Alors que Robert Rodriguez et Quentin Tarantino se sont contentés de glamouriser le film d'horreur des années 70 avec les deux (excellents) volets de Grindhouse, le cinéaste Ti West offre un véritable retour aux sources avec "The House of the Devil". Avec un tel titre, les amateurs d'épouvante étaient en droit de s'attendre à un futur chef-d'œuvre du genre: la mission est accomplie haut la main.
Prenant place vers la fin des années 70, le film relate l'histoire d'une jeune étudiante en quête d'argent qui accepte un boulot de gardiennage dans un manoir isolé en bordure de la forêt. En arrivant sur place, elle apprend que l'enfant en question est en faite une vieille femme malade qui restera enfermée dans sa chambre toute la soirée. D'abord septique, l'adolescente finit par céder grâce à l'important montant d'argent qui lui est offert. S'en suit une soirée qui - pour notre plus grand plaisir - basculera rapidement dans le cauchemar.
Filtrant avec des notions propres aux films d'horreur à l'ancienne comme le satanisme, "The House of the Devil" est sans contredit l'hommage au genre le plus abouti. Développer la tension sur près d'une heure avant d'entrer dans l'épouvante véritable était certes un pari risqué de la part de Ti West. L'attente en aura toutefois valu la peine, tant le dernier quart d'heure est d'une incroyable intensité. Les superbes performances de la distribution contribuent également au succès du film, à commencer par la prestation sans faute de la jeune Jocelin Donahue dans le rôle principal. La présence des figures cultes de l'horreur Tom Nooan et Dee Wallace ajoute également beaucoup de prestige du long-métrage.
La superbe pochette du DVD est stylisée à la façon d'affiche de film d'épouvante d'époque. Le menu est constitué d'une image floue statique de l'héroïne, et il n'y a aucune transition. De ce côté, un peu plus d'originalité aurait été de mise.
Pour resté le plus fidèle possible au genre auquel il rend hommage, "The House of the Devil" ne devait pas vraiment rayonner techniquement. L'image en est le résultat: granuleuse et sombre. C'est plutôt du côté artistique et sur les nombreuses références à l'époque que réside l'intérêt visuel du long-métrage. La trame sonore est quant à elle une véritable réussite. Les bruitages et les musiques sont parfaitement équilibrés et les cris résonnent parfaitement.
La collection de suppléments est malheureusement très maigre. Au menu, un documentaire de production de douze minutes muet (?!) ainsi que trois scènes supprimées. Ces dernières, bien qu'intéressantes, ne parviennent pas à combler le vite ressenti du côté des suppléments. En souhaitant qu'une édition du DVD améliorée voit le jour. D'ici là, il sera toujours possible de se contenter du film lui-même. Un impératif.
| Film | 9 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 5 |