Après avoir connu un succès raisonnable au box-office avec son premier remake, le réalisateur Takashi Shimizu décida de porter à nouveau la révision de son deuxième volet appelé Ju-On 2 pour le public nord-américain. L'esprit vengeur de Kayako est toujours présent et empreint d'une violente rage meurtrière plus forte que jamais.
La jolie Sarah Michele Gellar est de retour dans ce deuxième volet et l'histoire débute là où elle s'était terminée, c'est-à-dire à l'hôpital. Aubrey (jouée par le jeune et solide Amber Tamblyn), la sœur de Karen (Gellar) se rend à Tokyo pour la ramener en Amérique. Cette dernière est toujours aux prises avec une force invisible et dangereuse. Lorsque cette dernière décède dans des circonstances nébuleuses, Aubrey décide de rester quelques jours de plus pour éclaircir le mystère. En même temps, une jeune étudiante entre dans la maison, qui a jadis traumatisé Karen, pour prouver sa bravoure à deux autres jeunes filles. Ne connaissant pas les évènements passés, elle découvrira rapidement ce qu'elle a libéré. Puis, pas très loin de là, un jeune garçon n'est pas très enthousiaste avec la nouvelle copine de son père. Ses parents, ainsi que ses voisins, semblent adopter de plus en plus des comportements étranges...
Le deuxième volet de cette franchise est inégal et légèrement plus faible que son prédécesseur. Alors que la rage était essentiellement concentrée dans un seul et même lieu, c'est-à-dire la maison, elle se déchaîne sans aucune limite dans cet épisode. Il est dommage de constater que les conventions sont tombées et que n'importe qui peut être victime de Kayako et de sa rage qui veut tout tuer. L'histoire, par contre, multiplie les occasions (parfois très bonnes) de pouvoir apprécier les conséquences très effrayantes des apparitions de la rage. Notons, parmi les moments forts, l'apparition de Kayako lorsqu'une jeune étudiante prend sa douche dans une salle d'entraînement et lorsque le jeune enquêteur visionne les archives du dossier et qu'il perçoit un bruit sur la pellicule. Les maquillages blanchâtres des visages de Kayako et son fils sont beaucoup plus froids et glaciaux; ce qui aide à créer une atmosphère plus effrayante. Dommage, par contre, qu'on ait tué ces délicieuses scènes en saupoudrant trop souvent les apparitions de la rage sans en justifier sa présence.
Présentés avec un menu macabre réussi, les bonis ne sont pas tous aussi intéressants. D'abord, le producteur Sam Raimi nous présente trois courtes histoires tirées de l'ambiance "The Grudge" qui sont très divertissantes et originales. Puis, le réalisateur Shimizu a rassemblé plusieurs clips montrant les différents acteurs du plateau à l'œuvre avec une musique angoissante. Malheureusement, après quelques minutes, on ne peut s'empêcher de passer à un autre menu puisque ce boni s'adresse beaucoup plus aux artisans qu'aux spectateurs. Ensuite, on y retrouve quatre documentaires sur différentes étapes du tournage. "East Meets West" m'a particulièrement plu, puisque les acteurs racontent la difficulté qu'ils ont eue à se comprendre sur le plateau parce que le réalisateur Tkashi Shimizu ne parle pas l'anglais. Notons aussi que le réalisateur ne montre jamais le visage de l'actrice qui incarne Kayako au cours de ces documentaires de façon volontaire. Certaines scènes supprimées sont très pertinentes, car l'une d'entre elles nous présente une fin plus ouverte qui laisse une place à un troisième volet. Chacune des scènes aurait pu s'y retrouver puisqu'elles complètent certains moments qui furent raccourcis au montage.
L'aspect visuel de l'image est très soigné comme la photographie qui joue beaucoup avec le rouge et le noir. Les contrastes étant bien maîtrisés, l'œuvre de Shimizu ne peut qu'en profiter. La piste sonore française (réalisée au Québec), bien proportionnée, peut devenir très angoissante grâce aux bruits de gorge de la rage.
Même si on nous a présenté un deuxième volet légèrement plus faible, on ne peut qu'espérer voir le réalisateur Shimizu rebondir prochainement et nous donner une troisième histoire meurtrière plus solide pour clore la trilogie.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |