Majoritairement décrits comme des hommes-loups possédant à la fois les capacités du loup et de l'homme, les loups-garous ont effrayé les petits et les grands à travers le monde au cours du dernier siècle. Sous forme de légendes ou de chansons, les exploits de ces créatures maléfiques ont traversé les époques afin d'influencer l'art contemporain. Après qu'elle soit devenue le sujet principal de plusieurs peintures et de romanciers, cette bête est reconnue comme un incontournable, autant à la télévision qu'au cinéma. Dépeinte dans la majorité des cas comme étant dangereuse, certaines productions ont pu malgré tout pu renouveler leur sujet par l'entremise de connotation de l'enfance à l'âge adulte comme dans la franchise Ginger Snaps ou par une enquête policière comme dans The Howling. Étant considérée l'un des films de lycanthropie des plus populaires, cette réalisation de Joe Dante a vu des suites qui au fur et à mesure devenaient de moins en moins intéressantes. Après un septième opus qui s'avérait assez ennuyeux, cette populaire franchise s'est vue disparaître laissant un bien mauvais souvenir aux amateurs de films d'horreur. Après seize ans d'absence, cette série refait surface avec un titre qui lui va comme un gant soit: "The Howling: Reborn".
Will Kidman est un jeune étudiant sans histoire. Amoureux secrètement de sa collègue de classe et mouton noir de son école, notre héros a tout d'un élève des plus banals. Toutefois, les choses changeront lorsqu'il verra arriver dans sa vie une étrange femme qui lui dévoilera qu'il est un descendant d'une lignée de loup-garou. Notre héros sentira son cœur tiraillé entre son désir d'utiliser son pouvoir afin de protéger la femme qu'il aime d'un groupe de créatures renégat ou mettre fin au carnage qui perdure depuis des siècles.
Composé d'un scénario qui se détache des précédents opus de cette franchise, le film "The Howling: Reborn" ne possède en rien la qualité de son original. Mettant de côté cette fois-ci tout aspect mystérieux afin de se complaire dans des longueurs et des scènes inutilement verbeuses, ce film nous déçoit par l'utilisation bâclée de son sujet. Par sa présentation maladroite de la légende des loups-garous, cette production se révèle non seulement peu convaincante, mais elle détruit également l'image horrifiante que cette créature a bâtie depuis des siècles. Doté également d'une évolution narrative unidimensionnelle ainsi que d'une interprétation des comédiens peu nuancés, le tout n'arrive en aucun moment à nous donner la frousse. Agrémenté d'une réalisation qui se contente de multiplier des effets gratuits sans vraiment mettre les spectateurs en contexte, ceux-ci se voient témoins d'une histoire dans laquelle ils ne comprennent pas l'enjeu.
À l'instar du reste de la série qui ciblait un auditoire adulte, ce nouvel opus cible les adolescents par son sujet de l'acceptation de soi. Autant au niveau du contenu et du contenant, cette production donne au cours de son visionnement un sentiment de déjà-vu qui écarte tout intérêt. Tout en mélangeant des éléments tirés de films d'horreur et de drames pour adolescents, cette oeuvre nous rappelle vaguement la série Twilight, mais en une version plus violente, mais tout aussi superficielle. Le tout devient davantage insupportable par ses effets spéciaux mal constitués, enlevant ainsi beaucoup de crédibilité aux créatures. Se détachant des maquillages et des effets spéciaux efficaces retrouvés dans les productions des années 80, celle-ci ne réussit en aucun cas à créer des loups-garous réalistes, puisque leur apparence parait grossière. Contrairement au récent remake du film Wolfman qui réussissait malgré son mauvais scénario à nous convaincre de l'existence de sa créature, le film "The Howling: Reborn" n'arrive en aucun temps à nous faire adhérer à l'action présentée à l'écran. Mis à part certains adolescents en manque d'hémoglobine, ce dernier ne saura aucunement satisfaire les véritables amateurs de films d'horreur dû à son contenu bâclé.
Du côté technique, la qualité visuelle proposée ne nous impressionne guère. Avant tout, dépourvu de profondeur et doté d'une reproduction peu naturelle de la pigmentation de la peau, le tout semble quelque peu démuni de réalisme. Divers défauts visuels, tels que la présence de grains et différents problèmes de compression sont également perceptibles nuisant à notre bon visionnement. Au niveau audio, la bande sonore DTS - HD 5.1 se révèle solide dans son ensemble. Par sa capacité à bien englober l'action projetée à l'écran, celle-ci joue parfaitement son rôle, c'est-à-dire de rehausser notre expérience en tant que spectateur. Toutefois, certaines scènes semblent par moment manquer de sons ambiants pour que l'environnement puisse avoir un aspect réaliste.
La section des suppléments propose une piste de commentaires mettant en vedette le réalisateur et la comédienne Lindsay Shaw. Ceux-ci nous soumettent une analyse académique de la production avec aucune passion. Tout en démontrant leur réussite ainsi que les différents défauts apparaissent lors du visionnement, leurs propos paraissent masquer par moment leur déception face au résultat final du film. Un court documentaire et une galerie de scénarimages sont également accessibles, mais ils n'arrivent malheureusement pas à assouvir notre curiosité.
Composée d'un scénario peu original et bancal, la production "The Howling: Reborn" se démontre comme étant un très mauvais film d'horreur. Dotée d'effets spéciaux mal réalisés ainsi qu'un récit qui détruit complètement la légende du loup-garou, celle-ci est malencontreusement à oublier, surtout si nous sommes un amateur de cette franchise.
| Film | 3 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |