Les films d'horreur mettant en vedette un loup-garou, un requin ou bien des insectes ne se comptent plus tellement il y en a. La série "Masters of Horror" ne pouvait passer à côté de ce genre de cinéma. John Landis, réalisateur du An American Werewolf In London nous livre une délicieuse histoire d'une jolie femme suspectée dans une série de meurtre et dont on a retrouvé des poils et de l'ADN de chevreuil à chacune des scènes de crimes. Lucky Mckee, auteur du surprenant May, dont je vous avais parlé il y a quelques mois, nous propose une révision du classique The Fly avec cette fois-ci une femme et une histoire d'amour tordue.
"Deer Woman" m'apparaissait comme le volet le plus faible de la série. Landis a réussi à faire tomber mes appréhensions et ce, de brillante façon! Dans un petit village américain, des corps, tous masculins, sont retrouvés atrocement mutilés. Le détective Dwight Faraday, à la recherche d'une cause qui pourrait le faire reconnaître aux yeux de ses pairs, prend possession du dossier et s'aperçoit rapidement qu'il s'est embarqué dans une histoire bizarre dont l'issue ne pourra peut-être pas s'expliquer aussi rationnellement. Les traces de chevreuil ainsi que des poils retrouvés sur les scènes de crime l'amènent à une vieille légende amérindienne qui raconte qu'une jolie femme attirait sexuellement des hommes dans le but de les tuer lors de sa transformation en chevreuil!
La beauté de cette série est sans aucun doute la qualité des scénarios et du travail des réalisateurs. Landis nous plonge rapidement au cœur de l'intrigue en nous faisant oublier le fait que le tueur est un inoffensif "Bambi". Ce tueur, joué par le mannequin Cinthia Moura, classée comme la 86ième plus belle créature sur terre, vaut à elle seule le visionnement. Notons aussi la performance d'un certain Brian Benben qui joue le détective avec fermeté et assurance. Sans être rempli de scènes gores inoubliables, Deer Woman se démarque par une atmosphère constamment écrasante et mystérieuse.
Côté bonis, les créateurs de la série sont toujours aussi généreux. D'abord, un documentaire sur les nombreux animaux meurtriers qui se sont succédés au cinéma. Une autre partie nous présente des acteurs qui ont participé aux tournages d'anciennes productions de John Landis comme le film Schlock et le vidéoclip Thriller qui a révolutionné le monde musical. Des entretiens avec Brian Benben, Anthony Griffth et la séduisante Cinthia Moura sont aussi disponibles et très intéressants. Chacun raconte à sa façon comment il a été approché par Landis et leur façon de voir le film. Comme pour chacun des épisodes de la série, on retrouve aussi un documentaire sur le tournage du film que je suggère fortement pour mieux comprendre la scène où la "femme-chevreuil" coure avec ses jambes poilues. Une piste de commentaires qui ne manque pas de dialogues entre les acteurs Benben et Griffith qui nous racontent certains moments drôles qui se sont produits sur le plateau de tournage.
Accompagné de son actrice fétiche, Angela Bettis, le réalisateur Lucky Mckee nous livre une mystérieuse histoire impliquant une créature ressemblant à un gros scarabée qui s'introduit dans le corps d'une personne pour en prendre possession. Lorsque la créature est à son apogée, d'étranges comportements amènent la personne à commettre des actes violents et des meurtres. Dans "Sick Girl", une entomologiste reçoit un spécimen à observer. Les ennuis débuteront lorsque l'insecte décidera de faire son nid dans la nouvelle copine que notre spécialiste aura décidé de ramener à la maison.
Doté d'un budget plutôt limité, Mckee nous livre un film qui curieusement, nous garde en haleine jusqu'à la toute fin qui pourrait laisser place à un second chapitre. Les effets spéciaux, réalisés dans un temps record, sont par contre pas toujours aussi réalistes qu'on aurait pu espérer. S'inspirant du classique de David Cronenberg, The Fly, Mckee nous transpose cette histoire dans un contexte plus dramatique et une ambiance digne des bons films d'horreur. Vouant une admiration sans limite pour l'actrice Angela Bettis, Mckee lui en a peut-être demandé trop parce qu'elle nous donne parfois l'impression d'être sur les planches d'un théâtre alors qu'elle est dans un film d'horreur.
Lucky Mckee nous raconte dans la partie des bonis que bons nombres de ses influences viennent des réalisateurs Wes Craven et Steven Spielberg. Même si on remarque subtilement ses influences, on peut confirmer que Lucky Mckee a sa place dans le cinéma d'horreur et qu'il a un style propre et bien à lui. Un autre documentaire propose des entretiens avec des acteurs et d'autres artisans comme Mick Garris, le créateur de la série, qui nous raconte le parcours du réalisateur Mckee. Outre des entretiens avec l'actrice Bettis, Erin Brown et Brad McDonald, je vous conseille fortement de prendre quelques minutes pour voir la création d'une des scènes de transformation de la créature. Cela demande beaucoup de travail malgré le fait que tous les épisodes de la série doivent être tournés en 48 heures. Vous ne serez certainement pas ennuyés dans la piste de commentaires puisque Mckee, Bettis ainsi que l'acteur Jesse Hlubin et le compositeur musical se retrouvent tous ensemble dans une piste de commentaires essoufflante.
Comme on nous a habitués au cours des précédents volets, la qualité de ces deux DVD est encore impeccable. Le visuel est solide et les contrastes lors de scènes sombres sont bien maîtrisés. On note par contre une légère défaillance pour le mixage des bruits et dialogues qui ont beaucoup de puissance que la musique, ce qui oblige le cinéphile à jouer constamment avec le volume lors de scènes musicales. Pour les collectionneurs, chacune des copies contient une carte du réalisateur vedette.
La série "Masters of Horror" ne manque décidément pas de géniales idées et de talent. "Sick Girl" et "Deer Woman" mérite d'être ajoutés à votre collection.
| Film | 9/7 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |