"Michael Myers est M-O-R-T!"
House of 1000 Corpses montrait le premier effort de Rob Zombie derrière la caméra. Quelques années plus tard, The Devil's Rejects montrait que le réalisateur avait mûri un peu, que sa caméra s'était trouvé des sujets tordus. Avec Halloween, Zombie avait su prendre une vieille icône fatiguée et l'avait rehaussée. On attendait le meilleur de cette suite, mais il faut croire que le chemin de Rob Zombie dans l'univers de Haddonfield s'arrête ici. "Halloween 2" ne contient définitivement aucune manière de redorer le blason de cette série qui semble aujourd'hui morte et enterrée (même le site officiel est en proie à des problèmes de hackers). Repose Ici... Péniblement.
Directement après les événements du premier film, Laurie Strode est emmenée à l'hôpital d'urgence alors que Michael Myers prend le chemin de la morgue. Après un certain temps, Laurie constate que le personnel de l'établissement de santé est mort. Michael n'est pas loin et la traque. Au moment de porter le coup fatal, Laurie se réveille. Le rêve est le même depuis la tragédie et Laurie doute, malgré l'absence de corps à la morgue, que Michael soit encore en vie et qu'il cherche à poursuivre son œuvre.
Le premier film était bien. Intense, sombre et fait dans les règles de l'art. Seulement, celui-ci semble avoir été fait dans une hâte hors du commun. Tourné en février de 2009, le film a pris d'assaut les salles en août de la même année, soit moins de six mois après le début du tournage. Aussi bien dire que l'absence de toute revuette sur la production montre bien que les facéties des frères Weinstein sont loin d'être terminées quand vient le temps de traire le lait d'une franchise. Ils ont cependant négligé de laisser de la chair à l'animal, car cette suite sans originalité aucune ne propose rien de neuf à se mettre sous la dent. Les efforts de Zombie sont loin d'être convaincants alors qu'il met ses pions où bon lui semble. Ses tentatives de créer une suite qui va dans une autre direction que le simple remake du Halloween II de Rick Rosenthal (1981) sont vaines. Les producteurs lui ont coupé les vivres et, au lieu de donner un budget considérable et un temps de tournage et de post-production adéquat, les bonnes idées se retrouvent à la poubelle et l'ambition prend le bord de la fenêtre pour ne pas revenir.
Ainsi. Les personnages s'envoient des dialogues pourris à la gueule, les scènes d'horreur atteignent de faibles paroxysmes gratuits et le rythme s'en retrouve fortement affaibli. Les seuls bons points vont au réalisateur à s'être déniché quelques acteurs et actrices capables. Scout Taylor-Compton se sort bien d'affaire malgré un script faiblard et radin en véritable frayeur. Même la musique classique attachée à chaque film de la série se retrouve reléguée au générique final. Les ambitions de Rob sont bonnes quant au fait d'offrir un spectacle nouveau. Seulement, les producteurs se sont trouvé toutes les raisons du monde d'essayer de faire plus d'argent avec moins de budgets et, en conséquence, moins de qualité. Seulement, lorsque toute qualité est absente du film, difficile d'en retirer un plaisir quelconque. Les assauts de Michael Myers sont violents, gratuits, remplis de cacophonie et de rage à un point qu'on devient rapidement las de la formule. Seuls les problèmes de Laurie Strode à retrouver la santé mentale procurent au film son unique qualité. Les acteurs livrent des performances en bas de la moyenne et même le vétéran Malcolm McDowell devient une caricature de lui-même tant il en met pour essayer de nous convaincre que son personnage est une ordure de première. L'ambiance morbide est plutôt correcte, mais l'aspect ultra-léché de l'image reprend chaque cliché du catalogue à la lettre, mais ne leur rend aucunement justice comme le très réussi Planet Terror. Les événements du film se déroulent dans l'indifférence et les acteurs ne parviennent même pas à sauver les quelques ambitions du film de sa cruelle noyade. Cette version comprend un bon nombre de scènes différentes de la version présentée en salles. Seulement, ça rallonge la torture de voir le film davantage que d'améliorer l'histoire. Ce film ressemble plus à un "Fuck You" de la part du réalisateur pour ses producteurs que d'une véritable tentative de créer une suite agréable. On se rend bien compte de l'incapacité à quiconque dans cette équipe de produire sans réfléchir aux signes de dollars. Après tout, le premier film avait rapporté pas loin de 70 millions en 2007. Difficile de dire pour celui-ci, mais le flop a été terrible.
Après cette dernière visite dans la ville natale de Michael Myers, Rob Zombie n'y reviendra probablement jamais, et avec raison. Si les producteurs s'entêtent de donner des budgets ridicules et des horaires impossibles à tenir, il est fort probable que l'on ne reverra pas Michael Myers et compagnie revenir sur les écrans de cinéma de sitôt. Même Dimension n'est plus distributeur original de la série. Aux États-Unis, c'est Sony qui s'occupe de cette édition.
Plutôt mauvaise, l'image ressemble en tout point à celle du DVD. Le grain ultra-présent retire la plupart des petites richesses des décors naturels. Ce qui aurait dû offrir un aspect plus "grindhouse" à la narration devient une surenchère de scènes sombres qui, malgré leur violence, perdent en clarté. Zombie n'est pas le meilleur cinéaste du monde, ça, on le sait, mais la photographie déficiente du film n'aide pas non plus à régler les problèmes. Les contrastes sont extrémistes et on sent un trop grand désir de désaturer l'image et de la rendre sale, comme pour nous prouver que le film est bourré de salauds et que Haddonfield n'est rien d'autre qu'un cirque de freaks. Correcte, la piste audio ne bat cependant pas de record. Lorsque Michael attaque, impossible de comprendre quoi que ce soit tant la musique s'énerve et que les effets sonores ne font qu'en rajouter plutôt que de judicieusement doser (Planet Terror encore en tête). Inutile de chercher une quelconque ambiophonie puisque le peu d'intelligence dans les effets sonore est enterré par une surenchère clichée au possible.
Loin d'être aussi définitive que le film précédent, la section des suppléments n'offre que trop peu à se mettre sous la dent qui aurait un intérêt. Seule la piste de commentaires de Rob Zombie propose de bons moments dans lesquels le réalisateur se vide le cœur quant aux multiples problèmes rencontrés durant la production. Pour un peu, on le prendrait presque en pitié. De courtes auditions, des tests de maquillage, des scènes ratées (le second meilleur supplément), des clips musicaux nuls et des routines d'un comédien raté complètent le lot inintéressant.
Halloween le remake était une excellente idée qui rencontrait de bonnes ambitions. Sa suite directe retourne dans les pires moments de la série et finit de clouer le cercueil de cette franchise. On imagine déjà les producteurs à faire un troisième film juste pour rentabiliser sur l'échec commercial et critique de cette inepte suite. Un transfert déficient et un audio modestement réussi ainsi que des suppléments sans intérêt finissent de compléter cette galette, probablement la dernière fois que des producteurs auront cette idée brillante de retirer toutes les ambitions d'un réalisateur... espérons.
| Film | 2 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 7 |