Halloween (2007)
Alliance Altantis

Réalisateur: Rob Zombie
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 110 / 121 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51 - version cinéma seulement)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 30
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

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Selon Simon Bergeron
2 juillet 2008

Refaire une œuvre débordante de minimalisme et d'expressionnisme allemand doublé d'un suspense efficace sans la moindre goutte de sang, ça tient tout bonnement du suicide artistique ou de la réussite. Après huit films d'une série qui ne faisait que déambuler vers le bas, "Haloween" revient avec Rob Zombie à la barre. S'acquittant de la double tâche de metteur en scène et de scénariste, il parvient, sans copier le chef-d'œuvre de John Carpenter, à livrer un film efficace dans lequel les cellules familiales et sociales s'influencent mutuellement. Cette nouvelle mouture promet de par le seul nom de son réalisateur attaché, surtout quand on connaît son goût pour ne reculer devant rien. Que les choses soient bien claires: ce n'est pas Carpenter, c'est Zombie et son Michael Myers est bien décidé à rattraper son retard. Pour les besoins de la cause, les deux versions disponibles ont été étudiées: la version cinéma de 110 minutes et le montage du réalisateur totalisant 121 minutes (oui, je suis suffisamment cinglé pour me procurer les deux :) .

Michael Myers (Daeg Faerch) est un petit aux allures innocentes... en apparence puisque son entourage ne cesse de le titiller et le pousser à bout. Tout d'abord, sa sœur Judith, véritable bombe sexuelle ambulante, son beau-père Ronny et la plupart des étudiants cherchant les problèmes à son école le prennent comme bouc-émissaire. Seule sa mère demeure dans l'ignorance, trop occupée à essayer de joindre les deux bouts et garder l'équilibre de sa famille intact, pour le peu qui lui reste. Seulement, un soir d'Halloween, Michael en a assez. Empoignant couteau et masque, il bâillonne son beau-père et lui tranche la gorge, abat le petit ami de sa sœur à coup de batte de base-ball et finit sa sœur à l'arme blanche. Une fois interné, le jeune Michael ne semble conserver aucun souvenir de ce qu'il a fait durant cette terrible nuit. Le docteur Loomis (Malcolm McDowell) est ainsi donc attitré à l'évaluation psychiatrique du jeune Myers. Peu à peu, Michael sombre dans un mutisme, se cachant derrière ses masques qu'il fabrique durant son séjour. Après 15 ans, le jeune Michael est maintenant devenu une armoire à glace de plus de 7 pieds et parvient aisément à s'échapper de l'asile. Le docteur Loomis, ayant publié un livre et fait son lot d'argent sur le dossier, décide de traquer le meurtrier dans une quête de rédemption qu'il espère salvatrice.

Pas facile de s'attaquer à une pointure forte du cinéma d'horreur, surtout quand le modèle n'en contenait pas. Cependant, Zombie a su réussir à insuffler assez de différences entre les deux œuvres pour parler non d'un remake, mais carrément d'une nouvelle vision. N'en déplaise aux fans inconditionnels de Carpenter, le nouveau film de Zombie possède également son lot de forces savamment exploitées: son récit est la parfaite inversion de ce que Carpenter a fait en 1978, tant dans le fond que la forme. Il en conserve quelques ingrédients essentiels: le masque caractéristique de Michael Myers, la musique minimaliste, le silence de son monstre enragé, et plusieurs autres. Surprise, la sauce fonctionne, surprend et horrifie à souhait. Là où Carpenter se rebiffe, Zombie se complaît: érotisme, horreur, hémoglobine, violence, etc. tout ça est au rendez-vous. À noter que la différence entre les deux versions est minime: la scènes d'évasion de Michael Myers et quelques plans plus gore, et une étude plus poussée de la chute dans le silence du jeune Myers par le docteur Loomis. Plus intimiste, cette version est aussi la meilleure pour ce qu'elle amène.

Les extras contenus sur les deux versions sont les mêmes (excepté la piste de commentaires qui varie... un peu): ainsi, le second disque nous propose une fin alternative, des scènes coupées avec commentaires alternatifs de Rob Zombie, des scènes ratées, une revuette explorant les masques de Michael Myers, un making-of, des entrevues, des tests d'acteurs, le bout d'essai pour Scout Taylor-Compton (Laurie Strode) et des bandes-annonces. Bien que le tout totalise près de deux heures de suppléments, il y aurait eu matière à offrir une revuette sur la production un peu plus substantielle. On passe rapidement au fait que Rob Zombie est un artiste qui ne s'avoue pas comme tel, que les acteurs sont tous très contents de jouer pour lui, que la production ne semble pas si bien nantie que ça... nous, on veut savoir ce qui motive un type à refaire un film... et heureusement, Zombie l'explique dans les derniers moments avec éloquence: "je ne voulais pas refaire le film de Carpenter parce qu'il existe déjà, ça serait idiot de vouloir recopier son travail". Merci Mr. Zombie.

La décoloration de l'image offre une aura d'automne tout au long du film, jusqu'à son crescendo démoniaque virant sur les teintes glaciales de bleu. Pas un décor ne semble susceptible de représenter un abri temporaire pour quiconque et ce n'est pas la cinématographie qui le contredira: cadrages serrés, ambiance immobilière étouffante surtout pour la seconde partie (l'asile), etc. Seule couleur qui ressort d'entre toutes: le rouge sang, l'hémoglobine déversée généreusement tout au long du film. On ne perçoit aucun défaut de compression d'une version ou de l'autre (les ajouts ont bénéficié du traitement qu'aurait eu un film à sa sortie en salles). Côté sonore, c'est superbe! Jamais Michael Myers n'aura eu autant d'impact. Lorsque survolent en éclats les murs, que s'abat la lame tranchante du tueur, que retentissent les hurlements de ses nombreuses victimes, on est au milieu du cauchemar très bien orchestré. Les menus constituent, pour la page principale, d'un montage de scènes du film sur fond sonore musical tandis que toutes les autres pages sont fixes, mais demeurent musicales. Un effort correct dans la mesure où il aurait peut-être été nécessaire de réfléchir 10 minutes de plus pour offrir un menu plus adéquat. Néanmoins, ça complète bien le carnet des tâches à remplir.

"Halloween" version 2007 n'est pas pour tout le monde. Les fans les plus invétérés envers l'œuvre de Carpenter demeureront sceptiques, voire négatifs à son égard. Toutefois, malgré les libertés que Zombie s'est appropriées, le métrage fonctionne: ça carbure à haute rage, et on attend impatiemment une suite imminente étant donné le succès remporté en salles. En souhaitant voir un peu plus de Loomis, personnage le plus énigmatique du film. Juste pour l'audace de relecture de ce classique, ça vaut le détour.


Cotes

Film8/9
Présentation7
Suppléments8
Vidéo10
Audio10