Une chose est certaine! Depuis le début du 21e siècle, l'influence du cinéma d'horreur semble grandement intéresser les studios de cinéma américain puisque ces derniers préparent coup sur coup des remakes de quelques classiques japonais ou chinois. Après l'excellent The Ring et l'énervant The Grudge, voilà que Touchstone (Disney) nous propose lui aussi un remake d'un film nippon qui fut réalisé originalement par l'auteur de Ringu ainsi que son adaptation américaine, HideoNakata. Dark Water est maintenant disponible sous deux versions, Régulière et "Unrated", cette dernière qui sera présentée dans les prochaines lignes.
Récemment séparée de son mari, Dalhia Williams (joué par la jolie Jennifer Connelly) tente de refaire sa vie avec sa jeune fille Cecilia dont elle a obtenu la garde principale. Ayant trouvé un boulot et un appartement minable dans le quartier pauvre de New York, la femme doit lutter sans cesse contre son passé difficile et le père qui tente par tous les moyens de récupérer la garde de sa fille. À peine installée dans son logement, elle commence soudainement à entendre des bruits à l'étage supérieur qui est déserté depuis longtemps. Bientôt de l'eau "trouble" et noire s'infiltre dans son appartement et sa fille semble s'être trouvée une amie imaginaire...
Croyez-moi, ce n'est pas facile de vous raconter le synopsis sans faire mention d'éléments importants et déterminants du film tout en suscitant votre intérêt. D'abord, ayant visionné il y a maintenant quelques années la version originale, je peux vous dire que le réalisateur Walter Salles semble avoir compris l'essence même du cinéma asiatique où l'image occupe une place importante. Les deux versions se ressemblent excepté que l'édition américaine est beaucoup moins effrayante que la précédente. Par contre, la réalisation de Walter Salles a opté beaucoup plus pour un côté psychologique au personnage joué par Jennifer Connelly ce qui donne l'impression que cette version-ci est consistante et plus profonde. L'eau est un élément important dans ce film et l'analogie est aussi bien représentée; plus l'eau s'infiltre dans l'appartement de Dalhia, plus la femme semble subir les contrecoups du poids de l'eau. Attention! Ceux qui espéraient voir des images chocs d'apparitions de fantômes ou des moments horrifiques devront aller chercher ailleurs, car ce n'est pas le but du film. Plus fort que la version originale, on joue ici la carte de l'émotion et de la peur due à la paranoïa ainsi que les supposées apparitions.
La version "Unrated" comprend quelques scènes supplémentaires qui n'ont rien de spectaculaire comparativement à celle qui fut présentée en salles. Malheureusement pour les cinéphiles francophones, cette version n'offre que des sous-titres français. Par contre, les bonis sont nombreux et passionnants. D'abord, un long documentaire séparé en cinq segments nous emmène sur le plateau de tournage où Jennifer Connelly raconte les conditions pas trop évidentes auxquelles elle a dû faire face, elle qui dit ne pas être attirée par des films d'horreur, mais qui avait tout de même pris le temps de lire le scénario pour finalement accepter le rôle. Le réalisateur y va aussi de ses commentaires ainsi que d'autres membres de l'équipe de tournage qui ont trouvé Walter Salles obsédé par l'image puisqu'il plaçait le plus grand nombre de caméra possible pour une même scène afin de décider quel angle il gardera au montage. On y retrouve aussi un documentaire sur la création des effets sonores qui jouent tout de même un rôle important dans le film.
Il y a ensuite deux scènes supprimées au montage qui n'apportaient, hélas, rien à la version finale. Un autre documentaire termine la liste, celui-là très intéressant qui porte sur trois scènes importantes, dont celle de l'apparition du peignoir bleu, qui sont discutées par des membres de l'équipe de production qui expliquent la pertinence de cette scène ainsi que quelques détails. Comme je vous disais plus haut, les bruits occupent une part importante du film et la piste sonore rend bien cette ambiance. Certains bruits vous donneront la trouille tellement ils sont reproduits si efficacement. Pour ce qui est de l'image, on aurait apprécié obtenir un peu plus de contraste pour distinguer plus facilement l'action dans certaines scènes sombres. Côté présentation, j'admire le menu ainsi que le boîtier du DVD qui rappelle beaucoup les influences asiatiques. Par contre, il faut blâmer peut-être ceux qui avaient la responsabilité du marketing et de la commercialisation du film parce qu'on le vend comme étant un film d'horreur plus apeurant que The Ring, ce qui n'est pas le cas!
"Dark Water" est un film compliqué et mystérieux, mais tout de même très divertissant. Jennifer Connelly est solide et l'écoute dans votre salon en format DVD avec un système de son cinéma maison devrait vous donner quelques petites sueurs au front...
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |