The Exorcism of Emily Rose
Special Edition - Widescreen Unrated Version
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Scott Derrickson
Année: 2005
Classification: NR
Durée: 122 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
26 décembre 2005

Je lisais tout récemment qu'une université accréditée par le Vatican allait donner, pour la deuxième année consécutive, un cours sur l'exorcisme et les possessions démoniaques. Apparemment que les jeunes Italiens se comportent comme de vrais petits diables et que leurs parents devraient garder un oeil sur eux, en particulier s'ils portent des t-shirts étranges (de Pavarotti avec des cornes? des joueurs de la Juventus habillés en noir?), écoutent de la musique trop forte (Pavarotti? Céline Dion? Ahhhh du "death metal"!), ou s'ils écoutent trop de films d'horreur (merde, je suis cuit, Lucifer sort de mon corps...). Le révérend Gabriele Nani, celui qui enseigne le cours, nous raconte qu'il y a quatre signes principaux de possession: parler des langues étrangères, démontrer une force physique surhumaine, être répugné par les choses sacrées comme le crucifix et la prière, et avoir connaissance d'événements qui se sont déroulés en d'autres temps et en d'autres lieux. Pfiou, je suis sauvé, quoique mon ex m'a déjà dit que je parlais serbo-croate pendant mon sommeil... On retrouvait d'ailleurs plusieurs de ces signes dans The Exorcist (1973), le grand classique du genre, qui m'avait tellement foutu la trouille quand j'étais jeune que j'avais dû dormir la lumière allumée pendant deux semaines et qui m'a à jamais dégoûté de la soupe aux pois, surtout si elle est verte. Le seul autre film du genre ayant laissé sa marque parmi une foule de nullités étant The Omen (1976). Voilà que nous arrive un film en apparence sérieux sur le sujet, "The Exorcism of Emily Rose", réalisé par Scott Derrickson.

Emily Rose (Jennifer Carpenter) est une jeune femme provenant d'une famille pauvre et très religieuse d'un milieu rural. Partie étudier à l'université, elle est aux prises avec des phénomènes bizarres qui laissent croire qu'elle est tourmentée par des forces démoniaques. De retour chez elle, son état se détériore et, puisque la médecine traditionnelle n'a aucun effet, la famille se tourne vers le père Moore (Tom Wilkinson) qui fera tout en son pouvoir pour extirper les démons de son corps. Malheureusement, Emily meurt pendant l'exorcisme et le père Moore est accusé d'homicide involontaire. Il sera défendu par Erin Bruner (Laura Linney), une avocate ambitieuse et agnostique qui verra ses propres convictions ébranlées. Emily souffrait-elle de troubles psychiatriques ou était-elle vraiment possédée?

Bien que la campagne de marketing nous laissait croire qu'il s'agit d'un film d'horreur (ça se vend mieux...), ce n'est pas tout à fait le cas. Il s'agit plutôt d'un drame judiciaire avec certains éléments d'horreur. "The Exorcism of Emily Rose" est basé sur une histoire vécue, celle d'Anneliese Michel, décédée en Allemagne dans les années 1970 à la suite d'un exorcisme. Ce qu'il y a de fascinant ici, est qu'on demande à une institution séculaire, la cour, de rendre un jugement sur une affaire sur laquelle elle ne peut avoir d'opinion. Ou bien Emily souffrait de psychose et le père Moore l'a tuée, ou bien elle était possédée du démon et le père Moore a fait tout ce qu'il a pu pour la sauver. Que les témoins et les experts cités à comparaître soient persuasifs ou pas n'a finalement que peu d'impact sur le procès dont le verdict dépendra des croyances personnelles des membres du jury. Malgré les clichés d'usage qui nourrissent les scènes du procès (avocats caricaturaux et surdose de "objection votre honneur!"), et celui du personnage non pratiquant (l'avocate) qui finit par admettre l'existence de forces spirituelles, le film réussit à injecter une bonne dose de suspense aux conflits éthiques et légaux et à rendre cet aspect aussi intriguant que les scènes de possession et d'exorcisme. Les passages de l'un à l'autre, par le biais de retours en arrière, sont bien intégrés et Laura Linney et Tom Wilkinson sont excellents dans leurs rôles respectifs, malgré les limites imposées par le scénario. La palme va cependant à Jennifer Carpenter dont la prestation est très physique et qui parvient facilement à nous convaincre de son état de "possédée", sans excès de maquillage et d'effets spéciaux. On est loin de la soupe aux pois! Le film est-il meilleur que The Exorcist? Bon, c'est comme comparer des pommes et des oranges, mais je dirais que non. "The Exorcism of Emily Rose" utilise une approche disons plus analytique, basée sur le questionnement plutôt que sur les scènes choc. Ça fonctionne plutôt bien, mais ça manque de punch.

Le film jouit d'un excellent transfert et l'image est claire et propre. Les couleurs sont naturelles et le niveau des contrastes, ainsi que le rendu des noirs sont excellents. Les problèmes sont vraiment minimes: un peu de grain par-ci par-là, une légère perte de détails lors des scènes les plus sombres et un peu d'accentuation des contours à quelques endroits. Tout cela est à peine perceptible, ce qui me porte à croire que le transfert ne souffre pas de possession démoniaque. Pas grand-chose à critiquer côté audio non plus. La piste en Dolby Digital 5.1 est passablement dynamique et les scènes de possession/exorcisme sont agrémentées de nombreux effets ambiophoniques qui viennent amplifier le facteur épouvante. Si les basses avaient été un peu plus présentes, je vous le dis, j'aurais sorti mon chapelet. L'équilibre entre la musique, les effets et les dialogues est parfait, et ces derniers sont clairs et sans distorsion. La présentation est standard et le boîtier simple, sans encart, est inséré dans une jaquette cartonnée qui reproduit l'image du boîtier. Les menus sont animés d'extraits du film qui nous laissent croire, encore une fois, qu'il s'agit d'un film d'horreur. Les options sont clairement identifiées et la navigation entre les menus s'effectue aisément.

En ce qui a trait aux suppléments, on retrouve tout d'abord une piste audio de commentaires avec le réalisateur Scott Derrickson. Il couvre à peu près tous les sujets possibles, de la recherche sur l'événement sur lequel le film est basé, en passant par le casting, la cinématographie et l'utilisation des couleurs, et offre des explications détaillées sur certaines scènes clefs. Son propos est toujours intelligent et informatif et cette piste est de très bonne qualité. Ensuite, nous avons droit à une scène retranchée qui fait un peu plus de deux minutes et qui nous montre Erin Bruner qui rencontre un homme dans un bar et le ramène chez elle en fin de soirée. Cette scène paraît déplacée dans le contexte du film et on comprend facilement pourquoi elle a été coupée. Suivent trois revuettes qui abordent en profondeur divers aspects du tournage. Tout d'abord, dans "Genesis of the Story", le réalisateur, le scénariste et producteur Paul Harris Boardman, ainsi que les principaux acteurs, nous entretiennent de la genèse du projet, discutent des divers éléments de l'histoire et nous parlent des différents personnages. Par la suite, "Casting the Film", comme son nom l'indique, s'attarde sur le processus du casting et sur les raisons pour lesquelles les acteurs ont été choisis. Ces derniers discutent des aspects qui les ont attirés et de leurs expériences pendant le tournage. Finalement, "Visual Design" se concentre sur les costumes, les décors et les effets spéciaux. Ce segment demeure le plus intéressant des trois. Pour terminer, on retrouve une douzaine de bandes-annonces d'autres productions distribuées par Sony Pictures.

"The Exorcism of Emily Rose" est un bon film qui innove en mélangeant efficacement l'aspect horreur avec le drame judiciaire. La réalisation de Derrickson est solide et la distribution d'ensemble l'est tout autant. Les amateurs de films d'horreur purs et durs qui s'attendent à deux heures d'épouvante sont mieux de regarder ailleurs, mais je recommande cette édition aux autres, qui y trouveront en plus une belle brochette de suppléments. Cette édition "unrated" comporte environ trois minutes de scènes additionnelles qui se déroulent pendant le procès. Ne vous attendez donc pas à avoir la chair de poule et à voir vos démons intérieurs se réveiller pendant ces séquences.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments7
Vidéo8
Audio8