The Last Exorcism
Alliance / Strike

Réalisateur: Daniel Stamm
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 88 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935842545

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er janvier 2011

À l'instar de The Blair Witch Project,"The Last Exorcism" détourne l'horreur, la rendant plus psychologique et terrifiante qu'une série de meurtres gratuits. Les amants de l'hémoglobine seront déçus de cette production qui accumule peu de frissons gratuits, mais les autres seront surpris par son étonnant traitement social et humain.

Le révérend Cotton Marcus (Patrick Fabian) est désillusionné envers sa foi, avouant qu'il ne pratique les exorcistes qu'afin de ramasser un peu d'argent. Alors qu'il est filmé par une équipe pour un documentaire quelconque, le père de famille est dépêché chez les Sweetzer pour expurger le démon hors du corps de l'adolescente Nell (Ashley Bell).

Instauré par Cannibal Holocaust et re-popularisé par The Blair Witch Project, le faux documentaire a de plus en plus la cote, comme en fait foi le grand succès public Paranormal Activity. Ce procédé est à nouveau utilisé ici, s'inspirant grandement du très surprenant [*REC]. Le protagoniste apparaît donc à l'écran, levant le jour sur son métier, racontant comment il peut berner les gens avant quelques trucs de passe-passe. Son discours, raisonné, et les nombreuses situations qui s'en suivent amènent un humour insoupçonné à ce type de sujet.

Surtout que l'interprétation y est plus que satisfaisante. Tous les personnages sont criants de vérité, à commencer par Patrick Fabian qui campe à la perfection un charlatan au cœur d'or. C'est lui qui transporte le long métrage, recourant à son charisme naturel et à quelques répliques fortes en bouche pour maintenir l'intérêt. Il est entouré de bons comédiens peu connus, particulièrement Ashley Bell qui matérialise d'une étonnante façon l'ange et le démon.

Les amateurs du genre devront toutefois bien se renseigner avant de dépenser leur argent. Il ne s'y passe presque rien et les moments de tension laissent la place à l'imagination au lieu de tout dévoiler. Le sang se fait rare, la trame sonore ne fait pas sursauter pour rien et il n'y a pas un méchant qui apparaît toutes les dix minutes pour massacrer les gentils.

Le scénario d'Andrew Gurland et de Huck Botko est beaucoup plus intelligent, privilégiant le réel au détriment du surnaturel, rappelant qu'un traumatisme est généralement commis par l'homme et non par une entité indistincte. À ce chapitre, le soin apporté aux détails est plus qu'appréciable, dont cette façon de décrire la pauvreté en Louisiane et de rappeler les onéreux coûts de santé aux États-Unis qui font souvent volatiliser le bon vieux rêve américain.

La conclusion, qui tranche un peu avec la tendance du récit, s'apparente à celle du mythique Rosemary's Baby. Le héros cartésien (qui personnifie le public) a beau toujours avoir écouté sa logique, il advient que celle-ci prend le bord. Ce qui s'ensuit, sans réellement surprendre, apporte une autre dimension à l'ouvrage, ce qui ne sabote en rien le travail effectué jusque-là par le réalisateur Daniel Stamn.

La rare musique est d'autant plus inquiétante et importante. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 sont utilisées avec soin, recréant des bruits de cris et de pluie. Les voix sont claires, le doublage français très satisfaisant, et il y a de visibles sous-titres blancs en option. Les images volontairement ternes convainquent totalement, avec leurs couleurs délavées et le grain bien apparent. La définition des contours surprend positivement, tout comme le soin apporté aux contrastes.

Le boîtier comporte un instructif petit guide qui permet d'en savoir davantage sur différentes sortes de démons. La pochette brune, blanche et noire est à l'effigie d'une entité qui ne semble pas particulièrement amicale. L'ingénieux menu principal du DVD est parsemé d'une mélodie haletante, de sons stridents, d'ombres qui font frissonner et d'un efficace montage de scènes importantes. Les suppléments fournis comportent une prière pour éloigner le diable, de fausses confessions de gens ayant vécus des exorcistes, un pertinent montage sur le tournage et une bande-annonce qui a été diffusée au Festival de Cannes. Le véritable attrait de cette section apparaît par l'entremise des deux pistes de commentaires. La première est celle des producteurs (Eli Roth, Tom Bliss et Eric Newman) qui rappellent les différents enjeux et difficultés rencontrées, alors que sur la seconde l'équipe en place (le cinéaste Daniel Stamm et les acteurs Patrick Fabian, Ashley Bell et Louis Herthum) narre avec humour et précision l'ambiance sur le plateau tout en multipliant les anecdotes savoureuses. De la belle information qui vaut beaucoup mieux que bien des segments documentaires.

Difficile de déterminer avec exactitude si l'essai trouvera son public. Est-ce que la vraie clientèle cible passera outre la publicité trompeuse qui semble s'adresser aux adeptes de Saw (alors que la progression y est nettement plus subtile et soignée) afin de découvrir une œuvre qui a beaucoup de potentiel, mais à condition de lui laisser le temps nécessaire pour s'exprimer? C'est à souhaiter.


Cotes

Film7
Présentation9
Suppléments8
Vidéo7
Audio7