Hostel, Part II
Unrated Director's Cut
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Eli Roth
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 95 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagno, Allemand, Hollandais, Italien, Coréen, Mandarin, Thaïlandais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
12 décembre 2007

Les suites. Quel concept merveilleux! On fait un film, il cartonne et pouf, une suite est prévue par le studio. Innovateur, intelligent, déroutant sont parmi les adjectifs qui ne seront qu'en de rares occasions prononcés à l'égard d'une critique de ce type de film puisque la plupart des suites ne sont que des médiocrités pompeuses de fric. Avec un premier Hostel meilleur que Cabin Fever, il était difficile de penser qu'Eli Roth saurait se tirer d'affaire avec une histoire comportant ces mots: écœurant, sauvage, inhumain, encore plus dérangeant que le premier. "Hostel Part II" nous montre non seulement ceci, mais qu'Eli Roth a mûri en tant que scénariste et réalisateur. Meilleur que le premier? À n'en pas douter.

Lors d'un séjour d'études à Rome dans le milieu de l'art, trois jeunes femmes (Lauren German, Bijou Philips et Heather Matazarro) sont abordées par une jolie jeune femme qui les entraîne dans les plus beaux recoins de la Slovaquie. Ailleurs, on transmet les informations concernant ces jeunes femmes à divers hommes d'affaires importants, lesquels n'ont semble-t-il rien de ce qu'ils s'apprêtent à devenir: des meurtriers. Peu à peu, les péripéties des trois étudiantes les mèneront face à face avec les gagnants des enchères à la torture. Peu d'entre eux en sortiront vivants.

Gore, sensuel, stylisé, sombre, "Hostel II" l'est davantage que le premier, qui n'était qu'une incursion minimaliste dans les desseins inhumains de l'âme. L'on suit deux histoires parallèles: l'histoire des étudiantes et celle d'un homme se questionnant sur ses motivations. Mieux ficelé, le script tombe davantage dans les bas-fonds de la psyché tortueuse de l'humain, démontrant des aspects psychologiques surprenants d'efficacité. Cette exposition sert à mettre en scène une finale davantage dégoûtante que ne l'aurait souhaité tout spectateur, et c'est là où Eli Roth frappe dans le mille, que sa critique sociale prend tout son sens. Ici, plus question de simplement montrer de jeunes femmes lubriques et un pays éloigné pourvu d'une organisation tordue. Dans ce film, on entre littéralement dans cette organisation. On en apprend certains rouages. Suffisamment en tout cas pour souhaiter à Eli Roth les idées nécessaires pour un "Hostel III".

Il serait facile de tenter de faire une comparaison entre la série Saw et Hostel, mais à part la torture, c'est tout ce que ces séries ont en commun. La force de Hostel réside dans le fait que son histoire est davantage travaillée et concentrée sur le développement des personnages plutôt que sur des tortures de premier degré. La bande d'enfants du premier film revient et une scène particulièrement cruelle attend le spectateur: un des leurs se fait descendre, ce qui m'a profondément choqué. Il n'est pas habituel de voir périr un enfant à l'écran, mais le réalisateur a la décence de ne montrer que l'émotion absente du responsable (notre imagination fait amplement le reste). Notons également au passage une apparition surprise de Jay Hernandez, seul et unique survivant du premier Hostel et Jordan Lad incarnant sa copine. L'horreur atteignait déjà de hauts sommets avec le premier opus. Celui-ci repousse encore les limites, montrant des scènes aux frontières de l'endurance, renforçant le message social illustré par Roth. Le seul hic est que plane sur le film une aura ressemblant à Tarantino, un peu comme pour le premier.

Les extras contenus sur le disque semblent limités puisque, comme pour la première édition du premier film, on a la vague impression qu'une nouvelle pointera le bout de son nez d'ici peu. Ce sont donc des revuettes sur le tournage (reprenant souvent les mêmes images et pas assez ordonné comme documentaire), les maquillages d'horreur, les décors ainsi qu'un petit documentaire sur la torture à travers les âges. Également disponibles sont une galerie de scènes coupées pas tout à fait utiles au produit final (preuve de la maturité de son auteur), des scènes ratées (pas très drôles), une entrevue radiodiffusée avec Eli Roth (on sent qu'il s'aime ce petit) et la pièce de résistance: pas moins de trois pistes de commentaires avec Eli Roth (seul), Roth, Tarantino et Gabriel Roth et, pour finir, Eli Roth en compagnie de Lauren German, Vera Jordanova et Richard Burgi.

La page principale des menus est animée et musicale, montrant un couloir sombre et des bruits de torture sous la musique de Nathan Barr, le compositeur attitré. Le reste demeure fixe et muet, ce qui semble être une constante dans le marché depuis quelque temps. L'image sur ce DVD est d'une clarté presque limpide. Si ça n'était pas de l'image un peu trop contrastée et sombre, le résultat aurait été parfait. C'est quand même une belle palette de couleurs puisque les saturations, au début très présentes, s'estompent rapidement à mesure que le film se poursuit dans la... décadence, technique que Roth a aussi utilisé pour son premier film. Le son se fait très angoissant, usant les enceintes de manière à nous enfermer dans les recoins glauques de l'usine à tortures. On s'y croirait. Petit bémol pour la version française: après un premier film doublé au Québec, le second doublage vient de la France. Heureusement, aucune expression inconnue comme dans Live Free or Die Hard.

"Hostel Part II" serait, d'après les dires d'Eli Roth, le dernier chapitre dans sa série et il n'y verrait pas vraiment autre chose à y ajouter. Contrairement à la série Saw, c'est un geste à la fois déplorable et à son honneur (Saw est devenu uniquement déplorable depuis longtemps) puisque les idées sombres et inattendues du scénario nous entraînent dans un labyrinthe descendant tout en nous faisant souhaiter un "Hostel III". Durant le visionnement des extras, on peut d'ailleurs entendre Eli Roth affirmer "tel ou tel truc sera définitivement dans "Hostel III". Blagueur ou sérieux? Peu importe, le second film est suffisant pour combler les lacunes du premier en livrant assez de réponses aux questions laissées dans le néant du premier opus. Qui a déjà vu une série d'horreur s'arrêter à deux films?

En terminant, un petit avertissement rabat-joie: les autocollants de la Régie du Cinéma indiquent qu'il est nécessaire d'avoir 18 ans et plus pour voir ce film et croyez-moi lorsque je vous dis que ça n'est pas là pour rien: il y a bon nombre de scènes de torture dans un contexte réaliste et, pour les amateurs, il y a aussi un bon lot de nudité féminine à l'écran. Si vous louez "Hostel Part II", faites-le en connaissance de cause et en respect de la cote exigée, s'il vous plaît. L'alcool comme le tabac et la loterie, ça s'adresse à un public suffisamment âgé pour en connaître les conséquences. Les films, c'est pareil.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments7
Vidéo9
Audio9