La France s'essaye au cinéma d'horreur avec "La meute" qui présente une multitude de gens connus dans des rôles à contre-emploi. Même s'il ne s'agit pas d'un très bon film, le résultat s'avère assez efficace.
Charlotte (Émilie Dequenne) prend en stop le ténébreux Max (Benjamin Biolay). Lors d'un arrêt dans une halte routière tenue par "La Spack" (Yolande Moreau), Max disparaît. Charlotte décide de le retrouver, mettant ainsi le pied dans un engrenage dangereux qui risque de se retourner contre elle...
Ce long-métrage de Franck Richard en est un d'ambiances et d'atmosphères. Tout est sombre, ténébreux, opaque. Les personnages y sont bizarres, incongrus. Quelque chose cloche et ça ne prendra pas de temps à l'héroïne avant de le découvrir. À partir de cette prémisse intrigante se déploie une histoire qui n'a pas beaucoup de sens. Au lieu de se sauver, la protagoniste multiplie les mauvaises décisions. Pourquoi faire confiance à telle personne alors qu'elle n'est pas bien dans sa peau? Et pour quelles raisons mettre sa vie en péril au lieu de passer son chemin? Sans doute qu'il n'y aurait pas eu de film....
Le principal plaisir de l'ouvrage est de découvrir une distribution exquise camper des êtres qu'ils n'ont pas l'habitue de jouer. Yolane Moreau est surprenante et glace le sang, Benjamin Biolay ne s'en tire pas trop mal et Émilie Dequenne étonne en fille rock. Ces surprises ne sont cependant pas assez nombreuses pour maintenir l'intérêt jusqu'à la fin. Les frissons se font rares, tout comme les scènes plongées dans l'humour noir. En revanche, le sang coule à flot, tout comme les séquences de tortures et celles qui mettent en vedette des êtres de l'ombre, mi-zombies mi-vampires.
Le soin apporté aux détails respecte le canevas du récit. Les images sont volontairement vieillies, payant un hommage aux efforts gores des années 1970. Les couleurs sont délavées, il y a un peu de blocage et les contrastes reprennent du poil de la bête après une entrée en matière un peu hasardeuse.
Il ne faut pas se fier à la seule présence d'une piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0. Les enceintes ne sont pas abandonnées pour autant. Le vent, les éclairs et les mélodies sinueuses ressortent aisément des haut-parleurs. Bien que les voix soient parfois entravées par la musique, aucun sous-titre ne vient pallier ce petit défaut. La pochette est particulièrement kitch, montrant un monstre plus rigolo qu'épeurant. Le menu principal du DVD reprend cette photographie. Rien ne bouge, mais une décharge d'heavy metal se fait rapidement entendre. Aucun supplément n'est disponible sur cette édition.
Présenté au Festival Fantasia l'été dernier, "La meute" n'a jamais bénéficié d'une sortie en salles. Dommage, il y avait sans doute un public à cet effet. Même s'il ne s'agit pas d'une œuvre particulièrement recommandable à cause de son scénario chancelant et de ses trop peu nombreux moments phares (ou forts), les amateurs du genre risquent de passer un bon moment. En espérant qu'on réitère l'exploit d'utiliser d'excellents acteurs, mais cette fois dans un produit digne de ce nom.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |