Daughters of Darkness [Blu-ray]
Blue Underground

Réalisateurs: Harry Kümel / Vicente Aranda
Année: 1971 / 1972
Classification: NR
Durée: 100 / 100 minutes
Ratio: 1.66:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA10), Français (DTSHDMA10)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (BD-25)
Code barres (CUP): 827058701396

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
26 février 2011

De tous les films de vampires atmosphériques européens des années 70 il en est quelques-uns qui se détachent du lot pour diverses raisons. Pour les Québécois amateurs du genre, "Daughters of Darkness" du Belge Harry Kumel fait certainement parti de cette catégorie puisqu'il met en vedette la sex-symbol locale de l'époque, Danielle Ouimet. En effet, après avoir incarné le visage de l'innocence embrassant la libération sexuelle dans les premiers films québécois un peu osés, Valérie et L'initiation de Denis Héroux, la superbe blonde fut convoquée en Europe pour le tournage d'un film de peur tiré de la légende de la Comtesse Bartory.

Le résultat reste assez intéressant quoique plutôt peu osé selon les normes modernes. Et ce, tant au niveau horreur qu'au niveau érotisme. En effet, le film de Kumel joue plus sur le plan atmosphère et ambigüité des personnages pour nous faire peur que sur le traditionnel plein-les-yeux-plein-les-oreilles employé d'habitude. En ce sens, ce film de vampire fait plus penser par son approche de drame psychologique au récent et superbe Let the Right One In qu'aux autres Draculas et Blade.

Un couple de jeunes mariés, Pierre et Valérie (John Karlen et Danielle Ouimet), séjourne en Belgique en hiver pour leur voyage de noces. Dans leur hôtel désert d'Ostende ils font la connaissance d'une dame étrange, la Comtesse Bartory (jouée par la regrettée Delphine Seyrig qu'on avait vue dans l'excellent L'Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais) et de sa servante (Andrea Rau). Ces deux femmes semblent entretenir une relation intime et étrange. D'autant plus que le concierge jure avoir vu la Comtesse dans ce même hôtel il y a quarante ans et qu'elle ne semble pas avoir vieilli d'un poil. Quand ces dames commencent à s'intéresser aux nouveaux mariés, les choses se compliquent pour le couple. De plus, des jeunes femmes sont retrouvées assassinées et exsangues dans les environs et semble être la prochaine victime sur la liste.

En se basant sur la populaire légende de la comtesse hongroise qui buvait le sang de jeunes femmes pour maintenir sa jeunesse éternelle (Caroline Néron la joua aussi il y a quelques années dans le film raté Éternelle) le réalisateur et coscénariste opta pour la ligne plus suspense qu'horreur à proprement parler. L'ambiance austère de la ville balnéaire déserte, les personnages étranges qui surgissent ponctuellement dans l'histoire et les dialogues succincts chargés de sous-entendus aident à rendre le tout mystérieux. Il manque toutefois peut-être un peu de rythme dans la trame narrative pour en faire un film supérieur. Cela dit, une belle réussite dans le genre. Avec en prime la belle Danielle Ouimet nue! (à moitié en fait puisque contrairement au mythe, elle ne se dénuda complètement que pour un seul film dans sa carrière et pour une bonne cause de surcroit, le documentaire sur la condition féminine d'Anne-Claire Poirier Les Filles du Roi).

Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est bien fait, et la copie utilisée est de bonne qualité. On a peut-être atténué un peu les couleurs à certains endroits pour bien souligner la désolation de l'endroit, mais sommes toutes l'image est claire et précise. De plus, le négatif utilisé pour la copie est en très bon état. Pour l'audio, le son original est passablement terne et on a du faire des efforts impressionnants pour en faire ressortir la profondeur. Les ambiances sonores sont par contre claires et précises ce qui ajoute grandement à la morbidité des lieux et au sentiment d'insécurité de ses personnages. Le transfert pour amener le tout au niveau haute définition des disques bleus est par contre assez réussi, même si on travaillait au départ avec de la matière brute assez ordinaire.

En suppléments on a un commentaire audio du réalisateur Harry Kumel et un autre de la star John Karlen et d'un journaliste, on retrouve aussi une série de revuettes sur certains des artisans ayant contribué au film. Ainsi, on peut voir une entrevue avec Danielle Ouimet, une avec Andrea Rau et une dernière avec Kumel et le co-scénariste et producteur Pierre Drouot. On a inclus de plus des bandes-annonces et des publicités du film. Mais le supplément le plus intéressant est sans contredit l'ajout d'un deuxième long-métrage de vampires-lesbiennes de l'époque sur le disque, "The Blood-Spattered Bride" de l'Italien Vicente Aranda.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments8
Vidéo9
Audio9