Excusez-moi, mais je dois absolument trouver ma bombe insecticide avant de poursuivre… Ah, la voilà. C'est bon, je peux maintenant commencer ma critique de "Mimic: Sentinel" en toute sécurité. Avec tout ce qui rôde dans les parages ces temps-ci, on n'est jamais trop prudent.
Marvin (Karl Geary) est un jeune homme qui passe ses journées à la fenêtre d'un appartement quelconque, à un étage quelconque d'un ensemble d'immeubles quelconques. Il est malade. Il ne peut pas survivre sans sa bouteille d'oxygène, car il peut être allergique à n'importe quoi, n'importe quand. Sa sœur, Rosy (Alexis Dziena), lui rend visite souvent de même que sa mère (Amanda Plummer), veuve, avec qui il habite. Il a tapissé un mur de sa chambre de toutes les photos qu'il prend à longueur de journée et reconstruit ainsi la vie de l'immeuble d'en face. Mais depuis qu'ils ont surpris des ombres bizarres qui se faufilent dans la nuit, Marvin et sa sœur s'interrogent sur leur identité. Il soupçonne un homme bizarre, qu'ils appellent le "Garbageman" (Lance Henriksen), d'être derrière ce mystère. Mais leurs soupçons sont loin de la vérité.
On ne s'embarrasse pas de détails superflus pour ce film. Quelques points de repères nous remettent en mémoire l'histoire de Mimic et de Mimic 2 où des insectes tueurs géants, des Judas Breed, sorte de croisement entre une mante religieuse et un cafard, sont issus de croisements génétiques. Un pigeon à moitié dévoré retrouvé près d'un dépôt d'ordures ou encore des livres et des articles sur ces créatures qui ont déjà fait pas mal de dégâts dans l'environnement de cette histoire. Malgré la courte durée de l'oeuvre, 76 minutes, son scénario évolue tranquillement vers une fin explosive. La vision se fait souvent à travers l'objectif de l'appareil photo de Marvin et même des scènes entières sont suggérées par simplement une juxtaposition de photos avec le bruit du déclencheur, comme si nous les voyions par les yeux de Marvin. Astucieux.
Malgré une sortie directe en vidéo et DVD (outre une présentation au festival de Philadelphie en avril 2003), la qualité du produit final est très correcte. C'est nécessaire puisque la majeure partie du film se passe la nuit et dans l'ombre, de surcroît. Certes, c'est souvent sombre, mais on voit ce que l'on doit voir. Pour les scènes plus éclairées, l'image est belle et bien définie. La seule bande sonore de ce DVD est bien détaillée aussi et utilisée de façon particulière pour nous faire des ambiances de sons environnants, tel des bruits entendus dans des pièces voisines ou au dehors, par exemple. Les haut-parleurs arrière sont peu utilisés, sauf dans les scènes d'attaques. Les menus sont statiques.
Quelques suppléments accompagnent le film. Tout d'abord un film promotionnel sur les différentes productions disponibles en vidéo et DVD des studios Dimension. Puis un court documentaire de production "Behind The Scenes" où principalement le réalisateur J.T. Petty et le producteur nous expliquent leur approche de l'histoire et comment le scénario a été écrit. On en apprend un peu plus sur le tournage, qui s'est déroulé en Roumanie, mais pas tellement sur le budget, qui était de toute façon très limité. À noter le passage un peu bizarre sur la présence de nombreux chiens sur les lieux du tournage. On trouve aussi les vidéos des auditions des cinq acteurs principaux. Intéressant pour ceux qui veulent savoir comment on choisit ceux qui vont jouer dans le film. Enfin, une piste de commentaires audio du réalisateur est aussi disponible. Mais comme il parle beaucoup déjà dans le petit documentaire, ses dires sont parfois redondants.
Malgré un manque évident de fonds, J. T. Petty réussit à nous offrir une œuvre finie et surtout angoissante. Bien entendu, la peur est surtout basée sur ce qu'on ne voit pas, astuce souvent employée, mais qui reste toujours efficace si on sait bien l'exploiter. Ah oui, un dernier petit conseil. Je ne sais pas quel temps il fait chez vous ce soir, mais si vous envisagiez de laisser la fenêtre ouverte pour dormir, réfléchissez-y deux fois. Les insectes nocturnes sont voraces par les temps qui courent. Pensez-y!
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |