The Hills Have Eyes
Unrated
20th Century Fox

Réalisateur: Alexandre Aja
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 108 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol / Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Sébastien Noël
19 août 2006

Le réalisateur français Alexandre Aja avait complètement surpris et renversé les amateurs de films d'horreur avec sa deuxième production Haute Tension. Après plusieurs années de discussions et des problèmes de distributions, Aja nous propose son tout dernier: "The Hill Have Eyes" version 2006 avec la bénédiction de Wes Craven, l'auteur original de l'époque.

Ayant acquis au fil des années une certaine réputation et étant devenu pour des films comme Wrong Turn, une référence et influence importante, The Hill Have Eyes (version 1977) s'inscrit dans la mode des films d'horreur où la survie d'un ou des personnages est l'enjeu essentiel du film. Bob Carter (joué par Ted Levine) et sa femme Ethel (Kathleen Quinlan) veulent profiter de leur anniversaire de mariage pour rassembler la famille et souligner l'événement avec eux à bord de leur motorisé à destination de la Californie. Même si tout le monde est présent, ils ne sont pas nécessairement heureux d'être là! Lynn, la fille aînée et son mari Doug doivent sans cesse composer avec la paternité pointilleuse du père qui supporte difficilement les croyances démocrates de son beau fils. Puis, Brenda (la jolie Emilie De Ravin qui joue le personnage de Claire dans Lost), qui aurait aimé mieux passer la semaine à Cancun avec des amis et finalement, Bobby, le jeune adolescent qui s'occupe en grande partie des deux chiens de la famille. Lorsqu'une crevaison inattendue de pneus survient en plein désert, le père et le beau-fils décident de partir chacun de leur côté pour aller chercher de l'aide. Tout comme le reste de la famille, ils ne tarderont pas à découvrir que les collines sont habitées par des mutants cannibales qui vivent depuis des années sur ce site qui fut autrefois utilisé pour des tests nucléaires.

Tiré d'une histoire vraie qui date du 17e siècle selon laquelle, en Écosse, une famille composé de 48 membres, tendait des pièges aux passants et voyageurs qui s'aventuraient sur certaines routes précises, les tuant et les mangeant par la suite. Le Roi James 1er d'Écosse aurait fini par envoyer 400 soldats pour exécuter la famille et mettre fin à la terreur. L'original avait été écrit par Wes Craven, le scénario par la suite remanié de Aja et Gregory Levasseur devait passer par le maître de l'horreur avant la version finale; ce qui a donné quelques moments de discussions puisque les deux parties avaient certaines divergences. Regorgeant de talents, les deux productions arrivent à égalité pour ce qui est de la distribution des acteurs. Aja aurait voulu intégrer l'acteur Micheal Berryman, vedette de la version de 1977 pour faire un clin d'œil aux nostalgiques, mais il a essuyé un refus catégorique venant de la production. La version 2006 est par contre, beaucoup plus sanglante, violente et gore. Le côté "trash" que l'on pouvait apprécier dans l'œuvre précédente du réalisateur se retrouve avec grand plaisir dans ce remake mais à une dose beaucoup plus forte. Les mutants sont aussi reproduits avec détails et réalisme, de sorte qu'ils foutent la trouille seulement qu'au premier regard. Aja est un des seuls réalisateur d'horreur moderne à utiliser la numérisation des effets spéciaux en dernier recours et c'est tout à son honneur puisque l'on retrouve des effets plus vrais et crédibles.

Mieux vaut vous avertir, c'est du côté scénario que l'on constate quelques failles. Deux scènes précises du film m'ont laissé perplexe et ont laissé des traces lors de l'attribution de la cote finale. Pourquoi Brenda n'alerte pas les autres membres de la famille lorsqu'elle aperçoit un signal bien visible dans les collines venant d'un mutant? Et pourquoi le beau-fils et Bobby ne voient-ils pas les mutants qui ont séquestré les femmes dans la roulotte lorsqu'ils y pénètrent tour à tour pour y chercher un extincteur et un fusil? Deux moments qui brisent malheureusement un réalisme jusque-là terrifiant et une logique à la limite acceptable. Encore une fois, vous y verrez un clin d'œil sympathique aux œuvres Evil Dead et Straw Dogs lorsque le personnage de Doug, trempé de sang, reprend ses lunettes brisées et décide qu'il faut en terminer avec les mutants.

Cette version, présentée dans un format "Unrated", ne contient pas de scène mémorable que vous n'auriez pas vue en salle. Les moments gore sont beaucoup plus longs et certaines scènes méritaient un plan beaucoup plus prononcé. Par contre, côté bonis, les amateurs peuvent visionner un long documentaire (près d'une heure) sur les différentes étapes lors du tournage du film réalisé au Maroc avec une température avoisinant parfois les 48 degrés! On nous dévoile certains trucages comme la coupe des doigts de Doug ou bien la décapitation d'un mutant. On y retrouve très peu d'entretiens avec les acteurs du film qui semblaient être bien installés pour en dire plus (un boni gardé pour une édition ultérieure?). Une piste de commentaires fort intéressante rassemble le réalisateur Aja, le co-scénariste et ami d'Aja , Gregory Levasseur, et la productrice Marianne Maddalena qui nous racontent les nombreuses étapes qui ont mené à bien rendre le projet à terme. Un des problèmes majeurs fut la tempête de sable qui a balayé le village que l'équipe avait construit faisant 3 blessés légers. Une autre, celle-ci, avec Wes Craven et Peter Locke qui ont agi à titre de co-producteurs nous expliquent leurs points de vue qui furent différents par moment. Le film avait eu l'acceptation des frères Weinstein avant que ces derniers penchent pour le décevant Cursed prétextant que Wolf Creek allait faire passer "Hill Have Eyes" pour du réchauffé! Un montage de production et un vidéoclip du groupe The Finalist viennent compléter la partie bonis. Côté visuel, la qualité est remarquable donnant le maximum de crédit aux paysages désertiques et aux décors d'un ton très jaunâtre. La piste sonore est très riche en jeu sonore offrant des bruits et effets qui gratifient le plaisir de regarder ce film d'horreur. Notons au passage, la facilité de pouvoir voguer à travers le menu malgré la riche animation initiale.

"The Hill Have Eyes" est un film solide, sauvage et haletant qui est loin de faire de la dentelle. Malgré deux interrogations douteuses, le réalisateur Alexandre Aja confirme qu'il maîtrise admirablement bien le genre horreur. Déjà, des pourparlers avec Wes Craven sont en cours pour ajouter un autre volet à cette histoire cannibalisme.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments8
Vidéo9
Audio9