Suite au succès inattendu de son deuxième long-métrage en carrière The Texas Chainsaw Massacre, le cinéaste Tobe Hooper, maître de films d'horreur, s'attaqua à un nouveau projet en 1977 intitulé originalement "Death Trap" qui sera connu par la suite sous le nom de "Eaten Alive". Cette production cinématographique met en vedette plusieurs acteurs très populaires sur leur déclin, tels que Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones et Stuart Whitman.
S'ils furent autrefois des comédiens hautement talentueux, ils manifestent ici peu de conviction dans la peau de leurs personnages. Ils parviennent tant bien que mal à nous faire peur et encore moins à nous faire vivre des émotions fortes auxquelles ont aurait pu s'attendre de ce film d'horreur des plus bizarres. L'histoire évolue autour de Judd (Neville Brand), propriétaire d'hôtel situé en plein cœur des bayous. Judd est d'une démence telle qu'il s'amuse à offrir comme repas, rien de moins que les passants qui viennent demander une chambre pour la nuit à son animal de compagnie, un féroce crocodile. Ils sont dévorés vivants par ce reptile qui lui ne demande pas mieux.
Dureté, violence et hémoglobine ruisselant à profusion, "Eaten Alive" nous propulse dans un univers des plus cauchemardesques. La tension est omniprésente tout au long de cette heure et demie que dure ce récit. Cependant, nous devinons facilement qui servira de repas à la bête et qui lui survivra.
La musique originale de "Eaten Alive", composée par Wayne Bell et Tobe Hooper est une œuvre métaphorique, réfléchie, travaillée avec passion et réflexion. L'étonnante partition de Bell et de Hooper m'a personnellement demandé un certain temps d'adaptation, mais après une série d'écoutes prolongées, je dois admettre que cette partition est une des plus efficaces que j'ai entendues jusqu'à maintenant. Cette musique d'un tempo très lent, avec ses cordes saccadées dans l'aiguë, dégage une atmosphère froide, sombre, menaçante, anxieuse, nous glaçant sur place.
La compagnie Dark Sky Films nous présente donc ce long-métrage sur une nouvelle édition DVD restaurée de deux disques. Sur le premier DVD, vous avez au menu, le film présenté au format d'image respecté dont les couleurs, malgré leur aspect quelque peu vieillot, sont constantes et semblent justes. Les parties sombres n'ont pas toujours une qualité de dégradé satisfaisante. Les noirs n'ont pas toujours la profondeur souhaitée. Le transfert est constant; on n'observe aucune fluctuation des couleurs, de la densité et du contraste. L'image est exempte d'artéfacts et de parasites. Aucun signe de compression n'est perceptible. Les dialogues sont nets et intelligibles, pour presque toute la durée du long-métrage, même s'ils paraissent parfois étouffés. Il faut dire que le format mono amoindrit substantiellement le dynamisme sonore du film. Vous pouvez mettre les commentaires audio du producteur Mardi Rustam, des acteurs Roberta Collins, William Finley et Kyle Richards, ainsi que du maquilleur Craig Reardon qui analysent et décortiquent le film dans ses moindres détails. Une galerie photographique complète le menu.
Sur le second disque, vous trouverez plusieurs documentaires forts intéressants. "The Gator Creator: Tobe Hooper" où le réalisateur du film raconte par exemple son expérience sur le plateau de tournage et de sa relation avec les acteurs, ou encore des multiples choix de titres pour son long-métrage tels, "Death Trap", "Horror Hotel", "Horror Hotel Massacre", "Legend of the Bayou", "Murder on the Bayou", "Starlight Slaughter" et de sa difficulté à en choisir un seul. "My Name is Buck: Robert Englund" un reportage sur le travail de l'acteur Robert Englund qui incarne le rôle de Buck, un drôle de zigoto obsédé par le sexe. Ce comédien deviendra célèbre quelques années plus tard pour avoir incarné le terrible Fred Krueger dans la série de films d'horreur A Nightmare on Elm Street. "The Butcher of Elmendorf: The Legend of Joe Ball" est un documentaire sur qui le film a été basé. Nous découvrons que le célèbre tueur en série Joe Ball connu sous les surnoms de "Butcher of Elmendorf", "Bluebeard From South Texas" et de "Alligator Man" avait tué plusieurs femmes au cours des années 1930 et qu'il aurait apparemment jeté les cadavres à son alligator qui vivait près de sa demeure.
"5ive Minutes with Marilyn Burns" L'actrice Marilyn Burns raconte devant la caméra son expérience sur le plateau de tournage de "Eaten Alive". "Theatrical trailers, TV and radio spots" où vous verrez sept bandes-annonces, deux spots publicitaires de télévision et deux annonces radiophoniques. "Behind the scenes slideshow" un document photographique fabuleux du travail des artisans derrière la caméra. "Alternate credits and title sequences" est un segment où vous y découvrirez deux ouvertures différentes du générique. Le dernier supplément s'appelle "Comment cards" où vous pourrez vous régaler des commentaires (en anglais) pas souvent élogieux des spectateurs frustrés par la qualité cinématographique de l'œuvre de Tobe Hooper lors de sa sortie en salles.
Un film d'horreur moyen de Tobe Hooper. Personnellement, j'ai davantage apprécié regarder les suppléments que le long-métrage lui-même. D'apprendre les anecdotes et toutes les difficultés qu'a rencontrées l'équipe de production lors de la mise en chantier de ce film, fut pour moi un pur plaisir.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 4 |