hautes sphères de la société. Ce n'est pas Dr. Strangelove, mais les commentaires soulevés tout au long du film méritent qu'on s'y attarde, ne serait-ce pour se donner la chance d'ouvrir les yeux sur l'état du monde actuel et combien le sommet du gouffre est proche.

Alliance nous sert une belle image dotée d'un faible grain sans défaut de compression. Tout ce qu'on peut dénoter en guise de défaut est un faible mélange des couleurs et textures lors des scènes nocturnes où la nuit bouffe plusieurs détails. Sinon, c'est superbe du début à la fin avec un très beau spectacle de couleurs, textures et d'actions qui promettent et une ambiance lugubre à souhait soutenant le suspense. Fort heureusement, le transfert de très bonne qualité est accompagné d'une piste maîtresse qui ne l'est pas moins. Les craquements, vents et autres éléments liés au suspense livrent la marchandise sans embourber les dialogues ni la musique. On déplore cependant l'exclusion d'une piste française maîtresse qui aurait pu faire monter d'un cran le suspense francophone, mais disons que c'était ça ou, comme pour l'édition américaine, rien.

On aurait préféré que les suppléments aillent un peu plus en profondeur, malgré la technologie du Blu-ray à emmagasiner plus, mais il faudra mettre ça sur le compte d'un éditeur radin. Pour l'instant, on vous offre une piste de commentaires audio par Breck Eisner, les revuettes "Pandémie paranormale: dans les coulisses", "L'héritage George A. Romero", "Maquillages en action" et "Effets visuels" et des bandes-annonces ainsi que bande dessinée animée exclusive au format Blu-ray. Ça peut sembler beaucoup, mais le plus long des suppléments ne dépasse pas 15 minutes, ce qui est très peu considérant la supposée importance de ce remake, du relatif succès et surtout sa plus grande originalité que l'œuvre initiale ne l'entendait.

Sans faire partie des remakes qui changeront le monde, "The Crazies" a le mérite d'amener plus sur la table que le film original et beaucoup moins réussi de George A. Romero. Le sujet est bien mieux amené et les acteurs rendent de très bonnes performances. Côté audio et vidéo, on est servis avec une très bonne image et une excellente piste sonore principale et une dose intéressante sans plus de suppléments. Les non-initiés préfèreront une location avant un achat, mais les amateurs seront bien informés d'ajouter sans souci ce petit classique dans leur panier.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments5
Vidéo8
Audio8