Portant clairement la griffe de son producteur Guillermo del Toro, "Don't Be Afraid of the Dark" est un film horrifique qui donnera la frousse aux enfants et aux âmes sensibles. Un long-métrage extrêmement efficace à défaut d'être très original.
Sally (Bailee Madison) a huit ans et elle vient d'emménager avec papa (Guy Pierce). La cohabitation risque d'être difficile. Elle ne porte pas dans son cœur sa belle-mère (Katie Holmes) et le nouveau manoir lui faire peur. Surtout ces créatures maléfiques qui peuplent la cave. Sauf que personne ne veut la croire. Ces bêtes seraient issues de son imagination de petite fille fragile émotivement...
Adaptation luxueuse d'un vieux téléfilm des années 1970, "Don't Be Afraid of the Dark" est le premier long-métrage du bédéiste Troy Nixey. Son métier original resplendit sur ce travail très bien fignolé, fort en plans suggestifs. Sa mise en scène maîtrisée est dotée d'une ambiance gothique, d'une atmosphère tendue et d'un rythme soutenu. L'apport de Guillermo del Toro est cependant de presque tous les instants, autant dans sa fascination pour l'enfance bafouée que pour ces monstres de l'apocalypse.
Si la tension ne résulte pas nécessairement en une multitude de frissons, la structure "old school" de la fabrication rendra rapidement inconfortable. Le mal est bien présent dans cette maison, se matérialisant concrètement (par ces entités inspirées de la fée des dents) et psychologiquement (l'héroïne ne serait-elle pas seulement folle, incapable de prendre le contrôle au sein de tous ces changements?). Les comédiens livrent tous des interprétations des plus satisfaisantes, et les détracteurs de Katie Holmes risquent même d'adhérer à l'effort.
La musique extrêmement mélodique de Marco Beltrami et de Buck Sanders restera longtemps gravée en tête. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 sont très soignées, plongeant les enceintes dans une véritable messe noire où les éclairs, les rugissements d'animaux et des cris diffus feront hérisser le poil de la peau. Dans tous les cas, les voix s'entendent clairement, et il est possible d'opter pour une potable traduction française ou de très visibles sous-titres blancs en anglais. Les images détaillées offrent des couleurs dans le ton, des teintes méticuleuses et surtout des contrastes d'une rare homogénéité. Le combat entre la lumière et la noirceur est omniprésent, et il est bien rendu dans cette façon de soigner les ombres.
La pochette sombre montre une jeune fille qui est apeurée. Le menu principal du DVD ressemble à un vieux grimoire mystique d'où émanent des hurlements, un montage de séquences effrayantes et des mélodies orchestrales. Les suppléments contiennent trois documentaires qui sont intéressants, mais beaucoup trop courts. Le cinéaste, le producteur et des comédiens discutent de l'histoire, des lieux de tournage et de la création des ennemis.
"Don't Be Afraid of the Dark" est un film à l'ancienne, qui fait passer son drame (qui est de nature psychologique, sur le quotidien tourmenté de la pauvre Sally) avant ses effets chocs. Sans renouveler le genre, l'association entre Nixey et del Toro porte fruit, métamorphosant la simple production horrifique en quelque chose de plus intrinsèque, de plus vital.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |