Daughters of Darkness
2-Disc Special Edition
Blue Underground

Réalisateurs: Harry Kümel / Vicente Aranda
Année: 1971 / 1972
Classification: NR
Durée: 100 / 100 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 24 / 24
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon François Langevin
5 novembre 2006

Selon la légende, la comtesse Erzsébet Bathory serait une des plus grandes tueuses en série que le monde ait connues. Au tournant du 17e siècle, elle aurait fait assassiner plusieurs centaines de jeunes femmes pour s'abreuver de leur sang et pour se baigner à même les saignées dans le but de trouver un élixir de jeunesse. Pour l'aider, elle était toujours accompagnée de sa fidèle nourrice Ilona. Elle fût arrêtée, reconnue coupable de meurtre et condamnée à être emmurée dans sa chambre du château de Csejthe. Ce palais hongrois est aujourd'hui en ruines, mais on le dit hanté par la comtesse sanglante, qui continuerait à commettre des crimes sous la forme d'un vampire. C'est en s'inspirant de cette histoire sordide que le cinéaste Harry Kumel réalisa en 1971 le film "Daughters of Darkness" (titre original "Les lèvres rouges"), film aux saveurs érotiques mettant en vedette la Québécoise Danielle Ouimet.

Stefan et Valérie (Danielle Ouimet) sont de nouveaux mariés qui écument l'Europe lors de leur voyage de noces. Ils feront un arrêt dans l'étrange ville déserte d'Ostende et séjourneront dans un hôtel tout aussi mystérieux. Au même moment, la comtesse Bathory (Delphine Seyrig) et sa protégée Ilona (Andréa Rau) débarqueront au même endroit et la rencontre de ces quatre personnes donnera lieu à une série d'évènements tout aussi tragiques que libidineux.

De par son histoire, ce film rappelle étrangement l'univers pervers des films de Jess Franco plus particulièrement le genre de "vampires lesbiennes". Harry Kumel signe ici un film très personnel et très atmosphérique qui nous plonge dans un monde de vampirisme qui relève de l'inédit. Ne cherchez pas de morsures au cou et de colliers d'ail pour se protéger, car il n'y en a pas, nous avons plutôt droit à une douce et sensuelle randonnée qui prend soudainement un virage extrêmement brutal. Cette sensuelle descente aux enfers est dotée d'une mise en scène soignée et regorge de somptueux décors.

Fidèle à son habitude, la compagnie Blue Underground nous présente ce film dans sa version originale, non censurée après avoir procédé à un rematricage complet de l'image et du son. Le transfert vidéo est simplement génial surtout quand on le compare aux autres éditions DVD que l'on retrouve sur le marché. Le niveau de détail de l'image est très élevé, la définition des couleurs est juste et les contrastes sont des plus profonds. Seule ombre au tableau, la présence de granularité lors de quelques plans sombres, mais le tout est bénin. L'aspect sonore est moins probant que sa contrepartie visuelle. N'en demeure pas moins, que la trame originale en anglais a été purifiée de tous ses bruits de fonds et autres distorsions pour nous donner un son bien balancé et juste. Oublions par contre toute forme de spatialité et de rendu atmosphérique, car tout le débit sonore réside sur les canaux avant.

Cette édition DVD comporte son lot de suppléments. À commencer par deux trames de commentaires, rien de moins, qui viennent rehausser le visionnement en plus de nous fournir une foule d'anecdotes et de détail sur le tournage. La première, commentée par le réalisateur Harry Kumel est également animée par David Gregory, le modérateur vedette de la compagnie Blue Underground. Il est clair que M. Gregory a fait ses devoirs, car les questions posées au cinéaste sont extrêmement pertinentes et elles couvrent les différentes phases de la production. On sent tout de même que sa relation avec Danielle Ouimet n'était pas au beau fixe. La seconde trame est l'affaire du comédien John Karlen et de l'auteur David DelValle, trame que l'on retrouvait sur l'édition DVD proposée par la compagnie Anchor Bay. Nous avons droit à un regard incisif et intéressant portant sur l'atmosphère régnant sur les plateaux de tournage.

Passons maintenant à la section des revuettes. "Locations of Darkness", d'une durée de vingt minutes, nous montre le réalisateur et son producteur retournant dans les deux hôtels qui ont servi d'arrière-scène lors du tournage du film. "Playing the Victim" est une très intéressante entrevue de quinze minutes faite avec Danielle Ouimet. Elle nous parle sans détour et en toute franchise de son expérience de tournage dans un anglais très fluide. "Daughters of Darkness" d'une durée de huit minutes a fait le voyage de l'ancienne édition de Blue Underground vers cette nouvelle mouture et on ne s'en plaindra pas, car nous avons droit à l'entrevue faite avec Andrea Rau, la ténébreuse Ilona. Présentée en allemand et sous-titrée en anglais, cette entrevue nous permet de partager les expériences de tournage de la comédienne au look gothique principalement lors des scènes érotiques. Une galerie de photos et des bandes-annonces complètent le tout.

Pour un temps limité, cette édition spéciale comprend un deuxième disque où réside le film "The Blood Spattered Bride" réalisé par Vicente Aranda. Cette version du film, transferts vidéo, audio et suppléments sont les mêmes que ceux que l'on retrouvait sur l'édition DVD faite par la compagnie Anchor Bay. Sans pour autant entrer dans les détails, disons que ce film complète très bien "Daughters of Darkness" de par son genre, par sa facture soignée, sa sensualité et son intrigue quelque peu tordue.

"Daughter of Darknesss" est un judicieux mélange d'horreur et d'érotisme habilement mis en image par Harry Kumel, film également pourvu d'une surprenante distribution. Quand vient le temps de citer les grands films d'exploitation provenant d'Europe "Euro-cult" dans les années 1970, nous avons là, un premier de classe. Cette nouvelle édition que nous propose "Blue Underground" se veut maintenant la référence de par la qualité de ses transferts et par ses nombreux suppléments pertinents. De plus, pour un temps limité, l'intéressant film "The Blood Spattered Bride" est également inclus. C'est à croire que la compagnie Blue Underground veut nous faire revivre la fièvre du cinéma des années 1970, alors que les programmes doubles étaient monnaie courante et on ne s'en plaindra pas. Pour les curieux et les maniaques de ce genre de cinéma, voilà un incontournable que je vous recommande fortement.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments8
Vidéo8
Audio7