House of the Dead II: Dead Aim
Lionsgate

Réalisateur: Mike Hurst
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 95 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51,DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
21 juin 2007

Qui dit suite dit immédiatement recyclage. Cette fois, ce n'est pas dans le sens de reprendre le premier film au pied de la lettre. Bon... oublions ce qui s'est produit dans l'original et tentons de se faire pardonner. C'est du moins ce que l'équipe derrière cette énième suite d'un film qui n'a pas fonctionné semblait vouloir passer comme message. Avec une nouvelle distribution et un scénario qui copie allègrement Resident Evil: Apocalypse (vous qui avez vu le film, vous reconnaîtrez aisément les emprunts), peut-on croire qu'il y ait une infime chance de rédemption dans la série? Hé bien non, apparemment. Avec la cote qu'ont les morts-vivants sur les tablettes des clubs vidéo ces derniers temps, une recette goûte meilleur quand elle parvient à reproduire l'eau (transparence, goût et tout cela). Il faut également considérer le fait que ce métrage se situe bien loin du premier opus malgré plusieurs déceptions apparentes qui ne sauvent pas l'entreprise (désolé Capitaine Kirk).

Dans un collège, un virus transformant les humains en dévoreurs de chair (il y en a combien dans le monde?) se répand, suite à une expérience qui a mal tourné (il y en a combien dans le monde??). Une équipe secrète est alors envoyée sur les lieux afin de trouver le zombie qui serait la cause de tout cela, espérant ainsi trouver un potentiel remède à l'infection. Par contre, certains membres de l'équipage ont leur propre vue sur ce qu'ils comptent faire une fois l'échantillon retrouvé (il y en a combien dans le monde???).

Les personnages du premier film ne pouvant avoir que trois émotions (colère, peur et indifférence, ce troisième élément étant nettement plus utilisé), l'histoire de Peter Sheerer et Michael Roesch les abandonne en court de route pour laisser place à un ersatz de Resident Evil avec encore moins d'expression faciale. Les références pleuvent tout au long du film tant dans la mise en scène que l'aspect visuel. Tout de même, certains ajouts témoignent d'un désir de ne pas uniquement bouffer à tous les râteliers (autrement dit: copier autrui). À preuve: l'idée d'un zombie possédant la racine virale de l'infection, cette attaque d'une maison d'étudiantes par ses homonymes masculins armés de fusils (chargés de bière) et la présence d'Emmanuelle Vaugier (Saw II) qui, malgré certaines réticences à jouer un personnage convaincant, livre une mouture attachante, aidée de son partenaire Ed Quinn. Le gore, nettement plus présent et cohérent ici, fait bonne figure et ne lésine pas quand vient le temps de verser l'hémoglobine. L'apparition du personnage de Casper (Ellie Cornell) demeure surprenante (voire impossible) étant donné que le personnage y a laissé sa peau dans le premier volet. Là où régnait un chaos total la première fois, "House of the Dead II" tente le pari difficile de jouer la carte du film sans prétention (une bonne chose si l'on considère sa réputation). Il y a une bonne dose de ce qui fait un film d'horreur ce qu'il est. Entre autres choses, de l'horreur sans pitié, de la nudité (yeux masculins aux aguets lors de l'introduction), des fusils, beaucoup de zombies, des maquillages un peu mieux et des personnages caricaturaux au possible. Le hic, et c'est là le lot de tout film à petit budget, demeure lors des scènes d'affrontement de foules. Les zombies, supérieurs en nombre (grosso modo 4000 contre 1, faites le calcul), auraient vite fait de réduire en chair à pâtée les personnages venus s'aventurer inconsciemment sur leur territoire. Que l'équipe comporte 6, 10 ou 20 soldats regroupés, il est plutôt difficile d'oser penser survivre à une telle hécatombe.

En guise de suppléments, nous avons droit à une piste de commentaires intéressante du producteur et du réalisateur, une revuette "The Making of House of the Dead II" expliquant en gros les aspects de la production, quelques scènes coupées de peu d'intérêt ainsi que des bandes-annonces d'autres productions de Lionsgate complètent le lot. Bien que maigres, ces extras ont le mérite d'être à l'opposé du spectre de ceux présents sur House of the Dead, soit d'être cohérents. Croyez-le ou non, nous avons réellement l'impression d'assister à un tournage de film cette fois et non d'une formation en jeu d'arcade puérile.

L'image est belle et dégage très peu de défauts. Les scènes sombres sont faciles à discerner et les couleurs ressortent bien. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 réussit mieux que son prédécesseur à recréer l'ambiance organique propre aux films de zombies. Les basses sont bien équilibrées et quelques fois, les haut-parleurs de derrière nous font faire des sursauts.

Pas un film exécrable comme le premier (qui se mériterait l'Oscar du pire film de tous les temps) mais pas un excellent non plus, "House of the Dead II" a le défaut de vouloir trop ressembler aux autres films de ce genre, ne s'en allant jamais dans une direction précise ou nouvelle. Vacillant entre l'horreur et l'action ou le suspense, il se décide lors d'une finale décevante à choisir un peu trop tard le ton à adopter. Ces défauts majeurs, fondations d'un film qui tient la route, ne parviennent pas à sauver le film de la noyade cinématographique, enlisé sous les invraisemblances et ses nombreux emprunts. Dire que l'on annonce déjà pour 2008 le troisième volet de cette saga problématique et qui devrait encore une fois reprendre le concept d'un film de zombies à paraître en salles sous peu. Comme quoi, quand on a rien à montrer de nouveau, on recycle jusqu'à ce que ça indiffère les papilles. Il y a des scénarios intelligents qui n'attendent que d'être tournés. Pourquoi continuer à s'obstiner pour rentabiliser ce qui n'a, à priori, pas eu le succès escompté? C'est comme si on annonçait une suite à "Day of the Dead 2 Contagium".


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments6
Vidéo8
Audio7