Halloween [Blu-ray]
2 Disc Unrated Collector's Edition
Miramax Films

Réalisateur: Rob Zombie
Année: 2007
Classification: NR
Durée: 121 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (TrueHD51, DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-25)
Code barres (CUP): 065935821212

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
4 juin 2010

Après maintes suites aussi utiles au cinéma qu'une gastro-entérite, les producteurs ont senti que le temps était venu, après près de 30 ans, de faire un remake puisque faire des suites originales semblait impossible. Rob Zombie avait une idée en tête depuis longtemps et obtint la réalisation et scénarisation. Le succès était plutôt bon pour un film de ce budget: près de 10 millions de budget pour 60 millions en salles. Ce qu'on appelle un très bon retour.

Dans les années 80, la famille Myers en est une plutôt dis-fonctionnelle, et c'est peu dire: le beau-père est un paresseux hyper-violent au bras cassé. Judith, la sœur plus âgée, n'hésite pas à exhiber ses courbes, le petit Michael est entre eux et contient toute cette rage et la mère est une danseuse de charme qui essaie de joindre les deux bouts, la seule à avoir véritablement toute sa tête dans ce potage de cinglés. Michael fait rire de lui dans l'école en plus de contenir un tempérament hyper-violent. Deborah, la mère de Michael, est appelée à la direction, à rencontrer le psychiatre Samuel Loomis, qui détecte déjà en Michael des problèmes de comportement graves. La soirée de l'Halloween, alors que Deborah est allée faire son boulot et que Judith passe du bon temps avec son copain à l'étage, le petit Myers décide de péter un câble. Il tue tour à tour sa sœur et son beau-père, deux résidus sans avenir... seulement, après avoir été interné un certain temps pour ce geste, Myers perd la carte pour de bon, jusqu'à en perdre la parole.

Ce remake vient chambouler beaucoup de choses du film original de Carpenter. Seulement, il faudrait le voir sous un autre œil, car la vision de Zombie, bien que très violente et cynique, offre un portrait de la famille de Myers sous un jour nouveau. Bien sûr, les clichés sont tous là et rempilés avec force, mais pendant un moment, le spectateur se prend presque de pitié pour Myers lorsqu'il se venge... c'est lorsqu'il perd la carte qu'on réalise combien ce qui était un humain n'en est plus un... au sens figuré, car Zombie en a fait un malade avec sa propre logique au lieu d'une métaphore du mal éternel. Zombie a une approche esthétiquement plus lugubre que celle de Carpenter. Son remake reprend donc plusieurs idées développées par le film original, mais seulement le début innove sur le plan de la dynamique de la famille. Les acteurs jouent exagéré et les scènes sont tournées avec un certain sens de l'urgence, comme si l'horaire de tournage était imprimé sur leur visage, mais on sent également un plaisir évident à faire ce film (ce qui ne semble pas le cas de sa suite, oh non!). Le rythme passe relativement vite à un point que la finale semble poussée pour terminer le film au plus vite. Malgré ses défauts, le film demeure de facture honnête et respecte ses promesses de livrer un divertissement. Inégal, mais divertissant. Ça se regarde très bien à l'Halloween, et si vous avez une connaissance mesurant près de 6 pieds 7, ne vous demandez pas en quoi il se déguisera cette année...

Ce montage du réalisateur offre également plusieurs scènes rallongées et d'autres différentes que celles vues en salles. Les scènes différentes sont un peu plus dérangeantes et celles rallongées le sont avec un certain bonheur. Il s'agit d'un montage du réalisateur plutôt intéressant que certains autres se contentant de rajouter du sang ou des scènes racoleuses.

Pellicule au grain moyen, couleurs désaturées au point de rappeler Saving Private Ryan, une couleur de sang à douter de la santé des victimes, le transfert est beau et permet un déroulement impeccable du film. Certains passages sont un peu trop sombres et font perdre des détails importants, mais le film était comme ça au cinéma aussi. Côté textures, le grain de la pellicule ne néglige pas d'offrir son lot de variétés. Les actions et gestes conservent leur intégrité. Difficile d'en vouloir plus... Bon, ici pas de piste audio française, donc je viens de faire cette critique pour presque personne... néanmoins, ceux et celles possédant le bilinguisme seront heureux d'apprendre que la piste audio offerte est puissante et fera rugir votre système de cinéma maison. Les passages plus stressants font réagir vos enceintes arrière avec furie. L'ambiophonie vous place directement entre l'héroïne et Michael Myers... vous êtes dans le film ni plus ni moins. En tant que fan et par respect pour les non-bilingues, je crois qu'Alliance aurait pu ouvrir une enveloppe pour doubler le reste des scènes ajoutées au montage et ainsi permettre à tous d'écouter le film, au lieu de se mettre à dos une bonne partie des acheteurs du Québec. Bien sûr, comparé au reste du Canada, cela ne veut probablement rien dire.

Au rang des suppléments, tout est parfait. Le documentaire de 4 heures et demie contenu sur le second disque offre tout ce qu'on pourrait souhaiter en terme de revuettes sur la production. Sur le premier disque, on retrouve le reste: une piste de commentaires très pertinente et intrigante de Rob Zombie, des scènes alternes avec commentaires optionnels, des scènes ratées, des revuettes sur le masque de Michael Myers, la genèse du remake, des entrevues avec la distribution, des sessions de casting, l'audition filmée de Scout Taylor-Compton et la bande-annonce du film. En effet, on retrouve exactement tout ce qu'on pourrait vouloir d'un film en terme de suppléments. Quoi demander de plus? Rien du tout, c'est parfait et ça fascine presque plus que le film lui-même.

Pas pour tout le monde (quel film d'horreur peut se vanter de l'être?), la vision sombre et hyper-violente de Rob Zombie est néanmoins intéressante par le portrait humanisant que l'on fait du personnage principal de Michael Myers. L'image se tire très bien d'affaire et nous plonge, avec le son, dans le Haddonfield tel que vu par Zombie et compagnie. Les suppléments sont très bons et permettent ainsi d'offrir un catalogue on ne peut plus complet. Que souhaiter de mieux dans ce cas? Cette édition possède absolument tout... excepté une piste sonore française... était-ce trop demander à Alliance que de doubler ces minutes additionnelles?


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments10
Vidéo8
Audio9