Hellraiser III: Hell On Earth
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Réalisateur: Anthony Hickox
Année: 1992
Classification: R
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
3 juin 2007

Contrairement à la pensée populaire, les icônes du mal ne sont pas aussi faciles à dénicher et ce, malgré leurs innombrables suites. Il y a, bien entendu: Michael Myers (Halloween), Jason Voorhees (Friday the 13th) et Freddy Krueger (Nightmare on Elm Street) pour fermer le lot. Parfois, se rajoute à ces noms de temps à autre, celui de Pinhead, le démon issu de l'imagination démentielle de Clive Barker. Ici, dans son troisième volet, qui se voulait également le dernier (n'est-ce pas la mode de terminer une franchise pour la continuer plus tard?), le Prince du Mal livre son combat le plus visuellement impressionnant afin d'ouvrir les portes de l'enfer et littéralement déchaîner l'Enfer sur Terre.

Joey (Terry Farrell, interprète de Dax dans la série Star Trek: Deep Space Nine), une jeune reporter de télévision, enquête sur une montée d'entrées à l'urgence, un soir où, ironiquement, rien ne se produit. Son équipe technique part sur un reportage ailleurs, laissant la jeune femme être seule témoin d'une vue traumatisante: un jeune homme est transporté en civière d'urgence, pourvu de chaînes attachées à sa chair. Désireuse d'en savoir plus, Joey s'introduit dans un bar que l'homme aurait fréquenté avant de périr atrocement. Elle rencontre le propriétaire des lieux qui, tout récemment, a fait l'acquisition d'une statue représentant des figures torturées. Hantée par des rêves où son père est massacré au Viêt-Nam sous ses yeux et impuissante, Joey tente néanmoins de refaire ses forces en vue d'une lutte qui se prépare à son insu et dont l'issue n'est ni plus ni moins que l'avenir de toute vie sur Terre. Pinhead, désormais libre, usera de tous ses trucs afin de convaincre la jeune femme de lui remettre le seul outil capable de le détruire: la boîte casse-tête. Joey devra faire face à une horde de démons sous le joug de Pinhead, produits défigurés et torturés de leurs obsessions fatales.

Ce troisième opus, écrit par Peter Atkins, tombe dans veine plus édulcorée que Clive Barker, mais en parallèle avec une critique de la société. Le sous-titre de "Hell on Earth" (traduction: "L'Enfer Sur Terre") n'est donc pas anodin. Les liens faits entre la guerre du Viêt-Nam et la société de consommation sont tels qu'ils deviennent une petite gâterie à regarder tout en riant jaune. Les acteurs livrent une performance somme toute au-dessus de la moyenne, surtout Terry Farrell et Doug Bradley (dans un double rôle). Le rythme du film est quelque peu lent, mais nécessite ce temps d'exposition pour les personnages et leurs rapports dans l'histoire. Il est intéressant de voir un film dans lequel il n'y a qu'une faible minorité de personnages s'insultant, c'est très rafraîchissant après les films tels Scream ou I Know What You Did Last Summer. La direction d'acteur est très bien. Anthony Hickox connaît les enjeux d'un tel scénario qui se voulait pour l'époque, épique. Les effets spéciaux, quant à eux, sont ce qui souffre le plus du passage du temps. Quelques faibles utilisations timides de l'ordinateur, mais encore beaucoup de stop-motion ainsi que du dessin sur pellicule, mais l'important est que le tout fonctionne. À cela, je réponds par l'affirmative. Les maquillages sont très bien réussis et l'horreur ne se gêne pas pour apparaître aussi souvent que possible. Aussi bien le dire: le film d'Anthony Hickox mérite sa place à côté des deux premiers "Hellraiser".

Les suppléments ont rarement fait partie de la série des "Hellraiser". Nous avons donc droit à une bande-annonce du film ainsi qu'une revuette intitulée "Clive Barker: The Art of Horror". Durant 30 minutes, Clive Barker nous expose en détail sa vision de l'horreur et à quel point cette dernière fait partie de l'histoire et de son inspiration. Ses propos sont pertinents et bien amenés dans une entrevue datant tout de même de 1992. Il est possible de déceler ce qui plaît à l'auteur, les compromis qu'il a dû faire pour en arriver à créer Pinhead et plus encore. Une belle petite mine d'information que tout fan de l'artiste multidisciplinaire (il écrit, fait des films, peint, etc.) devrait visionner. C'est là le lot d'extras que Paramount a décidé d'offrir. Pour ce qui est des menus du DVD, ils sont à l'image de la pochette: immobiles et sans musique, mais le principal est le film et sa copie.

Presque irréprochable, "Hellraiser III" offre un transfert sans égratignures d'époque, ou de compression digitale. Un vrai beau travail qui mérite chaque sou dépensé pour s'offrir le dernier film de la série à porter fièrement le titre de "Hellraiser". Quant au son, la galette numérique aurait pu aisément se garnir d'un Dolby Digital 5.1, étant donné l'espace restant sur le disque. Au lieu de cela, nous avons un Dolby Surround qui se répartit surtout aux deux enceintes du devant. C'est peu, mais concernant ce film, il s'agit de la meilleure édition en Zone 1 côté audio et vidéo.

"Hellraiser III: Hell on Earth" est sans aucun doute le film le plus achevé, le plus épique et rempli d'horreur de la saga. Sans faire ombrage au chef-d'œuvre de Clive Barker (il n'est pas aussi tordu), ni en lui étant inférieur (Hellraiser V: Inferno), ce troisième chapitre se pose dignement en tant que critique survoltée de la société de la fin du 20e Siècle. Il est également un très bon film de clôture à une trilogie qui aurait dû en rester là et ainsi conserver l'honneur qui lui restait. Si Léonard De Vinci avait peint des Mona Lisa toute sa vie, l'impact de la première aurait perdu de son importance.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments6
Vidéo8
Audio7