In the Mouth of Madness
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Réalisateur: John Carpenter
Année: 1995
Classification: R
Durée: 95 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
3 octobre 2007

Classique à découvrir ou à redécouvrir, ce film, considéré par beaucoup comme étant le meilleur ouvrage cinéma offert par le réalisateur de Halloween, nous entraîne dès les premières minutes pour nous laisser, comme tout bon film devrait le faire, dans un état de "frustration satisfaite".

Trent (Sam Neill) est un agent dans le domaine de l'assurance. Il peut reconnaître d'un seul coup d'œil une personne arnaqueuse d'une personne disant la vérité. Que cette personne soit proche ou non de lui ne fait aucune différence à son égard. Dans cette affaire, la mystérieuse disparition d'un auteur à très grand succès, Trent sera confronté à ce qu'il a toujours détesté : où est la réalité? Parti avec l'éditrice du fameux romancier, ils sillonnent les routes à la recherche de la ville de Hobb's End, là où selon Trent, Sutter Cane (Jurgen Prochnow) logerait. Ce village, pourtant inexistant, apparaît bientôt devant les yeux de nos deux personnages, livrant peu à peu les indices sur la disparition de l'homme dont la disparition cause une folie meurtrière partout à travers le monde.

Maître incontesté de l'horreur et de la terreur psychologique, mis à part un Ghosts of Mars de triste mémoire, John Carpenter renoue ici avec le genre, maîtrisant les allées et venues de tous et chacun. Ainsi, quelle n'est pas notre surprise d'assister non seulement à un excellent film, mais également au meilleur de tout ce que le réalisateur a su nous pondre dans son illustre carrière (oui, oui, Halloween est bel et bien inclut dans le lot). Le scénario de Michael De Luca fonctionne à merveille, sans temps mort ou longueur inutile, allant de pair avec le montage qui ne perd pas de temps et colle parfaitement à la situation. La cinématographie de Gary B. Kibbe donne l'ampleur nécessaire à Carpenter d'utiliser ses trucs de frayeur, pourtant vieux comme le monde, ici recyclés au goût du jour, terrorisant à chaque instant. Avec Sam Neill en tête de liste, la brochette d'acteurs, connus et inconnus, livrent une performance sans faille dans un univers que l'on jurerait calqué sur les récits les plus populaires de Stephen King. Cependant, il n'en est rien et durant le temps que dure l'enquête pour retrouver Cane, le spectateur perçoit peu à peu l'échine du temps, de la réalité, se forger autour du bon vouloir de son nouvel auteur, car ce dont il s'agit, c'est de la convergence d'une croyance, du pouvoir alloué à une œuvre de fiction ainsi que l'importance qu'y donnent les masses. Cette critique, comme beaucoup d'autres, peuvent être vues au premier visionnement, sans entacher le déroulement du film. Les effets spéciaux, commençant à montrer des signes de l'âge primitif du numérique, demeurent subtils et parfois, se paient le luxe d'une mise en scène surréaliste, lors d'une déchirure de la réalité qui se passe de logique. Il fait plaisir de revoir un aussi bon film de Carpenter après tant d'années et de voir l'héritage de ce dernier sur le cinéma actuel ainsi que la critique sociale faite par celui qui a donné naissance au fameux Michael Myers. Cette critique sociale, prenant ici une tournure littérale au début pour envahir l'écran, permet ainsi au réalisateur de briser le mur, l'illusion, le film, de transcender la matière et devenir une entité à part entière. Car le livre mentionné dans le film, "In the Mouth of Madness", est également un film. Un sacré bon film. Le meilleur Carpenter qu'il soit possible de voir à ce jour.

Les suppléments fournis sur cette galette numérique ne sont pas très variés. On retrouve une filmographie pour la plupart de la distribution ainsi que la bande-annonce du film. Cela dit, la pièce de résistance provient de la piste de commentaires par Carpenter lui-même et le directeur photo Gary B. Kibbe. Très pertinents et informatifs, on retient surtout les propos du réalisateur comme étant les plus variés, rythmés et intrigants. Carpenter est un commentateur hors pair et une joie à écouter lors du visionnement d'un de ses propres films.

Au niveau de l'image, le transfert est honnête, quoiqu'il soit possible de percevoir aisément des poussières et quelques artefacts de compression, surtout lors des scènes où règne la noirceur. On retrouve aussi de rares flous, mais ils n'empêchent en rien au plaisir du film si on est déjà captivé auparavant. La bande-son en 5.1 fait bon usage du temps mis par Carpenter pour créer une ambiance collant avec exactitude avec le propos du film. Côté menus, ils sont figés mais comportent une faible musique qu'il est possible d'entendre si on y prête l'oreille... ou si on ne met pas le volume trop bas.

"In the Mouth of Madness" n'est pas un film d'horreur classique. C'est une introspection du système de l'édition, d'une multitude de personnages ainsi que le chef-d'œuvre suprême, véritable cadeau des Dieux de la pellicule, d'un réalisateur n'étant jamais parvenu à réitérer l'exploit depuis lors. On se souvient de Village of the Damned davantage comme étant le dernier film où l'on peut apercevoir le défunt Christopher Reeve marcher ainsi que Ghosts of Mars pour le déploiement de maquillages spéciaux plutôt que d'une œuvre méritante. "In the Mouth of Madness", tel que cité plus haut, n'est rien de moins que le meilleur film de toute la carrière du sieur John Carpenter. Qu'il s'agisse de sa filmographie passée ou future, celui-ci est un incontournable et rencontre tous les éléments chers à Carpenter : musique d'ambiance, longues scènes principales, déroulement de l'action au compte-goutte, suspense à se ronger les ongles, tout y est et c'est parfait ainsi.


Cotes

Film10
Présentation5
Suppléments5
Vidéo7
Audio8