"Tu es comme un chien: incapable de s'arrêter de manger (...)"
Depuis le très abyssal Jason va en enfer (1993), les rumeurs ont plané sur une éventuelle rencontre entre les deux maniaques assassins d'adolescents. Des dizaines de scénaristes (ce n'est pas une exagération) sont passés devant les exécutifs avec des idées toutes plus farfelues ou intrigantes, mais s'en sont retournés bredouille, sans aucun espoir de voir leur idée se réaliser. Ce n'est qu'après une décade que les producteurs se sont décidés à choisir un script et un réalisateur afin que le projet puisse voir le jour, dans l'idée d'en faire une peu, mais probable série.
Jason Voorhees a raccroché sa machette depuis un bon moment (et pour cause, il est mort). Durant un rêve, l'image de sa mère le conjure de s'éveiller afin de se rendre sur Elm Street et punir quelques adolescents malveillants. Ainsi commence le cruel jeu de Freddy Kruger, manipulant Jason afin de revenir dans les songes des habitants de Springwood, ville qui a décidé de bannir Freddy en utilisant une drogue en capsules du nom de "hypnosil", qui supprime tout cauchemar, mais qui empêche également de rêver. Les autorités ont ainsi pris sur elles d'ignorer Freddy et son règne de terreur afin de le confiner aux annales de l'enfer. Mais après que Jason se soit rendu au 1428 rue Elm, et suite au meurtre d'un adolescent, les témoins commencent à parler à nouveau de Freddy et un nouveau cycle recommence. Cette fois, le démon du rêve est bien décidé à écrire en lettres de feu son retour et alors que Jason poursuit son massacre de son côté, un groupe de survivants se rend bientôt compte qu'ils sont en danger, éveillés ou non.
Étant un fan des deux séries, il me tardait de retrouver les deux machines à tuer dans la lutte tant attendue. Ce fut un bonheur doux-amer puisque le temps a joué contre mes attentes, lesquelles avaient pris des mesures plutôt incommensurables. On se serait attendu à mieux de la part du studio qui nous a offert Lord of the Rings, mais le résultat est aussi à la hauteur d'autres attentes, car si l'on n'est pas trop exigeant envers le scénario ou la performance de plusieurs personnages unidimensionnels, on se retrouve devant un bon 98 minutes d'horreur façon années 90 début 2000. Il y a bien quelques mises à mort imaginatives (Jason repliant un lit entier en est un), quelques nymphettes sans vêtements (pas autant que dans Piranha 3D) et deux icônes de l'horreur bien décidées à s'offrir quelques rounds de lutte dans une finale qui vaut la peine. Bien sûr, les dialogues sont superflus, mais la réalisation active et nerveuse de Ronny Yu (qui nous a donné Bride of Chucky) est adéquate au genre et permet de passer un bon moment avec le chant du cygne des tueurs originaux (les assassins se sont recyclés en deux remakes différents quelques années plus tard). On retient Robert Englund, en forme plus que jamais dans son rôle ultime de Freddy Kruger, mais les fans noterons l'absence de Kane Hodder dans la peau de Jason, lequel avait interprété le personnage depuis Vendredi 13 - Chapitre 7. Le réalisateur voulait soi-disant un acteur capable d'émettre des émotions derrière le masque, chose superflue lorsqu'on va voir un tel film, puisque d'emblée, cette incarnation de Jason est une forme de mongoloïde et attardé qui peut difficilement émettre des émotions. Malgré ces défauts menus, les univers respectifs de Jason et Freddy se mélangent très bien et offrent un divertissement honnête sans prétention aucune. Les bouleversements qui ont secoué la New Line (Warner Bros. les a rachetés pour éviter la faillite il y a quelques années) ont empêché tout espoir des fans à voir une suite pointer le bout de son nez. En effet, ce sont les bandes dessinées qui sont maintenant le spectacle où se poursuivent les affrontements infernaux de ces créatures du mal. Donc si vous n'êtes pas trop exigeant envers les dialogues déficients, un jeu moelleux des acteurs et quelques effets spéciaux plutôt pauvres (on est bien loin de la série originale des Freddy en guise d'imagination), ce "Freddy Vs Jason" vaut le détour. Avec une intrigue minimale, des personnages aux psychologies douteuses et de l'hémoglobine à revendre, tous les ingrédients d'un vrai petit plaisir coupable, quoi.
Resplendissant, le transfert vidéo offre une très belle image à tout instant. Lors des scènes plus sombres, où la noirceur est quasi totale, ou lors de forts éclairages de couleur primaire, les détails perdent de leur superbe. Néanmoins, saturation, textures et actions permettent un visionnement des plus appréciables. C'est une nette amélioration du transfert du DVD. Côté piste sonore, le tout ne déçoit définitivement pas non plus. L'ambiance voyage très bien par les enceintes du système, l'ambiophonie se chargeant de créer une atmosphère adéquate au spectacle à l'écran.
Jason et Freddy sont passés pour charcuter tout supplément... dommage. Sinon, annexez votre édition DVD de deux disques et vous obtiendrez la même chose que les studios américains ont sortie, excepté que leur Blu-ray ne contient pas la version française. Notez que les DVD ou Blu-ray issus de la New Line ne contiennent pas de version française, excepté s'ils ont changé leur fusil d'épaule récemment.
Si vous attendiez la lutte du siècle, il vous faudra patienter encore un peu, mais ce "Freddy Vs Jason" n'est pas si mauvais quand on pense aux efforts mis pour offrir au spectateur un divertissement un tant soit peu cohérent. On n'a qu'à regarder Transformers: Revenge of the Fallen pour s'en convaincre. Côté audio et vidéo, le tout est d'une excellente facture et les suppléments sur l'édition de nos voisins des États-Unis ont été complètement retirés. Si vous êtes un amateur de Freddy, Jason ou des films d'horreur en général, ce titre saura vous satisfaire à plusieurs niveaux. Pour les autres, une location s'avèrera nécessaire avant l'achat...
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |