Les films à suspense qui à la fin nous font demander comment on a pu être berné ainsi pendant une heure et demie sont surtout connus depuis le très célèbre The Sixth Sense. Plus récemment, nous pouvions aussi être bien surpris du final de Secret Window avec Johnny Depp. Dans ce type de film, on se laisse emporter par l'histoire et on ne se doute pas vraiment de l'issue du film. Le problème avec ce type de production, c'est que le deuxième visionnement n'a pas le même impact, bien entendu. "Hide and Seek", que nous propose Fox aujourd'hui, va un peu dans le même sens. Une évolution crescendo pour un final qui se veut alto.
Le psychologue David Callaway (Robert de Niro) doit changer un peu sa vie pour permettre à sa fille Emily (Dakot Fanning) de sortir de la torpeur dans laquelle elle est tombée suite au suicide de sa mère Alison (Amy Irwing). Emily, qui est placée dans un centre adapté, est suivie par une collègue et amie de David, Katherine (Famke Janssen). Cette dernière n'est pas très emballée quand Callaway lui annonce son intention de déménager avec sa fille dans une grande maison, dans les bois de Woodland, au nord de l'état de New York. Emily ne semble pas non plus très heureuse de ce changement, mais il faut bien dire que ses émotions ont du mal à transpercer. Pourtant, dès leur arrivée, Emily va changer son comportement et un nouvel ami viendra jouer avec elle: Charly. Mais dans le même moment, ce Charly, un être plutôt imaginaire, troublera la quiétude du petit couple dans son désir de se refaire une vie tranquille et paisible loin des souvenirs difficiles et tristes. Il interviendra même dans la relation amicale que David commencera à entretenir avec une habitante du coin, Elizabeth (Elisabeth Sue). Mais le temps passant, ce Charly va devenir de plus en plus entreprenant jusqu'à remettre en question le passé de David. Qui est-il pour intervenir ainsi et utiliser la jeune Emily comme intermédiaire?
Avec une belle liste de comédiens reconnus, et j'y inclus sans aucun problème la jeune, mais très talentueuse Dakota Fanning (qui de blonde est devenue brune ici), nous avons un film intéressant, mais auquel il manque un petit quelque chose pour être encore meilleur. Le scénario n'est pas mauvais et nous avançons au rythme des indices qui nous sont donnés, parfois de façon un peu mystérieuse. À nous de remettre en place, tranquillement, les pièces du puzzle. Certains personnages, tel que le shérif local, Hafferty (Dylan Baker), apportent cette petite touche qui remet en question notre jugement. Sans parler des voisins et de leurs problèmes personnels qui ne sont pas plus inoffensifs. Bref, tous les ingrédients pour un bon suspense sont là. Alors, qu'est-ce qui ne fonctionne pas vraiment pour bien faire prendre la sauce? J'avoue que je ne peux pas trop m'avancer dans cette idée sans donner des indices qui gâcheraient le visionnement. Plus généralement, je dirais que le film est un peu trop lent par moments, avec trop de "parlottes". Malgré tout, le montage sait nous mettre en situation de peur et de surprise, mais malheureusement, cet état retombe vite, trop vite. Et malgré un jeu des plus convaincants, nos excellents acteurs, d'accoutumée, nous livrent ici des personnages un peu fades et sans trop de relief. Un petit peu plus de caractère aurait été meilleur.
L'édition que nous propose Fox est techniquement assez bien réussie. Nous avons un transfert à la limite de la perfection, avec des images très nettes et précises et des nuances de couleurs qui s'adaptent bien à la situation, même dans les scènes plus sombres. Les amateurs de sensations fortes seront assez bien servis avec les bandes sonores offertes. Même la piste française, seulement en Dolby Surround, a des effets très percutants. Alors, imaginez les pistes anglaises Dolby Digital ou DTS 5.1. J'ai par contre remarqué, une fois n'est pas coutume, que la piste DTS avait une dynamique légèrement inférieure à la piste Dolby. La page de menu principale est animée et sonorisée et les pages secondaires sont statiques et muettes.
Pour les suppléments fournis, nous avons une piste de commentaires du réalisateur John Polson, accompagné par le scénariste Ari Schlossberg et le monteur Jeffrey Ford. Cette formation a l'avantage de ne pas se limiter aux images seules, mais, par exemple, de nous informer sur l'écriture de certaines scènes ou sur les difficultés de tournage de certaines autres. Ils nous parlent aussi des prestations des acteurs, ce qui n'est pas toujours possible lorsqu'un ou plusieurs des acteurs font partie de ces pistes de commentaires. Malgré sa présence régulière aux États-Unis, on entend légèrement l'accent australien de Polson et certaines de ses explications demandent un petit peu plus d'attention si l'anglais n'est pas une langue habituelle chez nous.
Dès le début, nous avons le choix de voir le film tel qu'il a été vu en salles ou avec l'une des quatre fins alternatives. Mais nous retrouvons ces finales parmi les suppléments. Il vaut mieux, si on ne connaît pas le film, voir d'abord la version originale et ensuite seulement aller voir les fins alternatives. En effet, malgré le fait qu'elles ne soient très éloignées les unes des autres, elles comportent un scénario bien différent. Là encore, pour ne pas trop dévoiler d'intrigue, je ne vais pas les détailler, mais sachez qu'elles donnent au film une fin plus ou moins optimiste. Là encore, une piste de commentaires optionnelle est disponible pour ces fins avec les explications de leur conception, mais aussi de leur intérêt. On remarquera par contre un petit problème avec la porte de la chambre. Je vous laisse trouver quelle est l'erreur. On poursuit les suppléments avec onze scènes supprimées, encore avec une piste de commentaires optionnelle avec les mêmes intervenants. On regrettera que certaines de ces scènes ne soient pas dans le film, elles auraient donné un autre souffle, je pense.
Le traditionnel documentaire sur la production ne manque pas à l'appel. Pendant un peu plus de dix minutes, nous assistons au tournage de quelques scènes du film et voyons les acteurs, principalement la jeune Dakota, qui, du haut de ses dix ans (au moment du tournage), ne manque pas de présence et de personnalité. Je ne vous conseille absolument pas de regarder le documentaire de production dans les suppléments avant de voir le film. Il contient beaucoup trop d'informations qui gâcheraient votre visionnement, ce qui est plutôt étrange. Finalement, dans le segment "Previs Sequences", nous voyons les différences entre la conception en images préparatoires et la séquence finale de trois scènes du film. Ce segment des suppléments est lui aussi avec le commentaire du réalisateur, qui a décidément beaucoup de choses à dire sur son film. Parlons-en, d'ailleurs, de ce réalisateur, John Polson, qui n'est pas un inconnu devant la caméra. Cet Australien de naissance a même déjà partagé le même lit et échangé des baisers avec un autre natif de la même région (en fait, la Nouvelle-Zélande), Russel Crowe, dans un petit film australien de 1994 The Sum of Us, qui se veut une belle histoire sociale d'aujourd'hui, où l'orientation sexuelle de chacun ne doit pas se placer en travers de la vie et nous faire oublier d'autres priorités. Si vous ne connaissez pas, je vous le recommande fortement. Quant à John Polson, pour ses réalisations, signalons sa précédente qui est aussi un bon suspense, Swimfan.
On pourrait me faire remarquer que j'en ai beaucoup à dire sur un film que je ne juge pas très bon. En fait, c'est le genre de film que certains d'entre vous risquent adorer et d'autres détester. Alors autant rester dans un ensemble plus informatif que critique. Personnellement, j'apprécie beaucoup le jeu de Dakota Fanning qui m'avait complètement hypnotisé par son talent dans Taken, alors qu'elle n'avait que sept ans. Plus récemment, on peut la voir dans le dernier succès de Steven Spielberg, War of The Worlds aux côtés de Tom Cruise et l'entendre dans Lilo and Stitch 2: Stitch has a Glitch où elle est la voix de Lilo (sortie en DVD à la fin de l'été 2005). Quant à Robert DeNiro, il nous a offerts mieux dans son répertoire. Le résultat est comme une recette maison: ce n'est pas mauvais, mais avec quelques ingrédients mieux dosés, ça aurait été meilleur.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |