Devil's Rejects
Lionsgate

Réalisateur: Robert Wolfgang Zombie
Année: 2005
Classification: 18A
Durée: 109 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais(DD61, DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
10 juin 2007

Depuis la sortie tant attendue de House of 1000 Corpses (qui a voyagé sur les tablettes chez Universal ET chez MGM pendant près de deux ans), il était inévitable que le film se ferait proposer une suite. On annonçait haut et fort que le réalisateur Rob Zombie avait écrit un scénario qui allait être plus violent, les rumeurs couraient à l'idée que le film ne verrait probablement pas le jour jusqu'à ce que survienne la première bande-annonce, prenant tout le monde par surprise. L'ambiance du premier opus était totalement absente et laissée au profit d'un hommage véritable au cinéma des années 70, par le réalisateur de la relecture cinématographique du classique de John Carpenter Halloween. Lionsgate, encore une fois partenaire dans ce bal de l'horreur, n'hésite pas à laisser carte blanche à Rob Zombie pour lui laisser filmer l'hécatombe sanglante comme il l'entend.

Un raid policier est engagé pour capturer voire tuer ceux et celles qui résisteraient à l'arrestation. Menée par le shérif Wydell (William Forsythe), l'équipe gaspille peu de temps à mettre les menottes à la mère de la famille, tout en tuant un des membres. Pendant l'altercation, Otis (excellent Bill Moseley) et Baby (psychopathe Sheri Moon Zombie) s'échappent avec la ferme intention de retrouver Capitaine Spaulding (terrifiant Sid Haig). Faisant un arrêt rapide, ils téléphonent à l'homme et le mettent au courant de la situation. Otis et Baby s'arrêtent à un motel miteux du désert, s'arrêtant pour la venue de Spaulding. Le shérif Wydell, quant à lui, a son propre agenda: son frère a été tué dans le film précédent et a mis sur pied sa propre vendetta avec la ferme intention de faire payer les membres restants de la famille Firefly avec leur sang. Des rêves de son frère mort le hantent constamment, renforçant ses convictions quant à ses actions futures. Au même moment, les fugitifs en cavale rencontrent une vieille connaissance (Ken Foree "Dawn of the Dead") qui les accueille sous son aile. À l'insu de la famille meurtrière, l'ami a conclu un pacte contre son gré avec le shérif Wydell de livrer les fugitifs, aidés de mercenaires. De retour à la ferme des Firefly, c'est l'heure de régler les comptes et le shérif se montre encore plus sadique dans ses tortures que les trois demeurés restants.

Rob Zombie transcende littéralement la pellicule. Non content de simplement livrer un film, il offre au spectateur sa vision d'un Bonnie & Clyde encore plus sanglant et déjanté avec des personnages tordus aux visages et coutumes inoubliables. La direction de Rob zombie est superbe. Le montage, la direction photo et d'acteurs, tout a été mis en œuvre pour que les problèmes d'une production de ce genre ne paraissent pas à l'écran et c'est une vraie réussite. Tous donnent leur meilleur et les scènes n'en ressortent que mieux fignolées (ou plus horribles, dépendant du point de vue). La direction photo est largement inspirée des succès des années 70, tout comme les choix musicaux, qu'on jurerait sortie d'un Pulp Fiction ou autre Tarantino. Pellicule granuleuse, image quelque peu surexposée, couleurs saturées, tout y est, jusqu'aux décors franchement rétros, le tout baignant dans le gore le plus éclaboussant depuis plusieurs années. C'est le cri du cœur d'une famille déchirée, hurlant par la bouche de ses canons la fureur qui grimpe dans chaque scène. Rob Zombie livre ici son film le plus achevé et la barre demeure sacrément haute pour son prochain méfait.

Côté suppléments, on nage dans la grande classe. Sur le premier disque, on retrouve premièrement deux pistes de commentaires. La première de Rob Zombie, qui se veut informative et très pertinente. Il sait comment tenir les bons propos en laissant le superflu. La seconde est menée par les trois fugitifs et se veut plus amusante et pleine de souvenirs, donc un peu plus légère que la première, tout en étant aussi variée. On retrouve des scènes ratées vraiment drôles, "The Morris Green Show", des faux commerciaux de "Mary the Monkey Girl" et "Spaulding Christmas", un film maison d'Otis "Cheerleader Missing", un faux vidéoclip "Satan's got to get along Without Me", des scènes coupées qui, malgré leur retrait, sont très intéressantes. Notamment celle dans laquelle Rosario Dawson, en infirmière, subit les affres du Doctor Satan (vu dans le premier film) et y laisse la vie. Il y a également des tests de maquillage, un hommage à l'acteur Matthew McGrory, ayant interprété le géant Tiny. On retrouve, pour compléter le tout une galerie d'images de la production et des bandes-annonces. Pour le second disque, c'est un documentaire d'une durée de 144 minutes qui explique pertinemment et sans perdre de temps les méandres d'une telle production. Il est surprenant de constater à quel point Rob Zombie sait être économe (ne pas comprendre ici le sens de radin) tout en parvenant à offrir un métrage d'une telle qualité.

Lionsgate offre ce film dans un transfert sans défauts. Côté sonore et visuel, c'est littéralement parfait. La trame en Dolby Digital 6.1 ressort avec efficacité des caisses et fait une bonne utilisation du "subwoofer" tandis que l'image demeure en parfaite cohérence avec les désirs de son réalisateur: granuleuse, un peu surexposée, sans jamais perdre de sa netteté volontairement, ni ne montrant de compression à aucun moment.

Doté d'un ensemble d'acteurs impeccables et un Rob Zombie au sommet de sa forme et donc de son art, "Devil's Rejects" est probablement le film d'horreur le plus efficace des dernières années. Zombie nous offre ici tout son talent et ne se cache pas lorsque vient le moment de féliciter les responsables en leur offrant simplement LE film le plus férocement enragé de 2005.


Cotes

Film10
Présentation10
Suppléments10
Vidéo10
Audio10