Boooo! Attention aux fantômes qui risquent de faire sentir leurs présences lors du visionnement de la version originale de "House on Haunted Hill". Après un très mauvais remake qui mettait en vedette Geoffrey Rush en 1999, c'est le moment d'un retour aux sources bien mérité.
Un riche excentrique et son étrange épouse aiment bien s'amuser au dépend des autres. Ce n'est donc pas surprenant qu'ils invitent à leur manoir cinq étrangers pour passer la nuit. Si ces individus arrivent à survivre, ils seront récompensés de 10 000 dollars. Sauf que l'endroit en question, qui devient une vraie prison après les derniers coups de minuit, abriterait des fantômes et des esprits. Même que plusieurs personnes y auraient déjà disparues par le passé. Rien pour rassurer les gens présents, de plus en plus obsédés par le noir et les bruits bizarres.
Dans la plus pure tradition du film d'horreur, ce classique du maître William Castle est difficile à déclasser. Des ombres menaçantes à la lumière qui s'éteint en un clin d'œil, tous les éléments visuels sont utilisés pour donner une bonne frousse. Surtout que les décors, plutôt stylisés, ont tendance à étouffer les différents personnages. Bien que les moyens techniques employés en 1958 puissent faire sourire cinquante années plus tard, le traitement s'avère toujours aussi efficace et les sauts, omniprésents.
Tout en étant très horrifiante, le réalisateur a décidé d'insuffler beaucoup d'humour à une de ses œuvres charnières. Des dialogues ironiques et caustiques aux situations cocasses ou ridicules, les rires se veulent abondants. Même si les protagonistes ne peuvent se défaire de leurs stéréotypes, Vincent Price s'en donne à cœur joie dans le rôle d'un organisateur macabre et tordu. C'est toutefois l'ambiance concoctée par la trame sonore de Von Dexter qui accroche d'emblée. La musique, qui est présente dans presque toutes les scènes, enterre quelques fois les paroles, mais elle maximise efficacement les nombreux cris. Autant le son des voix peut s'avérer faible, autant les effets sonores sortent très bien des haut-parleurs.
Même si la pochette du DVD s'avère peu attrayante, sa présentation l'est encore davantage. La première séquence, qui affiche la mise en garde usuelle, est permanente. (Peut-être mon lecteur ne l'aime trop?) Il faudra donc changer de scène pour arriver au menu principal! Celui-ci, animé (ce qui est rare pour un film de catalogue), ornant un château obscur très risible et une musique d'ambiance attendue, n'étonne d'aucune façon. À quelques endroits, la voix d'un certain Mike Nelson émanera, ce qui risque d'en irriter plus d'un.
Comme supplément sur ce DVD, nous retrouvons une piste de commentaires par Mike Nelson, qui a déjà participé à l'émission de télévision "Mystery Science Theater 3000". Même si le réalisateur William Castle est décédé en 1977, ne pouvait-on pas trouver une meilleure personne pour parler d'une de ses œuvres les plus importantes? Malgré quelques répliques assez savoureuses, Nelson dit un peu n'importe quoi pour faire sourire. Au moins, sa voix se dissocie bien du reste et offre une expérience un peu déroutante.
La grande particularité sur ce DVD est de retrouver le film en deux versions. Il y a l'originale, où le noir et blanc sied extrêmement bien aux atmosphères sombres, et celle restaurée en couleurs. Du lot, la première s'avère nettement plus recommandable, car le processus de colorisation se veut parfois superficiel et incomplet. À quoi bon vouloir changer un classique pour le conformer à un nouveau public? Dans les deux cas, les images ne souffrent d'aucun défaut majeur et ressortent même très bien du téléviseur. Une option présente semble vouloir expliquer ce procédé, mais il en est rien. En effet, si plusieurs séquences de différents films suivent le leitmotiv avant (en noir et blanc) et après (en couleurs), il n'y a absolument rien pour expliquer les raisons de ce choix ou même la façon d'y parvenir.
Les autres éléments disponibles sont peu nombreux. Il y a trois minutes de coupures de presse, où quelques segments de journaux de l'époque sont affichés. Intéressant, mais la musique répétitive exaspère rapidement. De plus, il y a six bandes-annonces de longs métrages aussi différents que Night of the Living Dead et Reefer Madness.
Sans atteindre les prouesses de chef d'œuvres, "House on Hauted Hill" est une comédie d'horreur irrésistible qu'il ne faut pas manquer. La fin a beau survenir brusquement et les options laisser à désirer, le produit final est d'un rouge maculé de sang. À s'en lécher les doigts.
| Film | 8 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |