The Living and the Dead
TLA Releasing

Réalisateur: Simon Rumley
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 83 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
2 juillet 2008

Actuellement, le marché pullule de films sortis directement en vidéo. La qualité de ces derniers varie allant de très mauvais à insoutenable, mais rarement a-t-on déjà vu une production de haut calibre qualitatif se frayer un chemin parmi cet océan de pellicule souvent gaspillée. Sans arriver à la cheville de chefs-d'œuvre tels The Shining ou aussi bas de gamme que 8mm 2, "The Living and the Dead" s'inscrit dans la lignée des films qui auraient peut-être dû être un peu plus commercialisés afin d'obtenir un doublage français et ainsi lui octroyer une place plus importante que celle qui lui est réservée.

Un père de famille (Roger Lloyd Pack) doit quitter sa famille pour cause de faillite personnelle qui pointe son nez. Il doit ainsi donc quitter sa femme, au lit avec une maladie et son fils schizophrénique prisonnier d'une mentalité d'enfant dans un corps adulte. Bientôt, le fils cesse de prendre ses médicaments, barre les portes et joue à l'infirmier. Son instabilité psychologique l'empêche rapidement de distinguer la réalité de ses fantaisies morbides. Plongeant peu à peu dans un labyrinthe mental l'emprisonnant davantage, il entraînera dans sa folie quiconque croise son chemin.

Dépourvu de moyens (le film se passe majoritairement dans une grande maison) mais doté d'un scénario aux ambitions nobles, cette lente et crépusculaire descente aux enfers vous prend à la peau jusqu'à ce que la tension devienne insoutenable... et continue davantage. Campant avec une certaine caricature leurs personnages, les acteurs offrent néanmoins une sincérité bienvenue surtout lors de la seconde partie durant laquelle tout s'effondre pour le père de famille. L'introduction, silencieuse, observe finement son sujet et fouille par une narration adéquate les soucis qui l'incombent. L'utilisation des décors est juste, rapetissant les personnages dans des lieux qui semblent lentement se refermer sur eux, pour se concentrer dans la dernière partie, sur les ombres psychologiques des personnages affectés. L'étude de la dysfonction familiale se fait bien entendu sur le plan du premier degré (le gore, les viscères), utilisé de façon plus dérangeante qu'en quantité industrielle.

En guise de suppléments, une sélection de scènes coupées nous apprend que Simon Rumley connaît son sujet (les scènes ne sont pas utiles au développement), une revuette sur la production (courte, mais informative), une galerie d'images et un court-métrage du réalisateur intitulé "Laughter". Bien que ça ne soit pas beaucoup, pour ce type de production, c'est déjà ça de gagner. On évite souvent de mentionner l'aspect de production à petit budget (peut-être parce qu'on entend si souvent les autres réalisateurs s'en vanter... ou s'en plaindre) et c'est une bonne chose puisque ça n'est pas l'intérêt du film.

Le traitement imagé du film représente bien la lente descente des personnages. Les lieux, grands et à priori bien utilisés, en viennent à se retourner contre leurs propriétaires, créant des couleurs, ombres et lumières aux couleurs chaudes ou froides, convaincantes et témoins de la bascule de la cellule familiale. On remarque parfois des artefacts de compressions, ce qui gêne surtout les scènes se déroulant la nuit ou lorsque planent les ombres. Le son est, quant à lui, quasi impeccable. L'atmosphère sonore se charge très bien de retranscrire les émotions véhiculées par les personnages dans un petit ballet sonore savamment dosé. Pour les menus, sachez seulement qu'on a droit au minimum syndical requis: fixes et sans musique. Mieux vaut ça que le menu de "Premiers Désirs".

Vous qui êtes bilingues ou désireux d'apprendre la langue de Shakespeare, cette profonde descente en enfer vous est toute indiquée. Et, pour une fois, un titre comme "The Living and the Dead" (Les vivants et les morts) ne concerne en rien un énième récit sur les zombies mangeurs de chair. Pour l'exploration psychologique des personnages, l'ambiance lugubre et son choix parcimonieux, mais essentiel de décors, le visionnement en vaut largement la peine.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments7
Vidéo7
Audio8