Moitié Shaun of the Dead, moitié American Pie, ce "Die and Let Live" du jeune réalisateur Justin Channell offre suffisamment de moments cocasses et de rythme narratif pour ne pas sombrer dans les abîmes des mauvais films de zombies. Sans se révéler un classique du genre, le résultat se concentrant davantage sur les relations entre adolescents, permet de trouver son compte.
Benny (Joshua Lively) est un adolescent typique: il aime les femmes, jure comme pas un, et il adore les fêtes entre amis. La femme lui volant toute attention est Stéphanie (Sarah Bauer), une copine aux prises avec un petit ami trompeur aux mœurs légères tandis que Smalls (Zane Crosby) est l'ami éternel de Benny sur qui repose la préparation de la fête durant laquelle Benny espère pouvoir déclarer sa flamme à Stéphanie. Cependant, il y a un hic : pas loin de là, un centre pharmaceutique est en proie à une évasion de zombie. Ceux-ci se répandent rapidement dans la ville, menaçant même de détruire la fête de Benny et ses chances avec Stéphanie.
Le film, truffé de défauts, est également bourré de clins d'œil farceurs aux films comiques et horrifiques des dernières années. On pense immédiatement à ce flashback entre deux amis, presque plagié de OSS 117 (scènes clichées, interprétations minables dans le ton) mais combien drôle surtout dans l'urgence de la situation : attaque de zombies. Le scénario n'est pas dans les points forts non plus puisque l'histoire se résumerait aisément en une seule ligne et certaines scènes mériteraient d'être étirées comme si le temps était réellement un problème et que l'on devait absolument en terminer avec le film. Côté humour, on retrouve une bonne dose de blagues qui font tomber le suspense au point mort, ce qui est une bonne autant qu'une mauvaise chose : d'un point de vue, il s'agit de farces qui ralentissent l'action, alourdissent le sujet tandis que de l'autre, il s'agit de trouvailles allant carrément en parallèle avec la personnalité de tout adolescent.
Les interprètes, même s'ils caricaturent, parviennent à jouer de façon crédible par moment tout en jouant la carte de la surenchère, chose indéniablement bienvenue dans un film à petit budget. Les maquillages, qui ne sont pas les plus réussis (voir la pochette pour s'en rendre compte) ont quand même le mérite de ne pas être mis en évidence tout au long du film. En regardant attentivement le déroulement de l'histoire, on peut apercevoir que tout le monde saigne fuchsia, un comble dans un film de zombie. Les trous narratifs sont un peu dérangeants puisqu'un personnage apparaissant à quelques reprises n'est présent que pour avertir le spectateur qu'il ne peut rien faire avec la situation (un paradoxe qui se règle par la technique suivante : couper les scènes). Côté cinématographie, ça ne vole pas très haut puisque tout le monde passe le relais et emploie la caméra pour filmer un peu comme bon lui semble, pour autant que ça ne révèle pas les trucages. Fait intéressant à noter : tous les adolescents (hommes pour la plupart) portent des chandails à l'effigie de leurs icônes de l'horreur comme Evil Dead, Slither, Army of Darkness, etc.
Dans la section des suppléments, on retrouve une bonne revuette, quoique mal filmée, racontant un peu les problèmes d'un tournage à très petit budget (les apparitions de Lloyd Kaufman et Trent Haaga seront toujours un plus dans ce film) sans avoir la cohérence d'un bonus signé Laurent Bouzereau. On se retrouve ainsi avec un amas de vignettes tournées dans les coulisses sans narration ou explication si ce n'est de constater le chaos de la production. Des scènes coupées, ratées et une piste de commentaires complètent la galette numérique ainsi que des bandes-annonces d'autres films de la compagnie permettent de finaliser la section. La piste de commentaire nous apprend combien les acteurs principaux possèdent une réelle chimie amicale un peu à la Sam Raimi et Bruce Campbell, ce qui la rend enjouée en plus d'avoir des détails intéressants pour quiconque aimerait se lancer dans un tel type de production.
L'image est mal calibrée. On retrouve une abondance de saturation, un manque de finition dans les mouvements, une numérisation trop oppressante qui vient à ternir le film. Les scènes se déroulant la nuit sont parmi les plus difficiles à cerner que j'ai vu, surtout lors de tournage dans des espaces ouverts (une rue par exemple). Le son, inégal aussi dans sa présentation, n'est toutefois pas aussi raté que l'aspect visuel. Bien que les effets sonores soient limités, on dénote un réel effort à faire passer l'aspect dégoûtant. C'est peu, mais mieux que rien. Les menus consistent en un montage de scènes du film. Le tout est donc en action et musical lorsque possible. Les seules pages immobiles sont les sous-pages des divers menus. Le reste est donc en action, même la sélection de scènes... enfin!!
"Die and Let Live" fait partie de cette expérience entre jeunes qui se regarde afin de les voir progresser, chose possible tout au long du film, dû à un script en constante évolution. Il sera intéressant de suivre leur progression au fil des ans alors qu'ils pourront envisager des productions de plus grande envergure. Pour un départ, c'en est un bon.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |