Marionnettes, ventriloque, malédiction et crimes inexplicables sont au menu de "Dead Silence", la nouvelle production horrifique de James Saw Wan.
La copine de Jamie (Ryan Kwanten) vient d'être assassinée sauvagement. Avec le policier Lipton (Donnie Wahlberg) sur le dos, le veuf retourne enterrer sa femme dans son coin de pays. Il découvre alors une vieille légende, celle de Mary Shaw. Cette femme ne vivait qu'avec des pantins et lorsqu'on la croise, il ne faut surtout pas crier. Des bobards racontent que son esprit rôde et qu'elle veut se venger d'un ancien châtiment. Lorsque les dires commencent à se matérialiser, une course muette contre la montre aura lieu.
Fidèle à son habitude, James Wan mange son film d'horreur avec beaucoup d'hémoglobine, quelques sauts efficaces et une surprise finale sortie de nulle part. Son "Dead Silence" ne fait pas exception et il suit pratiquement ce même chemin à la lettre. Cette fois, l'épouvante ne ressort pas de la torture extrême, mais plutôt de schémas plus consensuels comme la peur du noir et de l'inconnu. La prémisse de son nouveau long-métrage n'est pas banale. Au moindre cri, c'est la mort assurée. Malheureusement, l'histoire n'est guère développée et elle ne révolutionne en rien le genre. En 90 minutes très condensées, les scènes de sursauts sont aussi régulières qu'une horloge, faisant disparaître la moindre trace de suspense.
Contrairement à un récit sans intérêt comme The Messengers, il y a ici quelques séquences qui réussissent à glacer le sang. Ces effets n'arrivent cependant pas à faire boule de neige. Non seulement les dialogues manquent d'humour et d'intérêt, mais la psychologie limitée des personnages les pousse sans cesse à adopter des comportements stupides, comme sortir d'une voiture lorsque la menace rôde. En héros qui ne comprend rien à rien, Ryan Kwanten est peu crédible. Il est beaucoup plus facile de lui favoriser l'impériale dame Judith Roberts, le flic stéréotypé Donnie Wahlberg (un habitué de Wan) et le momifié père Bob Gunton.
L'utilisation sonore est ingénieuse. Une multitude de bruits s'empare des différentes enceintes, que ce soit la musique stressante, la pluie, des éclairs ou le sifflet d'une bouilloire. Tout d'un coup, le son disparaît et les individus ne doivent plus crier. Sauf qu'à ce moment, au lieu de laisser l'action muette, pourquoi l'affliger d'une pièce qui vient briser l'intensité? Mystère. Au moins, les mélodies demeurent généralement inspirées (sauf ces airs de grosses guitares électriques) et les voix s'entendent parfaitement. Les gens intéressés peuvent également sélectionner de superbes sous-titres blancs en anglais, en français et en espagnol.
La qualité vidéo est indéniable. Un filtre bleu donne des images froides et sombres dominées par le gris et le noir. Les contrastes profonds permettent de bien apprécier la pénombre. Des reflets lumineux peuvent survenir, changeant brièvement l'atmosphère au passage. La superbe introduction et quelques instants clés lorgnent vers le noir et blanc et le sépia et les résultats sont formidables. Le soin apporté au rouge dégoulinant est également appréciable.
La pochette macabre montre une marionnette qui ne semble pas très sympathique. L'effet est réussi, mais en regardant très rapidement, il est aisé de se tromper avec le boîtier de IT, Chucky... et même des Têtes à claques! Le menu principal du DVD est composé d'un montage homogène de scènes sur une musique douce qui finit par faire peur. Les suppléments semblent nombreux, sauf qu'ils sont souvent de courte durée et la grosse trame sonore qui accompagne l'enchaînement rapide de plans est digne de la génération MTV. Il est possible d'en apprendre davantage sur le mythe de Mary Shaw. Une introduction et une conclusion différentes sont également de mise. Elles ne sont ni meilleures ni inférieures que le résultat final. Quoique le dernier acte aurait pu être encore plus incompréhensible et grotesque. Un documentaire sur le tournage fait brièvement le tour de la technique, de l'éclairage et des décors sans apporter suffisamment de détails. C'est tout de même mieux que ces scènes coupées peu mémorables ou ce banal vidéoclip de pop-rock sans mordant d'un groupe qui se fait appeler Aiden. Le segment intitulé "Evolution of a Visual Fx" montre finalement des effets visuels qui se développent progressivement. Mignon, sans plus.
Avec sa prémisse prometteuse, "Dead Silence" aurait pu être l'ultime film d'horreur. C'est triste que James Wan évoque toujours les mêmes clichés au lieu de proposer quelque chose de plus distinctif. Son dernier récit ne possède pas la surprise d'un Saw ou la fascination de plusieurs œuvres asiatiques mineures comme The Ghost pour garder l'attention très longtemps. Un autre léger plaisir éphémère.
| Film | 4 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 8 |